Jeudi 4 juin 26 des milliers de personnes, des enseignants mais surtout des élèves se sont réunies à Bruxelles près du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour clamer « non » au vote des mesures d’économie dans les écoles.
Manifester est un droit constitutionnel en Belgique et témoigne d’une bonne santé mentale de la jeunesse en voulant s’exprimer ainsi.
L’étroitesse de la rue a rendu les manifestant.es très serrés et les forces de l’ordre les ont chassé.es de cette zone neutre ; la manifestation s’est ensuite rendue à la gare centrale.
Là, ce que d’aucuns dans la presse relatent comme étant des « échauffourées » mais que nous qualifierons de répressions, se sont abattues.
Un nouvelle fois, les forces de l’ordre se sont déployées dans toute leur splendeur de tenues casquées, masquées, armées aussi de matraques pour se défouler sans la moindre vergogne, sur les mineurs, utilisant leur spray de gaz lacrymogène comme l’on asperge une mouche gênante, à bout portant.
Ces comportements faut-il le rappeler sont tout à fait illégaux. L’éternelle excuse de la présence de « casseurs » ne justifie d’aucune manière le déferlement de brutalités et d’insultes à l’égard des personnes manifestantes. Ajoutons que même un « casseur » mineur doit être traité conformément aux règles. En effet, un policier n’a pas le droit de maltraiter physiquement un mineur, peu importe le comportement de ce dernier. La loi protège tous les citoyens contre les violences policières… y compris les mineurs !
Si les policiers ont le droit d’utiliser la force, celle-ci doit être à tout moment proportionnée et nécessaire pour maîtriser une personne qui représente une menace. La “force proportionnée” signifie que la réponse doit être adaptée à la menace. Dans le cas où un mineur commet des actes de dégradation (casse), les policiers peuvent l’interpeller. Ce n’est que s’il résiste ou devient violent, que l’utilisation d’une force raisonnable peut être utilisée. Mais cela ne justifie jamais des violences excessives ou gratuites telles qu’elles ont été observées lors des derniers jours.
Les forces de l’ordre relayées gentiment par la presse se plaisent à insister sur cette présence de “casseurs” pour tenter de justifier les débordements violents, or on ne maltraite pas n’importe comment et dans toutes les directions des manifestant.e.s pacifiques, les gazant, les aspergeant ou les matraquant. Une fois interpellées si besoin d’être arrêtées à leur avis, il suffit d’emmener la personne qui suivra, sans se défendre plus avant, dans l’énorme majorité des cas. Même en cas de « rébellion » le cadre légal interdit de retirer les droits fondamentaux d’une personne qui plus est mineure.
Nous avons reçu des témoignages y compris photos et videos montrant clairement, des policiers non identifiés comme tels, soit en civil et passant rapidement leur brassière rouge avant le passage à l’acte, soit sans aucun signe distinctif à aucun moment, qui se sont rués sur certaines personnes. Un jeune homme racisé a été plaqué violemment au sol et maintenu par plusieurs policiers au point de lui faire manquer de souffle. Certaines séquences rappellent la douloureuse mort de George Floyd.
Ce nouveau déferlement de violence ne peut que provoquer un choc brutal dans les esprits et une grande souffrance parfois physique mais surtout psychique. Serait-ce le but recherché ? « J’ai dit à tous ces jeunes de ne pas s’en prendre à la police. On est avec eux, et c’est nous qui nous faisons gazer. » rapporte une témoin à la presse.
Florence Mendez s’exprime ainsi : “Ils ont gazé des gamins, ils ont chargé, ils ont tapé comme des sourds, ils ont déployé les autopompes, ils ont plaqué des professeurs au sol violemment, qu’ils ont embarqués alors qu’ils ne présentaient pas de résistance, devant les élèves”. Elle ajoute qu’elle vient de voir “six ou sept flics qui ont des malinois qui ne sont pas muselés(…) Des malinois qui sont hyper nerveux […] donc ces chiens vont probablement mordre des manifestants”.
Et que dire des grandes déclarations des politiciens qui suivent ce genre d’événements ? La police a toujours raison , ce sont les citoyens pacifiques qui ont cherché la confrontation ! Vraiment? Qui le croit ?
Quant aux problématiques habituelles de manque d’identification possible, manque de brassards ou autre marque comme s’il s’agissait d’une mission under cover ! C’est inacceptable et pourrait laisser penser que les forces de l’ordre comptent commettre des méfaits dont iels ne sont pas prêt.e.s à assumer la responsabilité. Ah oui, il y a quand même eu quelques marques d’identification, comme celle d’un symbole interdit “Deus vult” qui est associé à des idéologies d’extrême droite, xénophobes ou islamophobes.
Il est plus facile de faire glisser les discours outrés à ce sujet que de condamner les comportements de manière générale puisque les ordres viennent d’en haut.
Une chose est évidente suite à cet énième déferlement policier répressif : l’éveil de toute une frange de citoyen.ne.s sur la réalité de frayeur infligée par les gouvernant.e.s à l’encontre des personnes s’opposant à l’une ou l’autre de leurs décisions.

