Décembre 2025, X.
18-30 ans. Menacéx, renverséx, arrêtéx et inculpéx : 14 jours d’incapacité
En crise psychiatrique l’appel aux pompiers pour être conduit à l’hôpital se termine au commissariat en garde à vue et au passage devant un juge.
“Ceci est le résumé transcrit par un proche je suis en commotion cérébrale donc écrire le texte était compliqué.
Suite à une rupture amoureuse et à mes tendances suicidaires, un de mes amis, inquiet, a appelé les pompiers pour faire venir l’ambulance un samedi soir. Sur conseil de mon psychiatre ,j’avais pris une dose supplémentaire d’un médicament qui me met dans un état de grosse fatigue qui me défonce. C’est une démarche conseillée par mon psychiatre pour surmonter les états de stress inhabituels.
À l’arrivée, les ambulanciers étaient accompagnés par des policiers. J’ai protesté, et là les policiers se sont montrés violents et menaçants. Ma tête a frappé contre le sol ou un meuble, il y a eu perte de connaissance et en revenant à moi j’étais en train d’être menottéx.
À une remarque disant qu’on faisait mal, on a répondu « Attends de voir ce que c’est d’avoir mal ». Je n’ai pas frappé mais me suis débattux. Mon appartement a été tout bousculé, j’ai été embarquéx sans chaussures, sans téléphone, sans mes clefs, les portes de mon appartement laissées ouvertes.
J’ai été trimballéx d’hôpital en hôpital. C’est sur le brancard de l’ambulance que j’ai craché au visage du policier. D’abord à l’hôpital, où les menottes ont été tirées. Quand je me suis levéx pour récupérer des papiers, les policiers ont déclaré que c’était un « acte de rébellion » et m’ont remis les menottes.
À l’hôpital, le psychiatre de service ne pensait pas que je devais être internéx. Les policiers voulaient une procédure qui prive quelqu’un de ses droits pendant 42 jours.
Les policiers me mettent alors en garde à vue. Le psychiatre leur fait remarquer que je suis sans chaussures, sans téléphone, sans mes papiers et qu’il serait bien de repasser par l’appartement pour récupérer tout cela . Et qu’il y aussi le problème des médicaments. La proposition est rejetée par les policiers.
J’ai été placéx en garde à vue au commissariat de police et là les choses se sont gâtées : pas de nourriture, déclaration tardive de la détention, humiliation, je portais mon pantalon préféré et comme il était avec un cordon, on a proposé de le lacérer pour que je puisse le garder, sinon je devait dormir en caleçon. J’ai préféré dormir en caleçon mais le matin on m’a donné mon pantalon lacéré quand même. L’appartement est sans dessus- dessous, les policiers ont fait tomber des armoires, marché sur certains de mes cadres.
Mon psy a été prévenu le dimanche par un collègue de mon arrivée en garde à vue, mais sans avoir plus de détails quant au lieu ou à la durée.
Le dimanche matin, mon amie se rendant à l’appartement l’a trouvé avec des meubles déplacés, les portes ouvertes. Elle a vu le téléphone et le portefeuille laissés là. Mettant les chats à l’abri, elle a fermé les portes. À ce moment, sans nouvelles à part celle de l’ami qui avait appelé les pompiers, les amis pensaient que j’errais dans la ville après une nuit d’hospitalisation. Le soir seulement, grâce à mon psychiatre iels ont été au courant de ma garde à vue .
Ce matin, l’amie tente d’en savoir plus. Au commissariat, on lui dit que j’ai été libéréx. Mes sœurs m’attendent à mon logement mais je n’arrive pas. Au commissariat, on apprend que je n’ai pas été libéréx mais misx en jugement au Palais de justice.
Encore une fois comme il s’agit d’une personne majeure, il y a eu refus de communiquer des informations ou même de me faire parvenir mes clefs ou mon téléphone, ou même un message pour prévenir que mes chats vont bien.
L’idée que je sois privéx de mes médicaments, sans moyen d’appeler et sans chaussures et lâchéx dans la nature devient une angoisse pour mes proches.Pendant ce temps, le jugement est rendu par le procureur.
On m’a conseillé, sans médicament, sans contact et affaméx (deux gaufres et un paquet de crackers sur tout le séjour), inquietx et paniquéx, de renoncer à l’aide d’un avocat car ça retarderait mon jugement et cela prendrait plus longtemps sans pouvoir rentrer chez moi. On propose l’alternative de travaux d’intérêt généraux ou la prison. Je suis pourtant en maladie, dépendant du CPAS et tente d’avoir le statut d’handicapéx.
Je signale mais le procureur dit que je ne suis pas si malade que ça. On me dit que je suis désormais interditx de manifestation et fichéx. On me laisse partir sans patrouille pour me déposer. Je suis ainsi arrivéx en crise de panique chez une amie qui habite pas loin de là. J’ai des bleus, et suis très choquéx.”
Violences physiques
| X | Arrestation |
| X | Détention |
| X | Bousculade / projection |
| X | Plaquage ventral mise à plat-ventre / décubitus ventral |
| “Pliage” (maintien d’une personne en position assise, la tête appuyée sur les genoux) | |
| X | Clés aux bras douloureuses |
| Coups de pieds, coups de poings, gifles | |
| Pied/genou sur la nuque, le thorax ou le visage | |
| X | Coups à terre ou alors que la victime est maîtrisé.e |
| Coups sur les oreilles | |
| Étranglement | |
| Doigts retournés | |
| Arrosage | |
| Morsures de chien | |
| Tirage par les cheveux | |
| X | Serrage douloureux des colsons ou des menottes |
| X | Tirage par les colsons ou des menottes |
| Sévices sexuels | |
| “Tamponnage » / “Parechocage“ (percussion par un véhicule de police) | |
| Usage de gants | |
| Usage d’arme à feu | |
| Usage de “Bean bags” (un sac de coton contenant de minuscules billes de plomb) | |
| Usage de FlashBall | |
| Usage de grenade assourdissante | |
| Usage de grenade de désencerclement | |
| Usage de grenade lacrymogène | |
| Usage de LBD40 | |
| Usage de matraques | |
| Usage de spray lacrymogène | |
| Usage de Taser | |
| Usage de tranquillisants | |
| Enlèvement | |
| X | Torture, traitements inhumains et/ou dégradants |
| Expulsion | |
| Disparition | |
| Exécution |
Violences psychologiques
| Accusation de trouble à l’ordre public | |
| Accusation d’entrave à la circulation | |
| X | Accusation de rébellion |
| X | Accusation de coups à agent |
| Accusation de manque de respect | |
| X | Accusation de menace à agent |
| X | Accusation d’injure à agent |
| X | Accusation de manque de respect |
| X | Accusation de refus d’obtempérer |
| X | Agressivité, manque de respect, insultes |
| X | Intimidation, chantage, menaces |
| Contrôle d’identité à titre vexatoire ou d’intimidation | |
| Intimidation ou arrestation des témoins | |
| Simulacre d’exécution | |
| Obstacle à la prise d’images | |
| X | Appels à faire cesser les souffrances restés sans effet |
| X | Position inconfortable prolongée |
| Non-assistance à personne en danger | |
| X | Prise de photos, empreintes, ADN |
| Menace avec une arme de poing | |
| Tir dans le dos | |
| X | Charge sans avertissement |
| Nassage (enfermement de manifestants dans une souricière) | |
| Course-poursuite | |
| X | Propos sexistes |
| X | Propos homophobes |
| Propos racistes | |
| X | Intervention dans un lieu privé |
| X | Problèmes de santé mentale |
| Harcèlement | |
| X | Fouille |
| Perquisition | |
| Violences de la part de collègues policiers | |
| Passivité des collègues policiers | |
| Défaut ou refus d’identification des policiers | |
| Refus de prévenir ou de téléphoner | |
| Refus d’administrer un éthylotest | |
| Refus de serrer la ceinture pendant le transport | |
| Refus d’acter une plainte | |
| X | Refus de soins ou de médicaments |
| X | Mensonges, dissimulations, disparition de preuves |
| X | Déshabillage devant témoins de l’autre sexe |
| Flexions à nu devant témoins | |
| X | Insuffisance ou absence de surveillance pendant la détention |
| Absence de signature du Registre des effets personnels lors de la détention | |
| X | Privations pendant la détention (eau, nourriture) |
| X | Conditions sanitaires inappropriées pendant la détention (température, hygiène, lumière) |
| X | Privation de sommeil |
| Confiscation, détérioration, destruction des effets personnels | |
| Vol ou destruction d’images | |
| X | Pression pour signer des documents |
| Absence de procès-verbal | |
| Complaisance des médecins |
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