LES VICTIMES

Ces listes ne sont malheureusement pas exhaustives… Aidez-nous à combler les trous !
Pour des raisons d’anonymat, les victimes qui ont déposé leur témoignage sur notre site n’apparaissent pas dans le tableau c-dessous, à moins que leur agression n’ait été médiatisée. Elles sont néanmoins listées sur cette page, avec un lien vers leur témoignage anonymisé.
Cliquez sur le nom dans le tableau (classé par ordre alphabétique dans l’année) pour trouver directement la victime dans la liste.
2022
MAUS DE ROLLEY Valérie
2021 ABBEDOU IlyesBARRIE IbrahimaBERKANE Mohamed Amine –  I.K.MounirN.N.R.S.
2020 A.AnnaC. AdilEdouardKADRI Abderrahman « Akram »KaliLoïcNilsPaulineRaphaëlS.SaloméTAHRI MounaimeUn migrant soudanaisV.
2019 BOUDA Mehdi22 militants d’XR
2018 E.A.BANGOURA Moïse Lamine – CHOVANEC JozefR. – SHAWRI Mawda
2017 DJEGON AgbevideELBAKKALI SabrinaSIMON LudwigTOUMI OuassimYounes
2016
BACHELART Simon
2015 KANDA DieumerciNOLF Jan
2014 FabianJAMILI ARCHICH SoulaïmaneMURGIA David
2013 BRANZ RenateGERKENS NicolasNaimTOUILE Moad
2012 G.
2011 F. SaïdHENRIQUEZ Ricardo
2010 MAECKLEBERGH Marianne
2007 G.
2006
CHAABAN Fayçal ARDIÇLAR Ceylan
2003 S.
2002 CHEFFOU Karim
1998 ADAMU Sémira
1997
1991

CHEZ NOUS

Valérie Maus de Rolleyhandcuffs_icon_137519.png

23 janvier 2022, Bruxelles
Gazée, arrêtée et détenue

Valérie participait paisiblement à la manif contre les restrictions sanitaires ce dimanche, comme des milliers d’autres participant.e.s.

C’était la toute première fois qu’elle descendait dans la rue pour se joindre à un cortège. Comme des centaines d’autres.

Aucune intention d’en découdre chez Valérie, aucune insulte, aucune agressivité, juste le désir de « sortir de sa zone de confort et de dire stop aux autorités publiques. » Comme l’immense majorité des participant.e.s.

Après avoir été copieusement gazée, elle a été arrếtée, colsonée et arrêtée administrativement. Comme 228 autres.

« Je suis profondément choquée, heurtée et scandalisée de voir comment on inflige ce traitement injuste à d’honnêtes citoyens. Je n’aurais jamais cru un seul instant être victime d’une telle arrestation arbitraire et injustifiée en Belgique. C’est vrai qu’il est tellement plus facile d’arrêter par centaines des braves citoyens innocents que les vrais casseurs. J’ai honte pour mon pays et ses forces de police. J’en viens à penser que notre seul tort était peut-être d’avoir osé exprimer notre mécontentement vis-à-vis de la situation actuelle ? »

[Source : Témoignage ObsPol]


Mohamed Amine BerkaneDCD_24px_iconsmind.com.png

Mohamed Amine Berkane
Source : Divercité
13 décembre 2021, Bruxelles
26 ans. Mort en cellule

Mohamed, originaire de la Willaya de Tipaza en Algérie, est arrêté le dimanche 12 décembre au soir dans le quartier de la Bourse, soupçonné d’un vol de GSM. Sa situation de séjour n’est pas en ordre, il est « illégal« . Il est emmené dans les locaux de la police fédérale qui sert également de garde zonale à la rue Royale.

Il était en compagnie de son ami Hicham [le prénom a été modifié], lui aussi embarqué pour les mêmes faits. Hicham est placé dans une cellule pour mineurs alors que Mohamed est placé dans une cellule pour adultes. Ce traitement différencié ne s’explique pas car les deux jeunes garçons avaient quasiment le même âge. Il passe la nuit dans sa cellule et reçoit un petit déjeuner le lendemain matin mais son repas de midi ne lui a pas été délivré car : « On pensait qu’il dormait » justifient les policiers.

À 14:00, les agents commencent à s’inquiéter de le voir inanimé. Des minutes vitales ont déjà été perdues et le seront encore. Quand l’état d’inanition de Mohamed est déclaré, les policiers n’appellent pas directement le SMUR, mais une ambulance. Les secouristes ne réussissent pas à le réanimer et ce sont finalement les services d’urgence et un médecin urgentiste qui arrivent sur place pour constater le décès vers 15:00.

Hicham reconnaît que son ami, son « frère« , était consommateur de stupéfiants et de médicaments. Lors de l’arrestation et de l’incarcération, il aurait été particulièrement agité : « Je l’entendais crier, puis plus rien ! » [] Oui, il se droguait, il buvait, il consommait toutes sortes de substances mais quand ils l’ont  arrêté, ils l’ont emmené sur ses deux pieds. » [] Au commissariat, les policiers savent où sont les caméras. Ils nous frappent quand ils savent qu’ils ne seront pas filmés.« 

D’après l’enquête de Malika Madi pour Divercité, des zones d’ombre subsistent dans la mort de Mohamed :

  • Mohamed, plâtré au bras, était il dans un état d’agitation extrême nécessitant de le maîtriser ?
  • Lors de l’arrestation d’un suspect, la législation belge, selon que la personne arrêtée soit majeure ou mineure, diffère. Mohamed, d’après son ami Hicham, avait 26 ans, mais celui-ci affirmait en avoir 17. Est-il vraisemblable que Mohamed reconnaisse avoir 18 ans lors de son arrestation alors qu’il n’ignorait pas la différence que cela pouvait entraîner du point de vue du traitement de son dossier ?
  • Le « Vu et soigné » en Belgique ou « Certificat de non-admission » en France, est un document qui dégage les officiers de police de toute responsabilité en cas de problème médical dans leurs locaux. Or, Mohamed a été vu par un médecin, selon le communiqué du parquet de Bruxelles, qui l’a estimé physiquement apte à subir une détention, quelques heures encore avant son décès. D’un point de vue légal, seul le médecin peut être incriminé en cas de problème médical pendant la garde à vue. Entre le « vu et soigné » diagnostiqué le dimanche 12 décembre au soir et la mort constatée le lundi 13 en début d’après midi, que s’est-il réellement passé ?

  • Les cellules sont équipées de cameras de surveillance permettant un contrôle du détenu pendant toute la durée de sa garde à vue. Si le détenu s’agite, se blesse ou attente à sa vie, le policier le voit immédiatement. Mais tous les policiers agissent-ils rapidement ?

Le parquet de Bruxelles a demandé la saisie des images de vidéosurveillance et a ordonné le passage du labo de la Police Judiciaire Fédérale. Une autopsie du corps a été pratiquée.

  • 15.12.2021 – Autopsie
  • 14.12.2021 – Saisie des images de surveillance à l’initiative du Parquet de Bruxelles
  • 13.12.2021 – Décès de Mohamed Amine

[Lire également la Carte blanche du Collectif Outils solidaires contre les violences policières]

[Sources : Divercité, Bruxelles Panthères]


MounirDCD_24px_iconsmind.com.png

30 juillet 2021, Schaerbeek
26 ans. Arrêt cardiaque dans l’ambulance après un malaise suite à des coups

La police aurait été appelée vers 04:00 dans la nuit de mercredi à jeudi pour un jeune homme nu en train de détériorer un véhicule sur la voie publique à Schaerbeek  près de la place Liedts, selon le Parquet.

Selon la police, Mounir, 26 ans et en bonne santé d’après ses proches, aurait fait un arrêt cardiaque après l’arrivée de la policeavant de décéder à 18:40 à l’hôpital, qui aurait diagnostiqué une hémorragie cérébrale.

La grande sœur de Mounir :  » Je suis allée le voir à l’hôpital hier, il était balafré de partout comme s’il avait reçu des coups. Le médecin lui a fait un scanner et Mounir avait un hématome dans le cerveau.« 

La famille, via leur avocat Yannick De Vlaemynck, s’est constituée partie civile pour avoir accès au dossier. Le parquet de Bruxelles a requis un médecin légiste afin de procéder à une autopsie immédiatement après le décès, et a ordonné également un examen toxicologique (toujours en cours). Une enquête a été ouverte pour établir les circonstances exactes des faits.

  • 05.08.2021 – Dépôt de plainte avec constitution de partie civile
  • 31.07.2021 – Communication à la famille des premiers résultats de l’autopsie
  • 30.07.2021 – Autopsie et examen toxicologique
  • 30.07.2021 – Arrestation et décès de Mounir

[Sources : La Libre, SudInfo, Bladi, Rupture & Renouveau, Bladi, La Libre, Bladi]


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24 janvier 2021, Bruxelles
Arrêtée, détenue, traumatisée

Prise et traitée comme tant d’autres lors de la manifestation Justice de classe, Justice raciste…

Dix-quinze minutes plus tard, on entre dans la caserne, on nous met dans une cellule pouvant accueillir 17 personnes, nous étions bien 30 avec énormément de mineurs donc une de DOUZE ANS!!!

On entend des cris, des mecs qui se font frapper dessus, on en voit au sol se faire piétiner puis tirer comme un sac dans des cellules! Certaines filles filment, l’une d’entre elles s’est fait menacer de se le faire confisquer si elle filmait à nouveau. []

Je suis sortie de là choquée, gelée, en tremblant et prête à m’effondrer, j’ai essayé de rire un max et d’échanger avec les filles en cellule mais j’ai eu peur de demander quoi que ce soit au policier, peur de leurs réponses, peur de ce qu’ils pouvaient me faire, j’ai eu plusieurs fois envies de me révolter face à ce que j’ai vu entendu mais je me sentais paralysée face à la peur qui s’est emparée de moi, peur de me prendre des coups, de ne pas sortir, ils avaient le contrôle sur nous et le savaient ! Je suis sortie vers 21:00, les garçons bien plus tard, je sais que certains sont sortis après minuit… Ce jour je ne sais toujours pas pourquoi j’ai été arrêtée ni si je vais avoir une amende, je ne sais rien.


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24 janvier 2021, Bruxelles
Photographié, contrôlé

Pris et traité comme tant d’autres lors de la manifestation Justice de classe, Justice raciste…

Ils étaient stressés comme jamais, comme si ça allait partir en vrille alors qu’ils étaient clairement en surnombre pour que quoi que ce soit n’arrive. Au final on était une centaine dans la nasse – pas du tout covid – à ne pas savoir ce qu’il se passait, pendant 1 heure. Aucun policier ne pouvait nous dire ce qui allait nous arriver. J’étais terrorisé.

J’avais peur que certains dans la nasse fassent une connerie et qu’on paye tous le prix… ou que la police nous charge sans qu’on sache pourquoi. J’étais à côté d’une inconnue plus jeune et encore plus apeurée que moi, elle était au bord des larmes, elle passait par là sans rien à voir avec la manif et ne comprenait pas pourquoi elle aussi s’est retrouvé dans la nasse. À certains moments des policiers venaient chercher des personnes dans la nasse sans motif apparent (la personne n’avait pas montré de signe de violence/provocation auparavant). Après une heure on nous a relâchés un par un, j’ai pu quitter les lieux après avoir fait une photo de ma carte d’identité et de mon visage. On m’a dit de déguerpir et puis c’est tout. Un de mes amis qui a demandé à 3 policiers différents ce qui allait nous arriver, à eu droit à 3 réponses différentes : 1) « Vous allez recevoir une amende pour être resté alors qu’on vous avait demandé de quitter les lieux » 2) « Vous allez recevoir une amende pour non-respect des mesures covid » 3) « Je ne sais pas monsieur« …

Je ressors de cette expérience totalement terrifié par la police et avec plein d’interrogations. Est-ce que mes amis et moi allons avoir une amende ? Pourquoi certaines personnes se sont retrouvées au cachot et pas moi et qu’ont-elles fait de plus que moi ? »


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24 janvier 2021, Bruxelles
Fouillé, contrôlé

Pris et traité comme tant d’autres lors de la manifestation Justice de classe, Justice raciste…

« Je n’ai pas été arrêté, mais, alors que je suis resté seul et à bonne distance de la manifestation durant toute sa durée, et à bonne distance de la police après la dispersion du rassemblement, plusieurs policier.es se sont déployées vers moi et d’autres personnes, qui elles aussi, observaient, souvent seules et à distance les arrestations en cours au mont des Arts (environ 3 ou 4 jeunes personnes arrêtés, entourées de 3 policiers en civil minimum, de plus de 5 autres policier.es en uniforme, une rangée de CRS faisant un arc de cercle autours d’eux, et 4 chevaux montés faisant barrages entre les jeunes et d’autres possibles observateur.trices). Lorsque plusieurs policiers se sont dispersés par petits groupes dans ma direction, je décidai de descendre vers la Bourse en marchant. Des policièr.es accélérèrent le pas pour m’arrêter sans justificatif, me fouiller et prendre mon identité. J’ai vu qu’une autre personne à coté de moi subissait le même traitement. Lorsque j’ai paniqué face à leur arrivée j’ai eu comme seul réponse « Ça va, arrête ton cinéma, et retourne-toi contre le mur ». Mon identité fut prise et on me souhaita une « Bonne journée Monsieur » sans répondre à mes « Pourquoi ? ». J’ai demandé « C’est nouveau ce genre de contrôle ? Ça va être comme ça de plus en plus ? » une policière me répondit « Oui, c’est comme ça maintenant » avant de me laisser partir. Cela pour affirmer que des personnes isolées qui observaient le travail des policiers depuis 50m de distance, 1 heure après la dispersion du rassemblement, se sont vues à moitié coursées, fouillées et contrôlées sans raison donnée. »

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24 janvier 2021, Bruxelles
Arrêtée, détenue, traumatisée

Prise et traitée comme tant d’autres lors de la manifestation Justice de classe, Justice raciste…

« Nous entendions les garçons faire du bruit à un moment ce n’est plus du bruit qu’on entend mais des cris, alors nous tentons de voir à travers les grillages ce qu’ils se passaient en face. Nous avons vu des policiers en armure rentrer dans leurs cellules et repartir avec un garçon traîné au sol, des policiers étaient restés dedans et ils avaient éteint la lumière pendant un temps puis ils sortaient. Aujourd’hui, on sait qu’ils étaient en train d’en tabasser certains. Nous demandions à la policière devant la porte ce qu’on attendait, elle disait qu’elle ne savait pas, qu’il fallait demander au chef, elle ne nous regardait même pas, à la question où est ce chef, elle nous répond : je ne sais pas. On comprend qu’elle se fout bien de nous. »

[Source : Témoignage ObsPol]


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24 janvier 2021, Bruxelles
Arrêté, détenu, violenté

Pris et traité comme tant d’autres lors de la manifestation Justice de classe, Justice raciste…

« Arrestation administrative arbitraire, détention et violences physiques et verbales sur mineur. Violation de la réglementation en matière d’arrestation et de détention de mineurs. »

[Source : Témoignage ObsPol]


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24 janvier 2021, Bruxelles
Arrêté, détenu, violenté

Pris et traité comme tant d’autres lors de la manifestation Justice de classe, Justice raciste…

« Nous avons été arrêtés sans aucun motif, nous avons subis des violences physiques et verbales. Nous avons été mis en cellule pour en sortir peu avant minuit, tour cela dans des conditions médiocres. »

[Source : Témoignage ObsPol]


Ilyes AbbedouDCD_24px_iconsmind.com.png

19 janvier 2021, Bruxelles
29 ans. Décédé en cellule

Ilyes Abbedou, originaire d’Oran et en situation de séjour irrégulier selon la presse [Personne n’est illégal, N.D.L.R.], aurait été interpellé après un vol au Docks à Bruxelles, selon la La Capitale. Rattrapé avec son « complice » par le service de sécurité puis confié à la police, il est décédé en cellule. Selon le Parquet de Bruxelles, « avisé de ces faits, le parquet de Bruxelles a immédiatement ordonné divers devoirs d’enquête. Il a notamment requis la reprise de l’enquête par le Comité P ainsi que la saisie des images de vidéo-surveillance du complexe cellulaire ainsi que celles de son arrestation« . Un magistrat du parquet, le médecin légiste, ainsi que le comité P sont descendus sur place. « Une autopsie sera réalisée demain (mercredi) par le médecin légiste. » Objectif : déterminer les circonstances exactes ayant entouré le décès de cet homme. Selon les premiers éléments de l’enquête révélés par Stéphanie Lagasse, porte-parole du parquet de Bruxelles, il a été « retrouvé mort » dans le complexe cellulaire partagé par la police fédérale et la police de Bruxelles capitale / Ixelles, rue Royale à Bruxelles. « Une autopsie a été réalisée par le médecin légiste dont il ressort qu’il n’y a eu aucune intervention d’un tiers et qu’il n’y a aucune trace de violence. Des analyses toxicologiques sont toujours en cours« . La cause de la mort reste donc encore inconnue. Selon des sources proches du dossier, Ilyes Abbedou « n’était pas du tout agressif, mais avait le regard vitreux. [] On ignore ce qui a bien pu causer son décès. On croyait qu’il dormait lorsqu’on s’est aperçu qu’il avait du sang sur le visage qui coulait ou bien de son nez ou bien de son oreille et qu’il était déjà mort« .

  • 20.01.2021 – Stéphanie Lagasse, porte-parole du parquet de Bruxelles, live les premiers résultats de l’enquête
  • 19.01.2021 – Décès d’Ilyes Abbedou
  • 18.01.2021 – Arrestation administrative pour « séjour illégal » [Personne n’est illégal, N.D.L.R.]
  • 29.12.2020 – Ordre de quitter le territoire

[Sources : RTL, La Capitale, Le Soir du 21.01.2021]


Ibrahima BarrieDCD_24px_iconsmind.com.png

Ibrahima Barrie

9 janvier 2021, Bruxelles
23 ans. Mort après son passage au commissariat

Les circonstances exactes de sa mort ne sont pas encore connues, mais la police tient sa version : Ibrahima aurait fait un malaise à son arrivée au commissariat. Selon le Parquet, la police aurait procédé au contrôle « d’un groupe de personnes rassemblées […] nonobstant les mesures actuellement en vigueur dans le cadre de la crise sanitaire », tandis que le jeune homme filmait l’intervention de police avec son smartphone. Quand des policiers auraient voulu le contrôler, il aurait pris la fuite, été rattrapé, privé de liberté et emmené au commissariat pour y être entendu. Au commissariat « Brabant » à Saint-Josse, et relevant de l’autorité de la zone de police Bruxelles-Nord (Polbruno : Schaerbeek, Saint-Josse et Evere), il aurait perdu connaissance. Les policiers présents auraient fait appel aux services de secours. Une ambulance et un SMUR auraient été mobilisés sur place. Ibrahima, emmené par les services de secours, est décédé à l’hôpital à 20:22. Sa famille ne sera informée que vers 02:30 du matin par des policiers venus à leur domicile, qui leur apprennent qu’Ibrahima avait été interpellé pendant le couvre-feu. « On nous a dit qu’il était mort dans l’ambulance des suites d’une deuxième crise cardiaque après sa réanimation au commissariat de police. On n’a pas pu voir le corps tant que l’autopsie n’a pas été pratiquée. On nous a juste dit qu’il présentait des hématomes dus à sa réanimation », dira sa sœur Aissatou. Le parquet de Bruxelles a instauré un périmètre d’exclusion judiciaire et l’enquête a été transmise au Comité P, descendu sur place. Un médecin légiste a été désigné pour l’autopsie et la toxicologie. Le parquet a également demandé de saisir et d’analyser toutes les images de vidéo-surveillance, tant au commissariat que sur les lieux de l’interpellation. Le rapport d’autopsie établi évoque une anomalie cardiaque. Mais cette malformation n’expliquerait pas, à elle seule, le décès. Le dossier a été mis à l’instruction pour homicide involontaire. L’avocat de la famille, Alexis Deswaef indique : « Il filmait une action de la police qui filmait les migrants à la gare du Nord. J’imagine que s’il filmait l’action de la police, c’est peut-être parce que ça ne se passait pas de manière très fluide. Filmer la police est un droit. Ce n’est pas un motif d’arrestation. […]Il fait un malaise et s’affale sur une chaise. Ce seraient les images qui le montreraient d’après nos informations. Il glisse de la chaise et tombe inconscient. Il est menotté, il a son masque et pendant de longues minutes, on parle de 5 à 7 minutes, il reste inconscient. Il gît au sol. Il y a deux policiers dans le local de fouille et il ne réagissent pas. C’est seulement au bout de ces longues minutes qu’un agent réagit en venant avec un défibrillateur. […] Quand on est arrêté, on est dans une situation de grande vulnérabilité. Les agents de police doivent vérifier que tout se passe bien. Là, il est menotté dans le dos, inconscient et meurt asphyxié. » L’avocat dénonce « des mensonges » des forces de l’ordre sur plusieurs points. Les policiers ont affirmé qu’Ibrahima avait été contrôlé dans le cadre d’un non-respect des règles liées au couvre-feu. Or, Ibrahima a été emmené au commissariat peu après 19:00, soit 3 heures avant le début du couvre-feu à Bruxelles. « Pourquoi les policiers mentent aux journalistes sur les causes du malaise si ce n’est pour couvrir leur propre faute, celle d’avoir laissé de 5 à 7 minutes, une personne en détresse, inconsciente, sans aucune aide ».

Un an et vingt jours après le décès de son frère, Aicha prend la parole, entourée du comité de soutien, de ses proches ainsi que de plusieurs autres familles de victimes réunis pour réclamer la vérité et la justice sur les circonstances du décès d’Ibrahima. Tant que des responsabilités ne seront pas établies la famille ne pourra faire son deuil. Le temps judiciaire est long lorsqu’on a perdu un proche dans de telles circonstances et que sa dignité a été bafouillée.

  • 12.01.2021 – Le Comité P révèle que le défibrillateur externe automatisé, que les policiers ont tenté d’utiliser pour le réanimer, n’a pas fonctionné
  • 09.01.2021 – Décès d’Ibrahima Barrie

[Sources : Le Soir, RTL, Révolution Permanente, Presse Ligue de Défense Noire Africaine, Sud Info, Zin TV]


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19 septembre 2020, Mons
25 ans. Battue, humérus fracturé, fouillée à nu, dépouillée de son argent

Trois jeunes femmes entre 23 et 25 ans terminent une soirée à Mons, l’une d’entre elles soutient l’autre un peu enivrée qu’elle souhaite emmener manger quelque chose. La jeune femme fait des gestes car elle ne souhaite pas partir. C’est à ce moment que des policiers qui auraient cru qu’il s’agissait d’une dispute interviennent. Ils plaquent les deux jeunes femmes à terre sans raison et leur placent les colsons. Salomé, intervient pour s’enquérir de leur situation. Elle précise dans son témoignage n’avoir été ni ivre ni avoir à aucun moment insulté les policiers, ni essayé de se battre. Elle a juste le temps de dire « Vous n’avez pas le droit… » avant de subir une clé de bras de la part d’un policier derrière elle. Tombée à terre elle signale une douleur tellement intense qu’elle a perdu connaissance. En reprenant connaissance, les policiers auraient été en train de lui asséner des coups de pieds. Ce n’est que parce que Salomé hurlait de douleur ne sentant plus sa main, que les policiers lui auraient retiré les menottes dans le véhicule. Mais le calvaire ne s’arrête pas puisque Salomé est emmenée au commissariat, placée sur une chaise, fouillée à nu et placée en cellule. Narguée ensuite par des agent.e.s qui l’auraient touchée au bras douloureux en rigolant, d’autres exerçant des intimidations, la menaçant de casier judiciaire. Plus tard elle constate le manque des 60 euros qu’elle avait dans son porte-feuille. Elle subit ensuite un sort de douleur à l’hôpital où elle est traitée sans ménagement et apprend qu’elle devrait probablement subir une opération. Il s’avère plus tard que son humérus fracturé est inopérable. La zone de police montoise précise que ce ne seraient pas des policiers de leur zone qui ont procédé à l’arrestation mais une équipe d’arrestation de la police fédérale venue en renfort. La police fédérale de Bruxelles dont question, donne comme justification que Salomé aurait commencé à les insulter et à vouloir les frapper. Salomé a porté plainte et le parquet de Mons a réagi en précisant qu’elle aurait tenté de s’interposer.

[Sources : La Capitale 29 et 30 septembre 2020, RTBF]


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Septembre 2020
Menottée, injuriée, humiliée

Arrêtée sous un faux prétexte alors qu’elle avait elle-même appelé la police pour violences conjugales, elle est menottée nue, insultée, détenue avant d’être enfin transportée aux urgences, où elle ne verra pas de médecin mais où lui proposera… de prendre un comprimé, sans qu’on lui dise de quel médicament !

« Je ne savais pas quand j’allais sortir. Ils mont finalement laissé sortir en fin de matinée : je me suis retrouvée seule dehors, complètement déboussolée, traumatisée et dépenaillée (mon peignoir était complètement déchiré : ils m’ont juste donné un T-shirt et un caleçon long à mettre en dessous). Malgré ma demande, je n’ai reçu aucun document attestant des évènements de la nuit. J’ai dû par moi-même aller demander mon numéro de dossier, plus tard dans un autre commissariat. Là heureusement on m’a traitée correctement, et le policier a pris une photo de mon hématome au front. »

[Source : Témoignage ObsPol]


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13 septembre 2020, Bruxelles
Matraqué à la cuisse

Pris dan la nasse des policiers lors de la manifestation du collectif Santé en lutte alors qu’il marchait avec sa femme, sans lien avec la manifestation, dans le quartier cadenassé par les forces de l’ordre. Pris à partie avec un groupe de manifestants par les policiers, il prend un coup de matraque sur la cuisse, alors même qu’il n’opposait aucune résistance.

[Source : Témoignage ObsPol]


Loïc, Kali, Raphaël, internal-injury_38257.pngPauline, Édouard, Nils… et les autres

13 septembre 2020, Bruxelles
Gazé.e.s, tabassé.e.s, étranglé.e.s, menotté.e.s, arrêté.e.s

Manifestant pacifiquement avec le Collectif Santé en lutte, la nasse s’est refermée sur eux en fin de rassemblement, une spécialité VDS bien connue… Avec à la clé un déchaînement inexpliqué de violences policières. Loïc raconte au Soir avoir quitté la manifestation une dizaine de minutes plus tôt pour prendre son vélo en haut du Mont des Arts et s’être retrouvé dans un « piège à rats« , avoir laissé son engin au sol pour s’approcher de la personne gazée et tenter de lui donner de quoi se rincer les yeux. « En revenant, je suis tombé sur un agent en civil qui plaquait quelqu’un au mur. Je lui ai demandé d’arrêter. L’agent s’est retourné vers moi, matraque à la main. J’ai essayé de partir et c’est le moment où je me suis fait plaquer au sol. » Le plaquage est arrosé d’une dose de spray irritant. Une partie de séquence, filmée par LN24, en témoigne. « Quelqu’un me met un genou sur les côtes et me crie de me mettre sur le ventre. J’ai crié plusieurs fois que je n’y arrivais pas, que j’avais du mal à respirer. » Kali, enseignante, explique avoir voulu rentrer tôt avec son compagnon Raphaël, pour préparer son cours du lendemain. Se dirigeant vers le petit Sablon, ils voient débouler plusieurs véhicules de police, passent un barrage qui prend forme devant eux, avant d’être pris en étau entre cette ligne et une seconde rangée de policiers un peu plus loin. Ils assistent alors à l’interpellation de Loïc. « On est choqué. On voit aussi d’autres gens en train d’attendre le tram se faire compresser dans un coin. Je demande de pouvoir passer. On me dit de parler à quelqu’un qui a du rouge sur son casque. Je vois ça comme une ouverture, je cherche cette personne, je ne la trouve pas, je redemande. Là, tout à coup, un bouclier me pousse et un policier en civil me tombe dessus, me dit de circuler. Je dis que ce n’est pas possible, que c’est fermé. Il me pousse à deux mains. » Là, une équipe en civil surgit du cordon. Kali est « étranglée en l’air« , selon Raphaël. Puis elle est plaquée au sol par une clé d’étranglement, maintenue à terre genou sur le dos, (voir la vidéo  LN24. Raphaël aussi est plaqué au sol après avoir tenté de s’approcher pour calmer le jeu. « Je me fais balayer d’un coup de pied dans le tibia. » Kali, Raphaël et Loïc sont arrêtés judiciairement pour « rébellion« . Kali reçoit un arrêt de dix jours, Loïc de deux jours. Elle dit encore boiter, lui se plaint d’une douleur au thorax. Pauline, kinésithérapeute interpellée devant le Jardin des Sculptures raconte au Soir : « Aujourd’hui, j’ai un hématome sur le bras et j’ai eu, pendant 3 ou 4 jours, de grosses douleurs au côté gauche. » Édouard, commercial pour une société pharmaceutique, dit avoir reçu un coup de matraque dans la cuisse, qui lui vaut un sérieux hématome, constaté par médecin. Peu habitué des manifestations, il est en état de choc. Des mineurs sont eux aussi pris dans le filet. Isabelle, mère de Nils (arrêté administrativement avec deux amis), dit ne pas avoir été informée par la police de la détention provisoire de son enfant, mais par un SMS de celui-ci. « Il a été emmené au commissariat où il est resté trois heures. Il n’a signé aucun document, n’a reçu aucun PV, nous n’avons pas été prévenus.« 

[Sources : Le Soir]


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v. V.

Août 2020. X.
Suturée, incisives déchaussées, nez cassé, contusionnée, traumatisée

Brutalisée lors d’un contrôle COVID devant son amie avec laquelle elle finissait de déjeûner.

« Il a sorti ma carte d’identité, l’a lue et il l’a remise dans mon sac et à ce moment, il a pris les lanières de mon sac et m’a jetée violemment par terre, il m’a encore donné un coup de pied dans le dos. Je leur ai dit qu’ils étaient fous, qu’ils m’avaient cassé le nez et les dents ! Je nageais dans une marre de sang, le sang coulait de ma bouche, de mon nez et je leur ai dit que j’avais besoin d’une ambulance. L’homme m’ a répondu : « L’ambulance, c’est à vos frais, madame ! » Je pleurais toujours. Ils m’ont prise alors et dirigée vers la porte de sortie du commissariat et m’ont encore poussée sur cette porte qui était fermée à clé ! Ils m’ont assise sur le trottoir devant ce commissariat et m’ont enlevé les menottes. J’ai enfin pu appeler une ambulance. »

[Lire le témoignage complet]


Abderrahman Akram KadriDCD_24px_iconsmind.com.png

Abderraham Akram Kadri
19 juillet 2020, Anvers
29 ans. Décédé d’un « arrêt cardiaque« 

Molenbeekois d’origine algérienne mort des suite dune ‘intervention de policiers après que « Des passants [aient] déclaré que l’homme attaquait les gens et jetait des meubles sur la terrasse« .

Selon Sven Lommaert, porte-parole de la police d’Anvers, « Visiblement intoxiqué, l’homme a fini par être maîtrisé par onze agents. Les services médicaux adéquats ont été immédiatement contactés pour sa prise en charge. À l’arrivée de l’ambulance, l’homme a fait une crise cardiaque. Il est décédé plus tard à l’hôpital.« 

Selon la personne qui a partagé la vidéo sur Twitter, « Une amie a fait le film. Après qu’elle a arrêté de filmer, deux autres combis de police sont arrivées, puis ça s’est aggravé. D’après mon amie, l’homme portait un protège-dents sur lequel on pouvait voir du sang. Quand ils l’ont mis sur une civière, son visage semblait sans vie« .

Dans une vidéo, on voit clairement un policier qui a «  maintenu son genou sur le dos d’Akram durant au moins 10 minutes.  » Sa mère estime que son « fils était déjà mort quand l’ambulance est arrivée. J’ai vu un film où c’est évident. Mon avocat présentera ces images au juge d’instruction si la police ne reconnaît pas son erreur.« 

  • 08.2020 – Ouverture d’une enquête par le Parquet d’Anvers
  • 19.07.2020 – Décès d’Akram

[Sources : 7sur7, Sudinfo, RTBF, Algérie Part Plus et AFP, 7sur7, Bladi7sur7]


Mounaime Tahrihospital-icon_24px_banzaitokyo.com.png

Mounaime7 juin 2020, Bruxelles
19 ans. Arrêté et tabassé dans un combi de police

« Ils ont fermé la porte du coffre et directement ils m’ont tapé ». Arrêté et menotté par 5 policiers cagoulés à Bruxelles dans la confusion qui a suivi la manifestation Black Live Matters à Bruxelles. Les policiers l’ont ensuite tabassé et insulté dans un combi de la police à l’abri des regards. Évanoui à la suite des coups, il n’a été transporté à l’hôpital qu’à 23:00. Les médecins ont constaté des hémorragies internes. Mounaime a déposé plainte pour violences policières le 9 juin 2020 auprès du Comité P avec son avocat Me Guillaume Lys.

[Sources : Buzz & Actualités TV sur YouTube, DHnet, RTL, Le Soir, Stop Répression, La Capitale]


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Logo_ObsPol_v12_Triangle_GR « Le résultat de son comportement est une peur irraisonnée de ma compagne à la vue de policiers en uniformes et une peur constante de sortir dans la rue« . Lorsqu’un policier se prétendant tel insulte sa femme avant de rameuter des collègues médusés devant la scène jouée par celui-ci, A. administre sans hésitation une leçon de civisme à l’usage des policiers qui outrepassent leur droit.

[Source : Témoignage reçu]


Un migrant soudanais spray_icon_125150.png

21 avril 2020, Bruxelles
18 ans. Gazé et GSM détruit

Vers 22:15, plusieurs policiers procèdent à un contrôle musclé aux alentours de la place Anneessens à Bruxelles, où se trouvent plusieurs migrants et sans-abris hébergés dans un hôtel proche depuis le confinement. Les policiers emmènent les migrants dans une camionnette pour les relâcher près du quai de Willebroeck. Un policier asperge de gaz lacrymo les yeux du jeune homme après l’avoir plaqué contre un mur et avoir détruit son GSM avec sa matraque. Au tribunal, le policier prévenu a dit au juge qu’il regrettait son geste, qu’il avait conscience d’avoir fait une erreur, affirmant qu’il avait eu « un coup de sang« … Son avocat Alexis Deswaef confie :

“Mon client est traumatisé par ce qui s’est passé. Il est passé par Bruxelles lors de son voyage migratoire, lui et ses copains d’infortune. Son passage chez nous, son traitement par notre police, il ne l’oubliera jamais. Les témoignages qui nous ont permis d’être présents dans cette salle d’audience aujourd’hui, démontrent que, chez nous aussi, ce type de violence existe”
  • 17.07.2020 – Condamnation du policier à une peine d’un an de prison et à une amende de 1.600 euros, les deux avec sursis, par le tribunal correctionnel de Bruxelles. Le tribunal n’a pas accepté de se limiter à une déclaration de culpabilité non assortie d’une peine à condition que le policier ne commette plus de nouvelles infractions pendant un délai d’épreuve. Il a en effet remarqué, pour motiver sa décision, que le prévenu n’avait pas fait l’objet de sanctions disciplinaires, mais avait déjà reçu par le passé plusieurs rappels à l’ordre.
  • 05.06.2020 – Audience devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. Une peine d’un an de prison est requise contre le policier prévenu pour avoir porté des coups ou occasionnés des blessures, avec circonstance aggravante de préméditation
  • 21.04.2020 – Agression du jeune migrant

[Sources : La DH, La Libre, La DH]


Adil C.DCD_24px_iconsmind.com.png

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10 avril 2020, Anderlecht
19 ans. Mort fauché en scooter par une voiture de police

Pris en chasse par une patrouille de la zone de police Bruxelles-Midi sur la Place du Conseil parce qu’elles ne respectent les règles de distanciation sociale, deux personnes en scooter se séparent. Alors que son ami part dans une direction, Adil atteint le parking des abattoirs d’Anderlecht. Des piquets bloquent l’entrée. Adil peut passer avec son scooter, pas la police, qui appelle des renforts. Adil aurait percuté la deuxième voiture de police qui arrivait en sens inverse alors qu’il dépassait une Mercedes Vito. Le corps d’Adil a été retrouvé à une vingtaine de mètres du choc. Selon le journaliste du Morgen, il n’y aurait pas de traces de freinage sur le sol et l’expert de la circulation routière a constaté que le véhicule de la police avait dépassé de plus de 70 centimètres la bande centrale, ce qui prouverait que c’est bien la police qui a percuté Adil et non le contraire. Le parquet de Bruxelles a suivi l’appel des parents et a chargé un juge d’instruction d’enquêter du chef d’homicide involontaire, en ce qui concerne l’accident mortel survenu vendredi soir à Anderlecht.

Alexis Deswaef, l’avocat de la famille, qui s’est constituée partie civile : « L’affaire est maintenant entre les mains d’un juge d’instruction, qui mène l’enquête avec beaucoup plus de garanties d’indépendance.« 

  • 26.11.2020 – Non-lieu requis par le Parquet. Révélation par le Parquet d’éléments de l’enquête sous embargo du secret de l’instruction
  • 14.04.2020 – Le parquet de Bruxelles a requis un juge d’instruction en vue d’enquêter du chef d’homicide involontaire. Constitution de partie civile. – Le parquet de Bruxelles a requis un juge d’instruction en vue d’enquêter du chef d’homicide involontaire. Constitution de partie civile.
  • 10.04.2020 – Décès d’Adil.

[Sources : L’Avenir, La Libre, Le Vif, RTBF, De Morgen, Solidarcité asbl sur YouTube, Bladi.net]


22 militants d’Extinction Rebellionicons8-arrest-50.png

xx.jpg28 novembre 2019 – Bruxelles
Arrêté.e.s, fouillé.e.s à nu, détenu.e.s toute la nuit

Ils allaient tout juste commencer à afficher des posters contre le Black Friday, « symbole même de l’hyperconsommation responsable de l’épuisement des ressources naturelles« , lorsque la police, qui a repéré un fanion XR, les surprend « en possession de matériel qui laissait penser qu’elles planifiaient quelque chose : des pinceaux, de la peinture en aérosol, de la colle, des affiches et des banderoles dirigées contre le Black Friday. Les banderoles et les affiches avaient le logo d’Extinction Rebellion« .

Iels sont illico arrêté.e.s « préventivement« , menotté.e.s, fouillé.e.s à nu et passeront la nuit en détention, et sans possibilité de prévenir une personne de confiance. Autant de mauvais traitement que rejettera le Tribunal de première instance de Bruxelles dans son jugement, saisi par les activistes :

« En procédant à l’arrestation des demandeurs dans un contexte qui ne démontre ni le risque d’une atteinte grave à l’ordre public ni l’absolue nécessité de cette arrestation, les services de la ZP ont commis une faute dont les conséquences dommageables doivent être indemnisées. »

Selon leur avocate, Me Margaux Nocent, « J’ai eu affaire à des personnes choquées après leur arrestation, [certaines] n’osaient plus prendre part à des actions par la suite. »

  • 05.07.2021 – Condamnation de la Zone de Police de Bruxelles. Mise « hors de cause » du Bourgmestre Philippe Close
  • 12.05.2021 – Audience publique du TPI de Bruxelles
  • 20.12.2019 – Assignation du Bourgmestre et de la Zone de Police d’Ixelles
  • 28.11.2019 – Arrestation et détention

[Sources : Secours Rouge7sur7]


Mehdi BoudaDCD_24px_iconsmind.com.png

Mehdi Ayoub
20 août 2019, Bruxelles
17 ans. Fauché par une voiture de police

La voiture de police qui a fauché Mehdi rue Ravenstein roulait à 98 km/h et n’avait pas actionné de sirène, selon une information de Bruzz. Il fuyait une autre patrouille de police et traversait la rue quand il a été renversé par une voiture de la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles filant vers le lieu d’un cambriolage. Le parquet de Bruxelles a ouvert une enquête, désigné un médecin légiste et un expert automobile, saisi les images de vidéo-surveillance à proximité du lieu de l’accident, et entendu des témoins.

  • 17.08.2020 – Clôture de l’enquête sous la direction du juge d’instruction
  • Ouverture d’une enquête par le Parquet de Bruxelles, désignation d’un légiste et d’un expert automobile. Saisie des caméras de surveillance du lieu de l’accident.

[Sources : DHnet, Le Soir, Bx1, La Diaspora chuchote, La Libre Belgique]


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Décembre 2020, Bruxelles
Agressé, gazé, maintenu genou sur la nuque, poursuivi

Après avoir fait tomber par mégarde une trottinette électrique, une patrouille tente de le maîtriser par une clé au bras, alors qu’il souffre de douleurs chroniques à l’épaule. Malgré ses tentatives pour les raisonner et leur demander d’arrêter de le faire souffrir, les 6 policiers, bientôt rejoints par 6 autres, le gazent à bout portant et l’immobilisent en pesant sur tous ses membres.

« J’ai depuis très peur que la moindre interaction avec un policier ne dégénère très rapidement, car mon ressentiment est grand de m’être fait agresser puis désormais racketté. Je fais régulièrement des cauchemars de brutalités policières et des angoisses s’ensuivent où je me sens comme étouffé. On m’a prescrit des anxiolytique »

[Source : Témoignage ObsPol]


Mawda ShawriDCD_24px_iconsmind.com.png

Mawda Shawri, décédée le 18 mai 201818 mai 2018, Maisières
2 ans. Tuée par balle

Jeune Kurde irakienne morte sous le tir d’un policier pendant une course-poursuite sur une autoroute. Une seule balle dans la joue a suffi alors qu’elle était assise sur les genoux de sa mère dans le Peugeot Boxer pendant la poursuite entre quatre voitures de police et la fourgonnette portant de fausses plaques qui transportait 26 adultes et 4 enfants, tous migrants que le passeur comptait acheminer vers la France, destination le Royaume-Uni L’enquête a révélé que le flic a tiré alors que la voiture de police roulait à 90 Km/h. Bien que les policiers aient tenté de la soigner sur place, il s’est passé un certain temps avant qu’elle soit acheminée vers l’hôpital. La famille n’a pas été autorisée à l’accompagner dans l’ambulance, et Ako Shawri, sa mère, n’a été prévenue de la mort de sa fille que plusieurs heures plus tard, alors qu’elle était en détention. Le mardi, le couple a pu avoir accès au rapport post mortem confirmant que la mort a résulté d’une seule blessure par balle. Le procès a eu lieu les 23 et 24 novembre 2020, en accord avec les parties prenantes au procès, selon la décision prise par la présidente de la chambre correctionnelle à trois juges du tribunal de Mons. Verdict : le conducteur de la camionnette est condamné à 4 ans de prison ferme ; Victor-Manuel Jacinto Goncalves, le policier qui a tué Mawda avec son arme à feu est condamné à 1 an de prison avec sursis et 400 euros d’amende ; le troisième prévenu est acquitté au bénéfice du doute.

[Lire le compte-rendu de l’audience à laquelle a assisté ObsPol]

[Lire le compte-rendu de l’audience d’appel à laquelle a assisté ObsPol]

[Voir la page dédiée à l’affaire Mawda]

  • 05.11.2021 – Culpabilité pour homicide involontaire par défaut de prévoyance confirmée en appel, peine réduite de 12 à 10 mois assortie d’un sursis et 400€ d’amende
  • 31.10.2021 – Report de l’audience d’appel
  • 30.09-01.10.2021 – Audience d’appel à Mons. Reportée
  • 12.02.2021 – Verdict prononcé par le Tribunal correctionnel de Mons
  • 23-24.11.2020 : Audience correctionnelle à Mons
  • 18.05.2018 : Décès de Mawda
  • 16-17.05.2018 : Tir du policier Victor-Manuel Jacinto Goncalves

[Sources : Justice et vérité pour Mawda, Bruxelles Panthère, RTBF, The Guardian, Paris Match, Watch The Borders, La Province, DHnet, ObsPol]


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17 septembre 2018, Bruxelles
La quarantaine – 2 balles dans la poitrine et la jambe

A. est sans-abri. Il est Belge d’origine égyptienne. Vers 09:00 ce matin, alors qu’il dort dans la rue, deux policiers le réveillent et lui demandent de partir. Il aurait alors brandi un couteau et blessé un des policiers au visage.

Les policiers auraient tenté de le maîtriser avec une matraque et une bombe de gaz lacrymogène mais A. aurait continué à « se montrer menaçant et aurait blessé un policier au visage« , selon la porte-parole de la police de Bruxelles, Ilse Van de Keere.

L’un des policiers ouvre alors le feu, blessant A. au thorax et à la jambe. Le parquet a précisé que le policier blessé n’avait été que légèrement atteint.

 A. est hospitalisé dans un état critique à l’hôpital. Son état stabilisé, il est entendu par la police et les juge d’instruction puis inculpé de tentative de meurtre et a placé sous mandat d’arrêt. Trois mois plus tard il est condamné pour tentative de meurtre à 5 ans d’emprisonnement. Une plainte avec constitution de partie civile a été introduite. Le Parquet requiers tout simplement, sans motif : il demande le non-lieu pour le policier.

  • 09.06.2020 – Audience de la Chambre du conseil sur la plainte déposée contre le policier. Non-lieu requis par le Parquet
  • 01.2020 – Condamnation de A. pour tentative de meurtre à 5 ans d’emprisonnement
  • 18.09.2018 – Inculpation de A. pour tentative de meurtre et placement sous mandat d’arrêt
  • 17.09.2018 – Intervention des policiers

[Sources : La Tribune, RTBF]


Moïse Lamine BangouraDCD_24px_iconsmind.com.png

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Credit photo : Hans Verbeke
7 mai 2018 – Roeselare
27 ans. Mort des suites de ses blessures

Un huissier de justice était venu expulser le jeune guinéen de son appartement pour non paiement des arriérés de loyer. Accompagné par la police et un serrurier, il entre dans l’appartement et c’est la « bavure policière« : Lamine est transporté à l’hôpital et les parents qui résident à Anvers sont informés de la mort de leur fils au cours d’une intervention de la police chez lui. Non seulement, on mentionne sur l’acte de décès que la cause de la mort du jeune est inconnue mais on presse la famille pour enterrer leur fils en Belgique. La justice est allée même jusqu’à refuser le rapatriement du corps en Guinée. Selon son beau-père Filip Dewaegemaeke, il aurait succombé à des blessures à la tête et aurait eu un bras cassé dans l’altercation. L’autopsie a révélé plus tard que la victime avait subi une fissure de la glotte, probablement due à la pression du genou du policier sur son cou. Un journaliste indépendant en Flandres, Laurens Kindt, spécialisé dans l’information judiciaire pour Krant van West Vlaanderen (KW), a tenté d’en savoir plus, avant de recevroir une plainte contre lui portée par la zone de police et a été blacklisté auprès du Parquet et des zones de police….

[Voir aussi l’enquête vidéo d’Olivier Mukuna, « Lamine Bangoura ou le George Floyd belge« ]

  • 16.03.2021 – Chambre des mises en accusation de Gand : les 8 policiers impliqués dans l’expulsion n’ont pas à répondre devant la justice.
  • 04.02.2021 – Audience du Tribunal correctionnel qui devra statuer sur le renvoi des 8 policiers incriminés
  • 10.11.2020 – Procès en appel devant la chambre d’accusation à Gand
  • Non-lieu de la chambre du conseil de Courtrai pour charges insuffisantes et manque de preuve
  • Ordonnance juge d’instruction interdisant l’inhumation
  • 07.05.2018 – Décès de Lamine

[Sources : Sud Info, YouTube, Guinée News, Olivier Mukuna sur YouTube]


Josef ChovanecDCD_24px_iconsmind.com.png

Jozef Chovanec23 février 2018 – Charleroi
38 ans. Décédé d’un arrêt cardiaque après un coma de plusieurs jours

En suite d’un débarquement de force de l’avion qu’il s’apprêtait à prendre, d’une mise au cachot pendant laquelle il se frappait la tête contre les murs, et de l’intervention brutale de policiers pour le calmer. Lors de cette intervention, un policier l’immobilise 16 minutes avec les genoux sur sa poitrine. La vidéo de surveillance montre une policière dans la cellule au garde-à-vous nazi pendant que ses collègues rigolent. Ses proches se sont constitués partie civile devant un juge d’instruction de Charleroi. L’affaire est toujours à l’isntruction.

[Voir nos commentaires sur cette affaire]

[Sources : Metro, La Libre, Sud Info, RTBF, La Nouvelle Gazette, 1000 infos, HLN]


Ludwig Simoninternal-injury_38257.png

171015_SIMON.Ludwig_Credit-Emmanuel.Wilputte_LAvenir_Cropped.net_15 octobre 2017 – Namur
Atteint de plusieurs balles en caoutchouc et tabassé

Alors qu’un groupe de SDF décident d’aller ouvrir un nouveau squat, la police est appelée par une voisine qui, dans la rue, prend soin de les prévenir. Lorsque la police arrive, avec plusieurs véhicules de chaque côté de la rue, Ludwig a son pied-de-biche à la main. Tous les autres SDF sont sommés de s’écarter. Les policiers qui sont sortis de leurs véhicules et font face à Ludwig sont au moins quatre, tandis que d’autres tiennent à l’écart les SDF dispersés. Ils exigent naturellement que Ludwig dépose le pied-de-biche (ils diront plus tard qu’ils ont été menacés avec cette « arme potentielle« ). C’est immédiatement après avoir posé le pied-de-biche, en se relevant, qu’il aurait reçu la première balle, au niveau du cœur. Ignorant que la balle était en caoutchouc, il serait tombé à genoux et aurait vu sa vie défiler sous ses paupières. Genoux au sol, il aurait reçu, dans la foulée, presque toutes les autres balles. Par terre, il aurait été maintenu par trois policiers tandis qu’un quatrième produisait les blessures au nez, au coude, au dos, aux côtes etc.

[Source : Blog « Les laissés-pour-compte de Namur » de Benjamin Moriamé]


Ouassim Toumi // Sabrina ElbakkaliDCD_24px_iconsmind.com.png

Ouassim Toumi et Sabrina Elbakkali

9 mai 2017 – Bruxelles
24 et 20 ans. Percutés par un véhicule de police

Vers 21:30, une course-poursuite commence place Poelaert entre les policiers et la voiture de Ouassim et Sabrina, qui finissent victimes d’un « parechocage » à la sortie du tunnel Bailli, sur l’avenue Louise.

Deux autres patrouilles s’étaient aussi lancées à la poursuite du motocycliste. La moto a percuté par l’arrière gauche le véhicule d’une patrouille de la brigade canine de la police locale de Bruxelles-Capitale-Ixelles, provoquant la mort de Ouassim sur le coup. Sabrina a été transportée en ambulance. Elle est décédée à l’hôpital des suites de ses blessures.

Des témoins affirment que le véhicule de police s’est mis délibérément en travers de la route. On évoque également la négligence en matière de secours portés aux victimes par les policiers présents. Tout cela a été filmé, malgré l’injonction de cesser de filmer ordonnée par un des policiers…

Sabrina et Ouassim sont décédé.e.s parce que des policiers ont utilisé cette technique du « parechocage« . Les courses-poursuites avec cette méthode d’intervention sont considérées comme des techniques policières efficaces, normalisées et banalisées (Nicholas Kumba, « RÉPERTOIRE DES VIOLENCES POLICIÈRES », ZIN TV). Le parechocage, devenu une pratique courante dans les quartiers populaires, “consiste à tenter d’immobiliser les véhicules, le plus souvent des deux roues, au moyen de la voiture de police, soit en les serrant contre le bord de la route, soit en les percutant.”(Collectif Angles Morts, Vengeance d’Etat, Syllepse, 2011). Or cette technique criminelle (encore) régulièrement utilisée ne sert pas seulement à « intercepter » les jeunes, elle est également utilisée pour transformer des tentatives d’assassinats en accidents.

Très rapidement après la tragédie, la famille de Sabrina s’est constituée partie civile afin qu’un.e juge d’instruction mène une enquête ; au-delà de celle effectuée en interne par la police Marlow (Auderghem, Uccle et Watermael-Boitsfort). Quatre ans plus tard, l’enquête judiciaire n’a pas permis d’inculper les policiers. Or, sans cette inculpation, aucun procès ne pourra se tenir devant le Tribunal correctionnel ! C’était l’enjeu principal des débats à huis clos, entre le Parquet de Bruxelles et les avocats des familles, en Chambre du conseil, ce 3 juin.

À la sortie, selon l’avocat de la famille de Sabrina, la procureure ne reconnaît aucune faute pénale commise dans le chef des policiers impliqués. Le parquet a demandé que ceux-ci bénéficient du « non-lieu » tandis que les avocats de la partie civile ont plaidé pour leur inculpation en vue d’un procès en correctionnel. Si une décision de « non-lieu » devait être prononcée lors du prochain rendez-vous judiciaire, les familles de Sabrina et Ouassim ont déjà annoncé leur intention d’interjeter appel. La juge a estimé que la course-poursuite était dangereuse et disproportionnée au regard des faits qui étaient reprochés à Sabrina et Ouassim, à savoir, le non-respect du Code de la route, fait savoir l’avocate de Sabrina, Joke Callewaert. Selon les précisions de la juge, « les conditions n’étaient pas réunies pour utiliser la force (permise par l’article 37 de la loi sur la fonction de la police du 5 août 1992)  », explique-t-elle.

  • 06.10.2021 – Appel du Parquet
  • 10.2021 – Tribunal correctionnel estime les charges suffisantes
  • 13.08.2021 – Renvoi au Parquet
  • 02.08.2021 – Report de la décision
  • 03.06.2021 – Chambre du conseil

[Sources : Cité24, Bladi, Cité 24, Bladi]


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24 mars 2017 – Zaventem
Brutalisé et étouffé pendant une expulsion

Lors d’une tentative d’expulsion forcée vers le Togo, Agbevide a été victime de violences policières physiques et psychologiques indignes. Ses demandes d’asile n’ayant pu aboutir, il a fait une tentative de suicide le 13 mars 2017. Inconscient, il n’a pourtant été emmené à l’hôpital que le lendemain. Dès sa sortie de l’infirmerie, il a été mis en isolement, au cachot pour ensuite être expulsé. Lorsque Agbevide est arrivé à l’aéroport, cinq hommes et une femme de la police fédérale étaient présents. « J’avais une lame sur moi, que j’ai avalée parce que je ne veux pas y retourner. Ils m’ont dit « comme ça, tu peux crever au Togo » ». Les policiers ont retiré ses vêtements pour dissimuler les traces de sang. Paniqué, Agbevide a commencé à crier, les policiers lui ont alors « écrasé le cou». « Ils fermaient en même temps ma bouche et mon nez … j’étouffais ». Un passager s’est alors levé en criant aux policiers « Vous allez le tuer ! ». Agbevide était à moitié inconscient, le commandant est arrivé et a refusé de décoller dans ces conditions. Durant le retour au centre fermé, un des policiers lui a lancé « Ce n’est pas terminé ! Quand tu reviendras, tu verras ce que ça va donner…»

[Sources : CRER, Getting the Voice Out]


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27 janvier 2017 – Molenbeek
Tabassé
Le 27 janvier dernier à Molenbeek, mon petit frère Younes et l’un de ses amis étaient en train de faire un tour quand ils se sont faits interpeller par la Police. Pendant ce contrôle, les policiers frappent son ami. Mon frère n’avait pas sa carte d’identité. Le policier commençant à être violent, Younes a pris peur et s’est enfui. Une fois rattrapé et maîtrisé, mon petit frère s’est également fait frapper alors qu’il était à terre et qu’il ne pouvait pas bouger. Lors de son arrestation, les policiers ont cherché à se mettre dans des angles morts, là où il n’y avait pas de caméras. À un moment donné, mon petit frère ne sentait même plus les coups. »

Dans la voiture, le policier lui a demandé ceci : « Tu me connais ? Ah tu ne me connais pas encore ». Après que l’un de ses collègues ait rajouté « Montre un avant-goût », le policier en question l’a à nouveau frappé. Son tympan s’est percé. Au commissariat, ils n’ont pas hésité à se moquer de lui et de ses parties intimes après lui avoir demandé de se déshabiller. Ce témoignage nous laisse un air de déjà-vu. Les propos ci-dessus, nous les avons recueillis auprès de Lamia, grande sœur de Younes. Suite à ces événements, la famille a décidé de porter plainte. Ce cas-ci ne serait cependant pas isolé, encore moins dans la commune.

[SourceJoachim Gilles, Vincent Abieri, Maxime Gilles & Thomas Bausier]


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Simon Bacherlart

16 juillet 2016 – Warquignies
26 ans – Mort en cellule d’une overdose

Simon, originaire de Dordogne et résident lillois depuis un an, est à Dour pour le festival avec quelques amis. Ils prennent du LSD. Trop, dira plus tard le légiste. Il commence à délirer sur la plaine de la Machine à Feu, jusquà ce qu’il soit interpelé par les flics vers 02:30. Il est emmené au poste.

Dans sa cellule de dégrisement, Simon est agité, il délire, hurle, frappe dans les murs, boit l’eau des toilettes. Les policières de faction l’entendent crier, le voient sur les images de vidéosurveillance mais elles n’interviennent pas.

05:00. Simon, apparemment plus calme, se couche.

06:30. Simon tombe de son lit. Les policières préviennent le médecin, qui le fait évacuer sur l’hôpital de Warquignies.

Intubé et placé sous surveillance, il décède dans l’après-midi. Le médecin-légiste qui l’examine indique dans son rapport que la mort a été causée par une overdose de LSD.

Malades, les amis de Simon, tous originaires de France, ont
alors rappelé le vendeur, qui a été interpellé sur le site du festival par les autorités belges.

Le Procureur du roi Christian Henry déclare « Et comme ce n’est pas la police qui a donné de la drogue, nous estimions qu’il n’y avait pas de faute ». « Avec deux de ses amis, il a pris de cette drogue dans des quantités beaucoup trop importantes », précise Dominique Schollaert, porte-parole du procureur du roi, à Mons. Le ministère public plaide un non-lieu pour les policières.

Pour la Chambre du Conseil du Hainaut, Division Tournai, Simon n’a pas reçu suffisamment d’aide. Les policières présentes cette nuit-là auraient dû prévenir le médecin plus tôt. Les quatre policières, deux commissaires (dont la commissaire en chef chargée de la gestion des services de police pour le festival de Dour) et deux inspectrices (chargées de la surveillance par caméras), sont renvoyées devant le tribunal correctionnel pour non-assistance à personne en danger.

  • 20.10.2021 – Renvoi des 4 policières devant le tribunal correctionnel pour non-assistance à personne en danger par la Chambre du conseil du Hainaut
  • 16.07.2016 – Décès de Simon
  • 16.07.2016 – Interpellation de Simon et détention en dégrisement

[Sources : La DH, La Voix du Nord, La Voix du Nord, RTBF]


Jan Nolfhandcuffs_icon_137519.png

Jan Nolf27 août 2015 – Bruges
64 ans. Brutalisé et arrêté

« Je ne filme pas mais je ne suis pas d’accord qu’on l’interdise« . Jan Nolf se trouvait devant son domicile et regardait des supporters du club anglais se faire arrêter. Une discussion avec un policier sur le fait de photographier la scène a dégénéré et le juge de paix honoraire a été plaqué contre un mur, menotté et s’est retrouvé dans le même combi de police que les fans. Il a déposé plainte auprès du Comité P.

[Source : Blog de Jan Nolf, Témoignage reçu, Le Vif, VRT]


Dieumerci KandaDCD_24px_iconsmind.com.png

Dieumerci Kanda
7 février 2015 – Anderlecht
40 ans et père de 4 enfants. Mort pendu dans sa cellule

Venu pour obtenir une déclaration de vol de carte d’identité au commissariat de la rue Démosthène (de sisnistre réputation) d’Anderlecht, le quadragénaire d’origine angolaise et père de quatre enfants, est interpellé pour ivresse publique et placé en cellule de dégrisement. Il est retrouvé pendu à l’aide de son t-shirt dans sa cellule. Son état était des plus critiques lorsque les secours sont intervenus : transporté aux urgences, son cerveau privé d’oxygène pendant trop longtemps, il a sombré dans le coma puis est décédé. Selon les infos de DH net, il est resté pendu une vingtaine de minutes avant que le drame ne soit décelé au sein du dispatching où les images des caméras de surveillanceétaient retransmises. La préparation de sa pendaison lui aurait également pris une dizaine à vingtaine de minutes. Les policiers auraient-ils dû ou pu déceler plus tôt le drame ? Aucune trace de coup n’ayant en plus été relevée par le médecin légiste sur son corps. Autrement dit : aucune tierce personne n’a aidé la victime à se pendre. Sa femme, représentée par Me Alexis Deswaef, s’est constituée partie civile des chefs de traitement inhumain et dégradant, détention arbitraire, abus d’autorité, non-assistance à personne en danger, coalition de fonctionnaires, racisme et discrimination. Le parquet de Bruxelles a ouvert deux enquêtes. La première sur les circonstances de la pendaison. La seconde est une enquête interne. Concernant le décès, le parquet a clôturé l’enquête et a conclu à un suicide.

[Sources : DH net, Nofi Media, Banamikili, Sud Info, RTBF, Fremonsa]


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David Murgia
21 avril 2014 – Bruxelles
25 ans. Tabassé et détenu 7 heures

« Maintenant tu vas fermer ta gueule, sale gamin ! » Lundi de Pâques, le comédien Magritte du meilleur espoir masculin 2013, est ceinturé, menotté, tabassé, insulté et emmené au commissariat où il passe 7 heures en détention. Sortant de chez lui en fin de matinée pour aller à la boulangerie, il traverse en dehors du passage pour piétons. « La circulation était interrompue, car 7 ou 8 policiers étaient occupés d’enlever une Ferrari qui était garée en double file », explique-t-il. « Comme d’autres, j’ai alors traversé à côté du passage pour piétons. Un policier m’a interpellé de façon agressive en me demandant si je voulais passer ma journée en cellule. J’ai obtempéré, mais en disant qu’il y avait moyen de le demander autrement. » Le ton monte et la situation dégénère. « Y a un problème ? », lui lance un policier. L’acteur réplique  : « Oui, de la façon dont vous m’adressez la parole. » Il est alors maîtrisé (clé de bras soutenue, menottes fortement serrées) par les policiers et emmené au commissariat, où il fera l’objet d’une arrestation administrative de midi à 20h15. « Je n’ai pu livrer mon témoignage à personne, je n’ai eu le droit de téléphoner à personne« .

[Sources : Témoignage reçu, La Libre, Le Soir]


Fabianinternal-injury_38257.png

2 avril 2014 – Marcinelle
Étranglé, matraqué, arrếté

Ce père de famille prend congé pour pouvoir venir rechercher ses enfants à l’école Saint-Martin, rue du Vieux Moulin à Marcinelle. Il est midi et les parents ne savent plus où se garer. Un riverain appelle la police en dénonçant ces personnes qui se garaient n’importe où.

« Au moment de me garer du mauvais côté de la rue, je vois les policiers. Je ne m’arrête donc pas et continue ma manœuvre en sortant directement de la place où je comptais me garer. Mais je remarque que la policière note mon numéro de plaque. »

Fabian se gare deux rues plus loin, là où c’est permis, et revient devant l’école. Il interpelle alors la policière et lui demande s’il va « recevoir une prune ».

« Elle confirme qu’elle m’a verbalisé, selon elle, parce que j’allais me garer! Je lui dis alors que c’est honteux et plusieurs parents viennent aussi lui dire le fond de leur pensée ». Juste au moment où je passe la barrière, j’ai les deux policiers qui s’avancent et me demandent ma carte d’identité. Je leur dis que je ne l’ai pas sur moi alors ils me disent de les suivre au poste. Je leur explique que je ne vais tout de même pas y aller avec mes deux enfants mais ils ne m’écoutent pas. Je commençais à m’énerver, mais sur moi-même. J’argumentais auprès des policiers mais ce n’est pas pour autant que je disais des grossièretés. Tout en parlant, je commence à entendre des sirènes au loin et ils arrivent à 9 policiers avec la brigade canine! A ce moment-là, alors que je tiens toujours mes enfants par la main, j’ai directement un policier qui vient vers moi pour en découdre. Je l’ai senti tout de suite à son air menaçant », explique Fabian. « Je pense qu’ils ont cru que ça allait dégénérer quand ils ont eu tous parents sur le dos. Mais j’ai été la cible! Ils sont arrivés en croyant qu’il y allait y avoir un gros problème. Une professeure qui a assisté à la scène me propose alors de s’occuper de mes enfants pendant que je suis la police. J’appelle donc ma femme convalescente pour qu’elle vienne les chercher. Ils me disent de les suivre jusqu’au poste et je leur réponds: ‘D’accord, je viens avec vous’. J’avance avec eux, calmement, mais l’un me dit: ‘On va vous mettre les menottes’. Je leur réponds qu’ils n’en ont pas besoin, que je suis calme et que les suis de mon plein gré. Mais là, un jeune homme m’attrape le bras et je résiste un peu. Un autre vient par derrière m’étrangler. Au début je me demande quoi et je ne me laisse pas tomber par terre. Je n’ai pas l’habitude de ça, c’est la première fois qu’on m’arrête! Puis un policier me serre extrêmement fort les menottes. Je hurle au secours. Pour moi, il serre la menotte avec son pied tellement ça fait mal, et parce que j’ai la mains au sol. Je ne sais pas leur donner l’autre main tellement ils me font mal et eux prennent ça comme si je résistais. J’ai alors reçu des coups de tous les côtés, dont des coups de matraque dans le dos. Ils m’embarquent finalement pour outrage à agent et rébellion. »

Selon le parquet, « Monsieur n’avait pas ses documents d’identité et s’est montré outrageant, et l’officier en support de sa collègue féminine qui verbalisait a décidé de son arrestation. L’intéressé étant de corpulence très forte et costaud, et puisqu’il a refusé le menotage, les agents ont dû appliquer une technique apprise dans toutes les écoles de police pour l’amener au sol et le maitriser ». « Ce n’est finalement qu’au poste qu’il se calmera et avouera qu’il n’aurait pas dû s’énerver« . Un témoin parmi d’autres raconte quant à lui : « C’est un homme très costaud qui en impose par sa simple présence, mais c’est surtout un homme calme, toujours poli et gentil, et il n’a jamais été agressif envers les policiers, il parlait très calmement. Mais il s’est retrouvé avec leurs chaussures dans la figure et lui enfonçant les menottes dans les poignets. Il a juste fait ce que vous et moi aurions fait, il a enlevé sa main ». Bilan : 4 heures au poste « avec prise d’empreintes et photos comme si j’étais un criminel », puis Fabian se rend chez son médecin pour faire constater ses blessures et fait prendre des photos. Fabian n’a d’ailleurs pas été poursuivi par le parquet, même si un PV pour rébellion et outrage a été rédigé à sa charge. Pour la police, « il a eu un comportement inadapté pour de simples faits de roulage ». Pour Fabian, au contraire, ce sont les policiers qui « ont eu une réaction disproportionnée ».

  • 03.04.2014 – Plainte auprès du Comité P
  • 02.04.2014 – Agression et arrestation

[Source : RTL]


Soulaïmane Jamili ArchichDCD_24px_iconsmind.com.png

Soulaïmane Jamili
21 février 2014 – Bruxelles
Écrasé sous une rame de métro après un contrôle de police

Soulaïmane, accompagné de deux amis, se trouve sur le quai de la station de métro Osseghem. Un cartable tombe sur les voies; les jeunes tentent de le récupérer et se font interpeller par la sécurité de la STIB. Il n’a pas ses papiers : la police est appelée en renfort et contrôle les jeunes. La police a prétendu qu’il s’agissait d’un suicide. Un contrôle qui prendra 45 minutes et avant la fin duquel il décédera. Une assistance psychologique a été fournie aux policiers qui ont assisté à la scène. Les enregistrements de la vidéo de surveillance sont amputés d’une dizaine de minutes, qui expliqueraient, selon la famille ce qui s’est vraiment passé ce jour là. La famille a déposé une plainte avec constitution de partie civile pour homicide involontaire Le Parquet, a ouvert deux enquêtes: la première, pour déterminer si une autre personne est impliquée dans le décès du jeune homme; elle a été classée sans suite; la seconde, sur les conditions de ce contrôle policier, elle est en cours. La chambre du conseil de Bruxelles a prononcé un non-lieu, suivant le Parquet lors de l’audience du 27 octobre 2015. La famille a fait appel via son avocat Me Constance Selvais.

[Sources : La Libre, RTBF, 7 sur 7, DHnet, Bladi]


Renate Branzhospital-icon_24px_banzaitokyo.com.png

Renate Branz
© Bernard Demoulin
23 juin 2013 – Bruxelles
55 ans. Tabassée et arrêtée

« Tu vas en avoir sur ta gueule comme ça tu vas te calmer !« . Renate Brantz, une Ixelloise de 55 ans, rentre de la Fête de la Musique, quand elle aperçoit un groupe de jeunes et trois policiers. « J’ai entendu les agents leur dire : ‘Rentrez chez vous car il y a des gens qui travaillent demain’ . J’ai été un peu surprise ». « Je n’ai pas pu m’empêcher d’intervenir en soulignant que le lendemain, c’était dimanche et qu’en plus, c’était la Fête de la Musique. » « Deux des policiers se sont alors retournés, ont couru vers moi et m’ont menottée dans le dos avec un collier de serrage, tout en me collant la tête contre une grille. » La dame, qui habite le quartier Flagey depuis 37 ans, affirme ensuite avoir été jetée dans une voiture de patrouille. « C’est là que j’ai été frappée à l’œil gauche par l’un des policiers. » Qui, selon elle, aurait déclaré : « Tu vas en avoir sur ta gueule. Comme ça, tu vas te calmer. » Elle est conduite à l’hôpital d’Ixelles où elle reçoit « une nouvelle droite dans la mâchoire, car j’ai refusé un verre d’eau que me tendait le policier ». Le médecin qui l’examine déclare son examen physique « satisfaisant » selon DHnet qui a pu prendre connaissance du rapport du docteur. Elle passe ensuite la matinée au commissariat, où elle est entendue pour « ivresse publique » et est finalement autorisée à sortir vers midi. Renate se rend ensuite seule à l’hôpital d’Ixelles, où elle fait établir un constat de lésions qui mentionne, entre autres : « hématome sous orbitaire gauche, ecchymose hémiface gauche, hématome intérieur à la joue gauche, contusions aux deux poignets, hématomes aux deux bras », etc. Bien décidée à ne pas en rester là, Renate Brantz a déposé une plainte auprès du Comité P avec un avocat. « Je sais aussi que des jeunes ont filmé mon arrestation. J’aimerais retrouver ces images. S’ils se reconnaissent, ils peuvent se rendre au Murmure café (18, rue du Belvédère) , où on leur donnera mes coordonnées. » Renate a été brutalisée par des policiers, trompée par un médecin des urgences, humiliée dans sa féminité, puis dupée par les policiers qui lui font signer un P.V. sans ses lunettes.

[Sources : Témoignage reçu, DHnet]


Naiminternal-injury_38257.png

11 mai 2013 – Molenbeek
18 ans. Arrêté, tabassé et insulté

« Heureusement, un autre policier est intervenu pour faire cesser les coups. » Le jeune Molenbeekois de 18 ans, arrêté avec deux de ses amis alors que la police ratissait le quartier suite à un arrachage de sac, est frappé au ventre, aux bras et sur les oreilles, et insulté au commissariat du Quai des charbonnages. « Quasiment dès le début, un policier en particulier a commencé à être violent. On était contre le mur, les jambes écartées et il m’a crié dessus que j’étais coupable. J’ai répondu que non. Là, j’ai pris des coups de poing dans les côtes et des baffes. » Pendant plusieurs heures, Naim est détenu et interrogé. « J’ai reçu énormément de coups. À un moment, j’ai voulu m’asseoir parce que je suis asthmatique. Le policier en question m’a frappé dans les jambes de façon répétée« .  Il continue de nier malgré la confrontation avec la dame qui s’est fait voler son sac et qui assure le reconnaître formellement. « J’ai essayé d’expliquer aux enquêteurs que c’est sa parole contre la mienne, que je comprenais qu’elle pouvait être sous le coup de l’émotion. Mais, ça n’a fait qu’empirer les choses. J’ai aussi eu droit aux insultes racistes ». « Heureusement, un autre policier est intervenu pour faire cesser les coups. » Naim passe la nuit au poste, sans boire ni manger, avant d’être transféré au parquet de Bruxelles où il est finalement libéré. « Le procureur a remarqué que la première description de la dame ne correspondait pas avec moi. Il a également mis en avant le fait que mon casier judiciaire était vierge« . Il a fait constater ses hématomes à l’hôpital. Selon sa soeur Karima, « Mon frère n’a jamais eu affaire à la justice et ce genre d’attitude de la police est totalement inadmissible. Il est innocent dans cette affaire de vol de sac« . Ils ont  déposé plainte au Comité P pour violences policières.

[Source : Sud Info]


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Nicolas Gerkens

25 février 2013 – Bruxelles
33 ans. Insulté, tabassé, étranglé et détenu

L’artiste designer bruxellois qui participait à la soirée God Save the 90’s rue Duquesnoy avait voulu aller une dernière fois aux toilettes avant de sortir. Altercation avec un agent de sécurité qui dégénrère (« Les petits cons comme toi, on les mate, m’a dit l’un des videurs, lorsqu’ils m’ont foutu dehors, moi et ma copine, qui au passage a pris un coup à la tête. »), arrivée de la police qui l’embarque, l’enferme… et l’entreprend à plusieurs agents gantés :

« Je ne suis pas un costaud. Je me suis un peu débattu mais sans plus car je ne comprenais pas pourquoi on m’embarquait.[] Après m’avoir demandé de me déshabiller puis de me rhabiller, les policiers se sont déchaînés sans aucune raison. Ils m’ont donné des coups et des baffes au visage. Un des policiers m’a également étranglé ! Je n’arrêtais pas de demander pourquoi j’étais là, que je n’avais rien fait de mal. [] Si on m’avait mis en cellule de dégrisement directement, j’aurais accepté. »

Bilan : des tonnes de « Ta gueule !« , des traces de strangulation, deux coquards, hémorragie à la cornée, chevilles qui ont triplé de volume, hématome dans le ventre, etc., selon son avocat Me Simon Menschaert. La police déclare quant à elle avoir « fait usage de la contrainte » contreun individu « très agressif » qui aurait « volontairement frappé une femme agente de sécurité de la soirée et était ivre », et que « dans la foulée, le suspect a heurté le sol et s’est occasionné une blessure au niveau de l’arcade gauche, ainsi que diverses contusions. » Défense de rire, rompez.

  • 28.02.2013 – Plainte auprès du Parquet de Bruxelles et du Comité P
  • 25.02.2013 – Arrestation, tabassage et détention en cellule de dégrisement

[Source : DHnet]


Moad Touileinternal-injury_38257.png

Moad Touile
11 janvier 2013 – Molenbeek
14 ans. Tabassé, menotté, insulté et arrêté

« 2 policiers qui était assis à coté de moi, il m’ont mis des coup de poing et des gifles a plusieurs reprises« . Le 11 janvier 2013 à 18:30, Moad rentre chez lui. Il trottine à une rue de sa maison, entre Beekkant et Osseghem, lorsqu’une voiture de police noire allume les sirènes derrière lui: « Je croyais qu’ils cherchaient quelqu’un, arrivé à mon niveau, 5 policiers se sont précipité sur moi, ils m’ont insulté de tous les noms. « Fils de pute », « Sale Arabe » etc. J’ai paniqué en voyant les policiers avec leurs matraques. Un policier m’a frappé avec sa matraque sur l’épaule et je suis tombé par terre. J’ai eu deux coups de mattraques, un sur l’épaule, un sur les côtes. En me mettant par terre une policière m’a serré les menottes pendant que les autres policiers me frappaient par terre. Y avait un policier qui me donnait des shots sur mon visage. [] Ils m’ont promis que j’allai passer un mauvais quart d’heure, en me fouillant ils me donnaient des coups et des gifles. En mettant dans la voiture deux policiers qui étaientt assis à coté de moi, ils m’ont mis des coups de poing et des gifles à plusieurs reprises. Arrivé à Comte de Flandres, il se sont arrêtés devant un local et il m’ont dit que c’était trop gentil là-bas, alors ils m’ont emmené derrière la Commune, en sortant de la voiture ils m’ont cogné contre le capot de la voiture [] » Alors qu’il est mineur, il est mis en cellule dans la cave du commissariat. C’est via des amis que le fils ainé de la famille sera mis au courant de l’arrestation de son frère. C’est lui qui se rend le premier au commissariat et prévient sa mère. Malgré son insistance, la police refuse qu’elle voie ou récupère son fils. Ils affirment que Moad aurait refusé de donner ou montrer sa carte d’identité, ils l’accusent de rébellion et outrage. Les policiers affirment qu’ils n’ont pas utilisé leur matraque, qu’ils l’ont « simplement poussé avec la force nécessaire contre le mur« … Les blessures de MoadSes parents le reprendront au commissariat en soirée le visage tuméfié et éraflé, l’oreille écorchée, une empreinte de semelle sur l’arrière du crâne… Suite au choc de l’histoire racontée par leur fils, les parents décident de ne rien lâcher. Ils ont aussi eu le bon réflexe d’aller immédiatement faire constater les blessures par un médecin avec photos et certificat. Ils ont ensuite pris un avocat pour défendre les intérêts de Moad et porter plainte contre les agents. Face à la version de la police, les parents doutent de l’objectivité de l’enquête interne et de l’honnêteté de la version des policiers. Lorsqu’ils sont reçus par la bourgmestre, accompagnés de leur avocat Me Lurquin, ils réaliseront qu’il manque 12 minutes sur la vidéo du commissariat. « La scène où il dit avoir eu le visage écrasé sur la porte du sas interne a disparu et le trajet jusqu’à la cellule, qui doit durer 40 secondes, dure 12 minutes selon le minutage qui passe de 18h29 à 18h42. On nous dit que c’est un problème d’horodateur sur l’enregistrement… Un peu court !!« . Par ailleurs, on leur dira que l’enquête interne est terminée et qu’aucun policier ne sera incriminé. Moad n’a même pas été entendu. Aïcha Daoudi, la maman, a du changer son fils d’école. « Il était devenu une bête de foire. Tout le monde lui posait des questions sur l’affaire« , et dit que son fils continue de faire des cauchemars toutes les nuits. Commence alors une longue bataille judiciaire et politique dans laquelle la famille n’a jamais faibli. Elle durera jusqu’en juin 2015. Malgré le fait que le Parquet demande le non lieu, le tribunal suit les avocat.e.s de la famille et renvoie les 5 policiers devant le tribunal correctionnel. C’est une première victoire pour la famille. Même si personne n’est condamné, la justice reconnait qu’il y a un problème. Le 1er décembre 2016 débute le procès. Le président (la juge Anne Gruwez) a mis en cause la victime, a multiplié les devoirs d’enquête, allant jusqu’à vérifier les alibis de Moad, ses appels téléphoniques etc. Le procureur a requis l’acquittement, les avocats de la défense ont sévèrement attaqué l’adolescent, et Moad a essayer d’obtenir gain de cause, estimant avoir été victime de violences policières. La chambre des mises en accusation a décidé le renvoi des policiers devant le tribunal, malgré les réquisitions de non-lieu du parquet de Bruxelles. Décision sera rendue le 19 décembre : l’un des cinq policiers a été condamné à trois mois de prison avec sursis. Il devra également indemniser l’adolescent et sa famille. Ses quatre collègues sont acquittés.

  • 21.09.2018 : Verdict en appel
  • 04.05.2018 – Audience en appel du policier condamné
  • 19.12.2016 – Condamnation de l’un des cinq policiers à trois mois de prison avec sursis. Il devra également indemniser l’adolescent et sa famille. Acquittement de ses quatre collègues sont acquittés.
  • 01.12.2016 – Renvoi des policiers devant le tribunal malgré les réquisitions du Parquet
  • 2015 – Le Parquet réclame le non-lieu, mais renvoie les 5 policiers devant le tribunal correctionnel
  • 11.01.2013 – Agression

[Sources : Stop Répression, Sud Info, Le Soir, Sud Info, DHnet, RTBF, Bruxelles Panthère]


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2012, Anderlecht
Matraqué.e et laissé.e inconscient.e

« J’ai reçu un coup dans le genou droit et je me suis effondré.e sur le trottoir la bouche la première. Je suis resté.e au sol et ils sont repartis, en s’en allant je les ais entendus dire ‘de toute facon il ne correspondait pas’ « …

[Source : Témoignage reçu]


Richard « Ricardo » Henriquezinternal-injury_38257.png

Riccardo Henriquez7 mai 2011 – Steenokkerzeel
Tabassé et menacé par la suite

« T’as cassé ma dent… Arrête… Arrête…! » Tabassé par un policier sous les yeux de son collègue en se rendant au festival Steenrock, il en a perdu 3 dents, mâchoire démolie et lèvre supérieure toujours tuméfiée et déformée. Sans parler des intimidations policières, subies par la suite par lui et sa sœur, jusqu’à la porte de leur appartement… Au moment de rejoindre le festival la camionnette qui l’avait pris en stop fait le plein à une station-service et il y a un contrôle de police. Tandis que le chauffeur est interrogé par la police, certains occupants de la camionnette ont quitté calmement les lieux, dont Ricardo. Alors qu’il marche avec un autre festivalier, un policier l’interpelle et lui demande sa carte d’identité. S’exprimant en néerlandais, Ricardo lui demande de parler français mais la réponse est négative. Ricardo présente un document à la place d’un autre et le policier le prenant peut-être pour un sans-papiers, devient très menaçant et s’adresse à son collègue plus âgé qui lui répond « Ja, ja« . Le jeune policier s’approche alors très près de Ricardo, le regardant fixement, sort sa matraque longue et fine et le frappe immédiatement au visage. Au premier coup, il sent toutes ses dents bouger. Une dent est tombée sur place. Il l’a crache dans sa main. Deux autres dents tomberont à l’hôpital. Le policier frappait uniquement au visage. Ricardo a aussi été blessé à la lèvre déchirée et aux mains car il tentait de se protéger le visage. À noter encore qu’à aucun moment Ricardo n’a touché le policier ou fait le moindre geste envers lui. Le second policier n’a rien dit et n’a rien fait pour pour arrêter son collègue. Il est emmené menotté à l’hôpital par le policier. La mâchoire abîmée et trois dents en moins, il est recousu à la bouche. Sans parler des profondes séquelles psychologiques et de craintes toujours actuelles et très présentes, par la suite, il dut même subir des intimidations policières indirectes. Plainte avec constitution de partie civile contre X a été déposée du chef de plusieurs infractions dont coups et blessures volontaires, traitement inhumain et dégradant, abus d’autorité, coalition de fonctionnaires, discrimination. Trois ans après les faits le tribunal correctionnel prononce son verdict pour le moins décevant. En effet, comme c’est d’usage du côté policier en cas de bavure, la contre-attaque n’a pas manqué et Ricardo est accusé de rébellion et d’avoir offensé oralement le policier. Les deux plaintes, celle de Ricardo contre le policier et celle à son encontre sont plaidées en même temps. Le jugement du 28 avril 2014 concernait donc les deux affaires. Pour ce qui est de Ricardo, la cour n’a pas retenu la prévention de rébellion, plusieurs témoignages ont clairement indiqué qu’à aucun moment cela n’avait été le cas et que ce n’était donc pas établi. Pour ce qui concerne l’offense par contre, le juge estime qu’elle est établie et condamne pour ce fait Ricardo à 8 jours de prison avec sursis.
En ce qui concerne le policier la cour considère les faits comme établis et prouvés. Le policier est reconnu coupable des actes reprochés et d’avoir dans l’exercice de ses fonctions, sans raison légitime utilisé la violence. Ainsi le policier délinquant devra couvrir les frais de traitement de réparation orthodontiques. Pour ce qui est de l’aspect pénal, ce policier bénéficie cependant d’une mesure de clémence de la part de la cour qui lui accorde la suspension de la peine pendant 3 ans, tenant compte qu’il n’a jamais été condamné précédemment et estimant qu’il a subi et subit encore de lourdes conséquences suite cette agression qu’il a commise.

  • 28.04.2014 – Jugement du Tribunal correctionnel : prévention de rébellion non retenue mais 8 jours de prison avec sursis pour offense pour Ricardo; condamnation du policier aux frais de traitement de réparation orthodontiques mais suspension de la peine pendant 3 ans.
  • xx.05.2011 – Plainte avec constitution de partie civile contre X du chef de plusieurs infractions dont coups et blessures volontaires, traitement inhumain et dégradant, abus d’autorité, coalition de fonctionnaires, discrimination.
  • 07.05.2011 – Agression

[Sources : Actualité ObsPol, IndyMedia, La Libre]


Saïd F.internal-injury_38257.png

27 mars 2011 – Bruxelles
38 ans. Frappé et mordu pas des chiens

Saïd a été frappé à la tête et d’avoir mordu par des chiens policiers à la jambe. Un rapport médical confirme en faisant état d’hématomes et contusions, dont plusieurs plaies profondes au cuir chevelu, d’égratignures et d’éraflures multiples au visage, et de lésions à la cuisse. Les policiers avaient déclaré être à l’époque des faits en intervention à Saint-Gilles et entourés « par une quarantaine de jeunes » dont l’un aurait tenté de leur « porter un coup de couteau« . La Parquet avait estimé qu’ils avaient donné une version des faits dans leur procès-verbal tronquée en leur faveur, et que « des charges suffisantes » étaient réunies pour les poursuivre. Une vidéo filmée par un témoin de la scène avait été versée au dossier.

  • 22.06.2016 – Jugement de la chambre des mises en accusation de la cour d’appel de Bruxelles : non-lieu en faveur de cinq policiers suspectés de violences illégitimes, fausses déclarations dans des procès-verbaux pour couvrir leurs comportements illicites et, pour l’un d’eux, d’injures racistes. Le parquet demandait leur renvoi devant le tribunal correctionnel pour le tout, sauf les injures racistes.
  • 01.04.2011Saïd déclare depuis « 1983, je n’avais jamais subi ni assisté à une telle violence policière ».
  • 27.03.2011 – Agression

[Source : DHnet]


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Steenokkerzeel
22 ans. Tabassé

« Ma tête a cogné le bitume et ça m’a cassé deux dents. Sans-papier victime de violences lors d’une tentative d’expulsion.

[Source : Témoignage reçu]


Marianne Maeckelberghicons8-headache-24x24.png

Marianne Maeckelbergh
1er octobre 2010 – Bruxelles
Arrêtée, tabassée, insultée et menacée

« The Unimaginable: My Night of Violence at the Hands of the Belgian Police« . Arrêtée pendant le NoBorder Camp pour avoir filmé des arrestations musclées et des tabassages, tabassée à son tour au commissariat, enchaînée à un radiateur, reçu des crachats de policiers, insultée de « Sale pute !« , menacée sexuellement et témoin pendant ce temps du tabassage d’une autre personne arrêtée.

[Sources : Témoignage reçu, MRN, Belgium Solidarity, Pambazooka]


Jonathan JacobDCD_24px_iconsmind.com.png

150707_JonathanJacob_26 janvier 2010, Anvers
26 ans. Décédé d’une hémorragie interne

Suite aux coups qui lui sont infligés dans sa cellule du bureau de police de Mortsel. Un groupe d’intervention tente d’injecter des calmants à Jonathan Jacob. La vidéo de la caméra de surveillance, diffusée par la VRT puis retirée sur plainte du ministère public, montre la brutalité des 6 Robocops. 5 ans plus tard, le 25 juin 2015, le tribunal d’Anvers a rendu son verdict. Sur les 11 prévenus, 9 sont condamnés. Les deux plus lourdes peines reviennent au psychiatre et au directeur du centre psychiatrique qui n’avaient pas accepté d’interner Jonathan Jacob malgré son comportement agressif. Ils ont été condamnés à six mois de prison avec sursis. Les 7 autres prévenus, membres de l’équipe d’intervention, sont condamnés à 4 mois de prison avec sursis et 275 euros d’amende pour homicide involontaire – 6 janvier 2010, Anvers

  • 25.06.2015 – Jugement Tribunal correctionnel d’Anvers : le psychiatre du centre Broeders Alexianen (province d’Anvers), et le directeur de l’époque condamnés à 6 mois de prison avec sursis pour négligence coupable. Les 7 policiers bénéficient d’une requalification des faits en « coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner » et sont condamnés à 4 mois de prison avec sursis et une amende de 275 euros; le commissaire de police de la zone Mino est acquitté, ainsi qu’un membre de l’unité d’intervention.
  • 2013 – Plainte de l’unité spéciale d’intervention anversoise contre le père de Jonathan pour diffusion des images
  • 06.01.2010 – Agression

[Sources : Le Vif, RTBF]


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2007,  Charleroi
Tabassé

« Je sens une main sur ma gorge qui me coupe la respiration« . Tabassé et violenté par la police après une altercation avec un contrôleur SNCB

[Source : Témoignage reçu]


Fayçal ChaabanDCD_24px_iconsmind.com.png

25 septembre 2006 –
25 ans,

 


Ceylan ArdiçlarDCD_24px_iconsmind.com.png

17 juin 2006 –
38 ans,

 


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2003, Anderlecht
Tabassé et détroussé

« Je suis allé au Comité P qui a pris mon audition : rien, même avec les preuves »

[Source : Témoignage reçu]


Karim CheffouDCD_24px_iconsmind.com.png

23 janvier 2002 –
23 ans

Sémira AdamuDCD_24px_iconsmind.com.png

Sémira Adamu
22 septembre 1998 – Zaventem
20 ans. Étouffée sous un coussin pendant son expulsion

Demandeuse d’asile nigériane morte étouffée à l’aide d’un coussin, par deux policiers belges lors d’une tentative d’expulsion du territoire belge à l’aéroport de Zaventem. Ce jour-là, quand Sémira quitte le centre fermé 127bis, c’est la sixième tentative de rapatriement. Au motif qu’elle est un cas extrêmement difficile, les policiers ont des consignes très précises cette fois: l’empêcher de se révolter par les cris. Le dispositif d’escorte a été renforcé spécialement pour l’occasion: neuf policiers, trois membres du service de sécurité de la SABENA. Les policiers étaient présents pour faire écran ou pour éloigner les personnes qui interviendraient pour empêcher l’expulsion, et une personne pour filmer le « bon déroulement » du rapatriement. Le gouvernement de l’époque voulait faire de Sémira un exemple de dissuasion pour les autres migrants et procéder coûte que coûte à son éloignement.

[Sources : MRAX, Wikipedia, La Libre, DHnet, RTBF]


Saïd CharkiDCD_24px_iconsmind.com.png

7 novembre 1997 – Anderlecht
27 ans, abattu par balle

Saïd, soupçonné d’appartenir à un réseau de trafiquants de drogues, est abattu lors de son interpellatation peu après minuit par la gendarmerie à Anderlecht, rue Brogniez. Il aurait voulu fuir dans une voiture et aurait percuté la voiture des gendarmes, qui ouvrent le feu à 15 reprises. Saïd meurt sur le coup.

Une enquête sur les conditions de sa mort a été confiée à la police judiciaire de Bruxelles pour déterminer, en particulier, si les gendarmes étaient en situation de légitime défense. Selon les premiers témoignages, Saïd tentait de fuir, mais ne s’est pas conduit de façon « menaçante », ce qui aurait interdit aux gendarmes d’user de leur arme, la condition de proportionnalité n’étant pas remplie.

Quelques jeunes qui déjeunaient dans un snack ont été témoins et ont averti la famille. Une fois la nouvelle connue, de nombreux jeunes se sont rassemblés sur la place communale d’Anderlecht, le ton est très vite monté, déclenchant des émeutes pendant plusieurs jours.

  • 25.05.1998 – Reconstitution
  • 08.11.1997 – Remise en liberté du poilcier tireur
  • 07.11.1997 – Décès de Saïd

[Sources : La Croix, Le Soir]


Mimoun SanhajiDCD_24px_iconsmind.com.png

22 août 1991 – Bruxelles
22 ans, mort pour une cannette de coca

Mimoun était ouvrier-pâtissier. Il vivait en Belgique depuis (presque) toujours. Le 6 août 1991, sur la Grand-Place de Bruxelles, il shoote dans une boîte de Coca vide. Un flic lui demande d’arrêter et de ramasser la canette. Il refuse, ce n’est pas lui qui l’a jetée.

Selon ses amis, le policier en rage, saisit Mimoun à la gorge, le jette au sol, la tête la première, et le tabasse. Pour d’autres témoins, au contraire, devant le refus du jeune homme de montrer ses papiers, l’agent lui aurait pris le bras et il se serait laissé tomber, heurtant le bas d’une colonne de l’hôtel de ville.

Ce n’est qu’en 1999, dans la quasi-indifférence que s’est terminé le procès : le policier à l’origine des problèmes de Mimoun a été condamné par la cour d’appel de Bruxelles à… six mois de prison avec sursis….

  • 27.01.1999 – Condamnation du policier par la Cour d’appel de Bruxelles à six mois de prison avec sursis
  • 22.08.1991 – Décès de Mimoun
  • 06.08.1991 – Agression sur Mimoun

[Sources : Le Soir, Le Soir]


AILLEURS AUSSI…

[Voir la liste à jour mais non-exhaustive sur obspol.org]

Brianna Colombo : Compagne d’Eric Salgado, enceinte de quatreinternal-injury_38257.png mois lorsque des policiers du California Highway Patrol ont mitraillé leur voiture, le tuant sur le coup et la blessant grièvement. – 6 juin 2020, Oakland, USA. Martin Gugino : activiste et humaniste de longue date de 75 ans,hospital-icon_24px_banzaitokyo.com_.png projeté violemment à terre par deux policiers, Torgalski et Robert McCabe, alors qu’il participait à une manifestation pacifique. Blessé à l’arrière du crâne, il perd connaissance pendant qu’une flaque de sang s’écoule sous sa tête. Suite à la suspension des deux policiers en attendant leur mise en accusation, 57 autres de son unité ont démissionné en bloc… – 4 juin 2020, Buffalo, USA. Chantel Moore : 26 ans, appartenant à la première nation Tla-o-qui-DCD_24px.pngaht, tuée de cinq balles par un policier. Elle avait récemment déménagé de Vancouver Island pour être plus proche de sa fille de 5 ans – 4 juin 2020, Edmundston, Canada. Sean Monterrosa : 22 ans, abattu de 5 balles par un policier dans DCD_24px.pngl’État de Californie alors qu’il était agenouillé par terre par un policier depuis sa voiture de service à travers son pare-brise. Le jeune homme s’est soudainement arrêté et s’est mis à genoux, les mains au-dessus de la taille. Le policier a cru voir la crosse d’une arme à feu, en fait un marteau – 2 juin 2020, Vallejo, USA. Balin Brake : 21 ans, éborgné et crâne fracturé par une grenade lacrymogène tiré à courte distance par Healthcare-Crutch-icon_24px_icons8.com_.pngla police alors qu’il participait à une manifestation de soutien à Georges Floyd1er juin 2020, Fort Wayne, USA. Justin Howell : 20 ans, victime de tirs de plombs par un barrage de hospital-icon_24px_banzaitokyo.com_.pngpoliciers durant une manifestation de soutien à Georges Floyd à Austin. Des manifestants qui tentaient de lui porter secours en le transportant  vers le barrage de police pour demander des secours ont alors eux aussi été la cible de tirs, comme on peut le voir sur cette vidéo [Images : Democracy Now!]. Hospitalisé dans un état critique, il a subi un traumatisme crânien et son cerveau est atteint – 31 mai 2020, Austin, USA. Brad Levi Ayala : 16 ans, touché à la tête par un tir de balle en hospital-icon_24px_banzaitokyo.com_.pngcaoutchouc de policiers en plein front lors des manifestations de soutien à Georges Floyd à Austin, comme on peut le voir sur cette video [Images : Tribune of the People]. Des tests neurologiques sont en cours, mais une longue convalescence l’attend – 30 mai 2020, Austin, USA. Leslie Furcron : Grand-mère de 59 ans qui filmait pour un FB live hospital-icon_24px_banzaitokyo.com_.pngla manifestation de soutien à Georges Floyd, atteinte entre les deux yeux par une balle en caoutchouc, hospitalisée en urgence et placée en coma artificiel – 30 mai 2020, La Mesa, USA. Brandon Saenz : 26 ans, a perdu un œil et 7 dents, la partie gaucheHealthcare-Crutch-icon_24px_icons8.com_.png de son visage fracturée par un tir de munitions « less-than-lethal » alors qu’il participait à une manifestation de soutien à Georges Floyd30 mai 2020, Dallas, USA. Sarah Grossman : 22 ans, étudiante à la Ohio State University,DCD_24px.png morte de complications respiratoires, probablement après avoir été gazée par la police dans une manifestation de soutien à Georges Floyd  – 30 mai 2020, Columbus, USA. Derrick Sanderlin : afro-américain de 27 ans, formateur anti-Healthcare-Crutch-icon_24px_icons8.com_.pngdiscriminations auprès de la police, touché à l’aine par le tir d’un policier alors qu’il tentait de faire redescendre la tension entre les forces de l’ordre et les manifestants en soutien à Georges Floyd. L’un de ses testicules s’est rompu, Derrick pourrait ne jamais connaître la paternité – 29 mai 2020, San Jose, USA. Dounya Zayer : 20 ans, jetée brutalement à terre par un policier duhospital-icon_24px_banzaitokyo.com_.png NYPD à Brooklyn en l’insultant de « Fucking bitch!« , alors qu’elle participait à une manifestation de soutien à Georges Floyd. Elle a été victime d’une attaque après l’incident – 29 mai 2020, NYC, USA. Dion Johnson : afro-américain de 28 ans, tué par balle après uneDCD_24px.png altercation avec un policier qui l’a interpellé alors qu’il dormait dans sa voiture garée sur le coté d’une autoroute à Phoenix. Pas de témoin, pas de bodycam, pas de caméra embarquée dans le véhicule de police – 25 mai 2020, Phoenix, USA. Georges Floyd : afro-américain de 46 ans, tué par le policier Derek DCD_24px.pngChauvin qui a sciemment maintenu son genou appuyé sur le coup de la victime maîtrisée au sol, sur le ventre, tandis que 2 policiers maintenaient ses jambes et qu’un autre, Tou Thao, contemplait la scène les bras croisés – 25 mai 2020, Minneapolis, USA. Maurice S. Gordon : étudiant de 28 ans, tué par les tirs répétés du sergent Randall Wetzel, policierDCD_24px.png au Jersey State Police alors qu’il faisait l’objet d’un contrôle routier pendant ses heures de travail pour Uber – 23 mai 2020, Bass River, USA. Ashlynn Lisby : une jeune femme de 23 ans, enceinte, est morte des DCD_24px.pngsuites d’un accident dans lequel son voiture a été percutée par un véhicule de police alors qu’elle se rendait à son travail – 6 mai 2020, Indianapolis, USA. Rose McHal : 19 ans, aussi afro-américain, meurt sous les balles de DCD_24px.pngpoliciers qui justifient leur acte en alléguant une « embuscade » – 6 mai 2020, Indianapolis, USA. Dreasjon “Sean” Reed : un jeune Afro-américain de 21 ans, a été DCD_24px.pngmortellement touché par le tir d’un policier à l’issue d’une course poursuite en voiture diffusée en livestream sur FB – 6 mai 2020, Indianapolis, USA. Giovanni López Ramírez : 30 ans, arrêté pour ne pas avoir porté deDCD_24px.png masque durant la pandémie à Mexico, il est mort à l’hôpital d’un traumatisme crânien. Il présentait également une blessure par balle à la jambe – 4 mai 2020, Ixtlahuacán de los Membrillos, Mexique. SDF anonyme : sauvagement agressé par le policier Frankinternal-injury_38257.png Hernandez dans la rue, comme en atteste cette vidéo [Images : Foos gone wild sur Twitter]5 mai 2020, Los Angeles, USA. Tomy Holten : 40 ans, décédé de cause inconnue au commissariat DCD_24px.pngaprès son arrestation dans un supermarché. Une vidéo le montre le visage écrasé sous la botte d’un policier – 14 mars 2020, Zwolle, Hollande. Breonna Taylor : infirmière de 26 ans, tuée par balle à son domicileDCD_24px.png par des policiers qui enquêtaient sur un dealer et ont fait irruption chez elle croyant qu’elle conservait chez elle les stupéfiants. Mercredi 10 juin, la police a finalement publié le PV de l’intervention, pratiquement vide : « aucune » est inscrit dans la liste des blessures alors qu’elle a reçu 8 balles, et le rapport indique qu’il n’y a pas eu effraction à son domicile, alors que les policiers ont employé un bélier pour défoncer sa porte – 13 mars 2020, Louisville, USA. Manuel Ellis : « I can’t breathe » – 33 ans, tabassé par 4 policiers DCD_24px.pngdans la rue, mort alors qu’il était menotté et maîtrisé – 3 mars 2020, Tacoma, USA. Antonio Valenzuela : 40 ans, tué par le policier Christopher DCD_24px.pngSmelser lors d’un contrôle routier qui lui a administré un étranglement, tandis qu’un enregistrement audio fait entendre « I’m going to choke you, Bro!« . La victime ayant perdu connaissance, l’officier n’a rien tenté pour le ranimer – 29 février 2020, Las Cruces, USA. Mariah Valenzuela : 23 ans, brutalement jetée au sol sans raisoninternal-injury_38257.png apparente par le policier Michael McGillis après avoir été arrêtée au volant de sa voiture. Blessée au visage, aux mains et aux jambes – 17 janvier 2020, Phoenix, USA. Javier Ambler : « I can’t breathe! I’m not resisting! Save me!« .DCD_24px.png Afro-américain de 40 ans, décédé lors d’un contrôle routier après avoir été « tasé » au moins trois fois par le policier J.J. Johnson, ou un collègue non identifié. Il aurait été arrêté pour avoir gardé ses pleins phares en circulant. L’intervention a été filmée live par une équipe vidéo embarquée mais la police a affirmé que toutes les images avaient été détruites – 28 mars 2020, Austin, USA. Mi’Chance Dunlap-Gittens : 17 ans, jeune afro-américain tué lorsDCD_24px.png d’une intervention de police visant un de ses amis – 17 janvier 2017, Des Moines, USA. Adama Traoré : 24 ans, mort à la gendarmerie après son DCD_24px.pnginterpellation à Beaumont-sur-Oise. Une contre-expertise de juin 2020 contredit les précédentes et affirme que la mort d’Adama est due à un « œdème cardiogénique suivi par un syndrome asphyxique, causé par une asphyxie positionnelle induite par le plaquage ventral » – 19 juillet 2016, Persan, France. Michael Brown Jr. : “I don’t have a gun. Stop shooting.” 18 ans, tué par balle à Ferguson par le policier DCD_24px.pngDarren Wilson, qu’un grand jury a refusé de mettre en cause. Le 4 mars 2015, le  Département de la Justice a annoncé qu’aucune charge ne serait retenu contre lui. Le 24 novembre, un grand jury a choisi de ne pas incriminer le policier – 9 août 2014, Ferguson, USA. John Crawford III : « It’s not real”. 22 ans, tué par balles devant un Wallmart à DCD_24px.pngBeavercrick, Ohio, par un policier alors qu’il n’était pas armé et qu’il n’y a apparemment pas eu de confrontation avec la police. Sean Williams et David Darkow, les deux policiers, n’ont pas été mis en accusation – 5 août 2014, Beavercreek, USA. Eric Garner : “I can’t breathe”. 43 ans, asphyxié par un « chokehold » illégal alors DCD_24px.pngmême qu’il criait 11 fois « Je peux plus respirer! » L’inspecteur Daniel Pantaleo n’a pas été jugé – 17 juillet 2014, Tompkinsville, USA. Dontre Hamilton : 31 ans, abattu de 14 balles dans un parc par un DCD_24px.pngpolicier suite à un appel d’un employé du Starbuck voisin. Christopher Manney, le policier meurtrier, n’a pas été jugé – 30 avril 2014, Milwaukee, USA. James Brown : « I can’t breathe! Dude, I can’t breathe! Help me!DCD_24px.png Help me! Help! I can’t breathe! I’m choking on my blood! » Sergent vétéran de l’armée de 26 ans, mort en prison alors qu’il s’y était rendu pour exécuter une peine de deux jours pour conduite en état d’ivresse. Alors que les autorités proclament que son décès serait du à des problèmes médicaux pré-existants, une vidéo publiée depuis la prison montre plusieurs gardes façon Robocop sur lui dans un espace exiguë, des images insoutenables qui rappellent tristement Jonathan Jacobs chez nous – 14 juillet 2012, El Paso, USA. Kenneth Chamberlain Sr. : “Why do you have your guns out?” Ex-Marine de 68 ans, tué à son DCD_24px.pngdomicile par des policiers qui venaient contrôler son état de santé après qu’il ait par inadvertance activé pendant son sommeil son appareil d’alerte santé relié à une société d’assistance médicale. Contactée par la société, les policiers ont défoncé la porte, insulté plusieurs fois de « Nègre« , électrocuté le cardiaque au Taser, tiré sur lui au fusil à balles en caoutchouc, avant de lui loger deux balles réelles dans la poitrine. Aucun des policiers n’a été inculpé – 19 novembre 2011, White Plains, New York, USA. Manuel Jaminez Xum : travailleur saisonnier guatémaltèque de 37 ans, tué par leDCD_24px.png policier Frank Hernandez de deux balles. C’est le même officier impliqué  dans plusieurs « bavures », dont l’agression d’un SDF le 27 avril 2020 – 5 septembre 2010, Westlake, USA. Oscar Grant : “You shot me! You shot me!” Afro-américain de 22 DCD_24px.pngans, tué par balle dans le dos par l’officier Johannes Mehserle alors qu’il était à a terre et maîtrisé – 1er janvier 2009, San Francisco, USA. Amadou Diallo : 22 ans, abattu de 19 balles (42 ont été tirées) par DCD_24px.pngles officiers de police Edward McMellon, Sean Caroll, Kenneth Boss et Richard Murphy, en civil. Selon Caroll, sa description correspondait à celle d’un violeur recherché. Les policiers ont témoigné qu’ils se sont identifiés auprès de la victime, alors que le témoin Schrrie Elliott affirme que les tirs ont commencé sans aucun avertissement. Amadou a tiré son portefeuille de sa poche, les policiers se sont sentis menacés et ont ouvert le feu – 4 février 1999, New York, USA.


Logo_ObsPol_v14_Text_300dpi_L.pngLISTE DES VICTIMES COMPILÉE PAR PAYS


Logo_ObsPol_v14_Text_300dpi_L.pngLISTE DES VICTIMES EN FRANCEfrance-flag-icon-32.png


Logo_ObsPol_v14_Text_300dpi_L.pngLISTE DES VICTIMES AUX ÉTATS-UNISunited-states-of-america-flag-icon-32.png