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Action Justice

23.06.2026 – Meurtre de Sourour : énième audience pour fixer une date relais

Une audience pour trouver une date d'audience (le 6 octobre prochain). À l'extérieur, famille et soutiens sont rassemblé.e.s pour quelques prises de parole et montrer qu'on n'oublie pas, on pardonne pas !
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Communiqué de presse

19.06.2026 – Carte blanche des professions de santé “contre les violences policières et pour la solidarité”

Répression des manifestations pour l’enseignement à Bruxelles : l’appel du corps médical
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Communiqué de presse

18.06.2026 – Révolte de l’Enseignement : mise au point des bénévoles du NEST

CONTRE LA RÉPRESSION, le NEST* est la preuve qu’une vraie réponse est possible : l’auto-organisation populaire, la solidarité concrète et l’entraide face à la violence d’État.
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Justice

11.06.2026 – Meurtre de Sabrina & Ouassim – Plaidoiries au tribunal correctionnel de Nivelle

Seconde audience au tribunal correctionnel de Nivelles. Cette fois on entend les plaidoiries de la défense de Johny Dewael, de l'assureur Ethias, et des parties civiles. Âmes sensibles s'abstenir...
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Edito

04.06.2026 – La révolte de l’Enseignement est durement réprimée

Jeudi 4 juin 26 des milliers de personnes, des enseignants mais surtout des élèves se sont réunies à Bruxelles près du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour clamer « non » au vote des mesures d’économie dans les écoles.
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Edito

08.03.2026 – EXPULSIONS: Toujours les mêmes tactiques abjectes appliquées méticuleusement par les forces de l’ordre

Rappelons d’emblée que les policières et les policiers qui constituent une « excorte » sont membres de la Police fédérale belge (détachement de sécurité à l’aéroport de Bruxelles) et sont des volontaires affecté.e.s à ces missions. Iels ont également suivi une formation bien spécifique notamment sur l’usage de la contrainte !
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31.12.2025 – Fin d’une année mouvementée

Aggravation des interventions policières brutales et illégales singulièrement lors de manifestations ou rassemblements citoyens
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Publié récemment

31.10.2025 – Incompréhension, panique, choc, incrédulité, rage, peur, douleur, effroi, traumatisme, colère : quand les forces de l’ordre se lâchent !

Quelques termes qui illustrent les ressentiments dans les témoignages nombreux qui nous sont parvenus...
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Agression Edito

17.10.2025 – Expulsion de zone neutre : terrorisme d’État épisode 3

TÉMOIGNAGES REÇUS
Expulsion de Zone Neutre, 17 octobre 2025
N. “J’ai pleuré, choqué, à plusieurs moments de la journée qui a suivi”

“Vendredi 17 au matin, nous avons subi un déchaînement de violences de la part de la police à notre encontre, nous qui étions venu soutenir et essayer d’empêcher que des dizaines de personnes sans-papiers, précaires, dont des enfants, soient mises à la rue. L’ambiance était d’abord conviviale, la résistance que nous apportions était pacifique, elle consistait a nous placer devant le bâtiment pour l’entourer et empêcher son expulsion, elle consistait aussi à montrer notre solidarité à des personnes risquant la rue, alors même que l’hiver commence à se faire sentir. Vers 08:00 du matin, un petit groupe de policiers est venu nous dire de partir, nous avons refusé, ils ont donc commencé une expulsion violente.

Plus d’une centaines de policiers équipés en équipement antiémeute ont commencé a former une ligne compacte, pendant que des brigades canines et d’autres policiers lourdement équipés tenaient en respect les personnes qui passaient et qui filmaient ce qui allait bientôt devenir un tabassage.

Implacables, les policiers se sont avancés, boucliers et matraque levés, nous pressant contre le mur situé derrière nous, puis ont chargé en tapant tout ce qui dépassait, nous étions derrière une bâche en vinyle en tentant de l’utiliser pour nous prémunir de certains coups, nos doigts qui dépassaient de cette bâche étaient visés systématiquement par le policiers. À ma gauche, un camarade commence à saigner abondamment : son crâne était ouvert, une entaille de plusieurs centimètres résultant d’un coup de matraque.

Pendant que les policiers nous pressaient avec le bouclier tenu bien haut, ils envoyaient des coups de matraque dans les tibias, dans les genoux, et dans les parties intimes. Pendant qu’ils nous pressaient, entre deux salves de coups, un policier qui ne faisait pas partie de la première ligne est venu, et depuis derrière ses collègues, nous a souri et a même commencé a ricaner, nous l’avons interpellé, en lui demandant si ça le faisait rire de nous voir nous faire tabasser et de mettre des familles a la rue, et il nous a répondu, provocateur, que oui, et que c’était mérité.

Pendant la cohue, qui pour rappel, est causée par la charge des policiers, nous recevions des coups de lacrymogène au niveau du visage, sauf que pressés comme nous étions il n’y avait pas moyen de se cacher le visage ni de se baisser, et les policiers n’avaient au début pas l’intention de laisser sortir des gens de la foule. Plus les policiers poussaient plus nous étions compressés contre le mur et entre nous, plus il était difficile de partir de la cohue aussi.

À un moment, en tentant de protéger ma tête je me suis recroquevillé avec les bras autour de la tête et du coup deux policiers m’ont ciblé, en m’envoyant des coups de matraques dans le dos, et sur les bras qui protégeaient ma nuque. La médecin qui m’a ausculté aux urgence a signalé quatre marques dans mon dos « en ligne de tram », ce qui signifie qu’on voit les contours du bâton former deux lignes parallèles dans mon dos. Mon poignet droit a aussi été atteint assez lourdement, il a très rapidement gonflé à tel point que la douleur irradiait dans tout mon bras et je ne pouvais plus bouger la main. J’ai eu des contusions aussi à l’épaule gauche, mon poignet gauche et mon index gauche.

Peu après, une autopompe est arrivée devant nous et s’est positionnée à seulement 3-4 mètres et nous a aspergé d’eau avec des jets à grosse pression alors que nous étions toujours coincés contre le mur. Je me suis fait tirer par un policier hors du groupe alors que j’essayais de relever un camarade au sol qui allait se faire piétiner. À cause de l’eau qui rendait le sol glissant, je suis tombé au sol au moment ou les policiers m’ont tiré et, alors que je me relevais pour partir, un des policiers m’a envoyé un coup de pied dans le dos en me criant « Dégage !».

Par après j’ai pu assister de loin à la suite du tabassage alors que plus en plus de personnes se faisaient tirer du groupe. Plusieurs personnes se sont faites traîner au sol par des policiers qui les tenaient par le col, d’autres sortaient de là en ayant des difficultés respiratoires à cause des lacrymogènes et des violences subies. Nous avons assisté à des policiers qui on traîné une personne inconsciente au sol et qui n’ont pas vérifié son état ou même s’il était en vie pendant de longues minutes, pendant qu’un des chiens policiers tenu par un policier de la brigade canine lui marchait dessus et nous empêchait d’aller lui porter secours.

Encore après, nous avons interpellé les policiers car ils ne portaient pas de matricule ni aucun moyen d’identification. C’est alors qu’un policier m’a intimidé en me défiant de venir lui parler de près, et me regardait avec un sourire en me disant que si j’étais un homme je viendrais me battre avec lui, en parlant de mes camarades qui se tenaient entre lui et moi comme des “gonzesses” derrière lesquelles je me planquais.

J’ai pleuré, choqué, à plusieurs moments de la journée qui a suivi, et trois jours plus tard mon poignet droit est encore gonflé et mon dos est encore raide des coups que j’ai subis. La médecin qui m’a vu a l’hôpital m’a mis une indisponibilité au travail du 17 octobre au 21 octobre et a bien constaté que mon récit des évènements coïncidait avec les blessures que j’avais.”

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Expulsion de Zone Neutre, 17 octobre 2025
A. “L’un d’eux frappait à répétition le dos et les fesses d’une personne qui était attachée à la porte et incapable de s’extraire”

“Square de l’aviation, à Bruxelles, vendredi 17/10/25. Nous nous tenions devant l’occupation “zone neutre”, dans laquelle vivaient 70 personnes dont 15 enfants, que la police menaçait d’expulsion alors qu’une solution pour les loger avait été trouvée par la commune et qu’iels demandaient simplement un délai avant de pouvoir y avoir accès.

Vers 10h du matin, la police a chargé. Je me tenais pacifiquement dans la foule, je tenais les bras de mes camarades. La police nous a gazé à bout portant, à répétition, jusqu’à ce que je pense vomir et que je ne puisse plus ouvrir les yeux ni respirer. Elle a dirigé le canon à eau sur nous, à seulement quelques mètres de distance. J’entendais les camarades hurler, je voyais les policier matraquer celles et ceux à ma gauche. L’un d’eux frappait à répétition le dos et les fesses d’une personne qui était attachée à la porte et incapable de s’extraire. On lui hurlait qu’il était attaché mais cela ne cessait pas. J’ai vu le bras d’un policier passer entre nos visages pour nous gazer au plus proche, j’ai fermé les yeux et j’ai senti un coup de matraque sur ma cuisse. La police nous poussait violemment, tentait de nous arracher les uns aux autres et matraquait tout en usant de gaz lacrymogène en continu.”

Expulsion de Zone Neutre, 17 octobre 2025
P. : “J’ai été visé directement au visage par un jet de pepperspray alors que j’étais immobile et tournais le dos aux policiers.”
“Je peux témoigner du recours injustifié et non provoqué à la violence, de la part de la police, dès la première minute de l’intervention. La police a directement encerclé les manifestants. J’ai vu des policiers anti-émeute rouer de coups de matraques les manifestants groupés devant le bâtiment, notamment en les frappant au visage, alors qu’ils ne pouvaient pas fuir ni s’esquiver.  Certains de ces soutiens tenaient une banderole, les policiers ont tapé à l’aveugle à la matraque par-dessus la banderole, au niveau des visages. Des manifestants ont été extraits du groupe par la police, jetés à terre et frappés à terre bien que maîtrisés, à l’aide de matraques et des pieds.

Quasiment tous les manifestants ont été ciblé à courte distance, parfois à quelques dizaines de centimètres, souvent directement au visage, par des jets de spray lacrymogène.

J’ai personnellement été touché directement au visage par un jet de pepper spray alors que j’étais immobile et tournais le dos aux policiers.”
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Expulsion de Zone Neutre, 17 octobre 2025
B. : “Ce qui m’a le plus marqué, c’est le regard de certains policiers : ils étaient face à nous, soutenaient le regard, et celui-ci était plein de haine et de violence”

“J’étais à un rassemblement pacifique en soutien au collectif Zone Neutre, qui occupait un bâtiment inoccupé Square de l’Aviation, à Anderlecht. Nous étions entre 200 et 300 manifestants pour soutenir les occupants et essayer d’empêcher l’expulsion. Nous avons formé une « chaîne humaine » (en nous tenant par les bras) autour du bâtiment.

La police est arrivée vers 10:30, en nombre : deux autopompes, plus de cinquante policiers anti-émeute. Les policiers se sont directement approchés de nous. Il y avait une grande banderole entre la police et les manifestants. Les policiers ont commencé à nous pousser (alors que, derrière nous, il y avait le mur de l’immeuble), à nous frapper avec des matraques (principalement en visant la tête), et à utiliser le pepper-spray (plusieurs fois à moins de 15 cm des visages). L’autopompe a été utilisée au moins deux fois.

Environ dix minutes plus tard, la banderole a été arrachée et les policiers se sont retrouvés face à nous ; j’étais à moins de 20 cm d’eux, uniquement séparé par le bouclier. Ils ont continué à nous pousser et à nous demander de reculer alors qu’il y avait toujours l’immeuble derrière nous.

Encore une fois : usage du pepper-spray (certains policiers toussaient à cause de celui-ci), insultes, intimidation et pluie de coups de matraque. Alors qu’on était serrés et poussés, et que j’étais dos au cordon de policiers, j’ai été frappé violemment deux fois sur le crâne (plus un troisième coup « raté » sur l’épaule).
J’ai commencé à saigner du crâne. Je l’ai signalé aux policiers, mais aucune réaction, si ce n’est de continuer à me pousser. Ensuite, j’ai été agrippé par le bras par un policier, qui m’a sorti du groupe de manifestants. Je suis tombé au sol, derrière le premier cordon de policiers. J’ai essayé de me relever, mais un policier m’a repoussé au sol en me criant de « dégager ».

Finalement, un policier (qui n’était pas en tenue anti-émeute) m’a relevé et emmené plus loin, derrière le deuxième cordon de policiers. Il m’a emmené en me tenant fermement par le bras, en me poussant, de façon agressive et autoritaire, sans se soucier du fait que j’avais le crâne en sang.

Sur le côté, j’ai été pris en charge par d’autres manifestants. Quelques minutes plus tard, j’étais assis à environ 30-40m du bâtiment concerné, avec un autre manifestant, quand des policiers sont arrivés et nous ont demandé de reculer et de partir. Nous avons précisé que j’étais blessé et qu’on attendait que j’aille mieux pour partir, mais l’un des policiers n’a rien voulu entendre et a donné un coup de matraque au camarade qui était avec moi. Le policier a dit qu’on n’avait qu’à « aller à l’hôpital si ça n’allait pas » (sur un ton méprisant, sans aucune empathie).

Ensuite, je suis parti et je suis allé à l’hôpital : cinq points de suture, mal de crâne, fatigue. Ne travaillant pas les vendredis et les lundis, le médecin ne m’a pas mis en arrêt de travail, mais m’a demandé de revoir mon médecin traitant le lundi suivant. C’est ce que j’ai fait, et celui-ci m’a mis en arrêt maladie pour une semaine, car j’ai une commotion (symptômes : fatigue, mal de tête, sensibilité à la lumière, nausée).

Je considère que les moyens utilisés étaient disproportionnés et l’intervention violente. Les policiers étaient particulièrement agressifs (insultes : « dégagez », « barrez-vous », « sales gauchos ») et ont instauré un climat de peur, de stress et de tension, non nécessaire. Ils ont frappé violemment les manifestants, principalement en visant la tête. Usage intempestif du pepper-spray, près des visages. À aucun moment, ils ne se sont souciés des blessés.

Ce qui m’a le plus marqué, c’est le regard de certains policiers : ils étaient face à nous, soutenaient le regard, et celui-ci était plein de haine et de violence. J’ai vraiment eu le sentiment qu’ils étaient là pour se défouler.”

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Expulsion de Zone Neutre, 17 octobre 2025
E. : “Je n’arrivais plus à trouver de l’air frais. Je n’arrivais plus à bouger non plus, étant donné que les policiers nous poussaient contre le mur”

“Ce témoignage reflète mon expérience, ce que j’ai vécu, et je l’écris tout en me rendant bien compte que chacun.e a pu expérimenter les évènements différemment.

Je me suis placée avec mes camarades dans le groupe entre la porte d’entrée principale et le château gonflable après l’annonce de l’arrivée de la police. Nous formions trois rangées de personnes, rangées derrière la grande banderole en plastique qu’une dizaine de personnes maintenait droite. Nous nous tenions bras dessus dessous afin de créer un bloc compact. Quelques minutes avant l’arrivée de la police nous chantions et dansions encore, sur Diams et Stereo Love.

Nous avons ensuite vu au loin des dizaines de policiers débarquer en courant, en file, en provenance de la R20 en face du square, ainsi qu’une dizaine de camions de police et de deux autopompes. La tension a commencé à se faire sentir dans notre bloc, et quelques personnes ont quitté le bloc en s’excusant, à la vue d’un tel dispositif, auquel nous ne nous attendions manifestement pas. Une trentaine de policiers se sont ensuite placés face à nous, en une rangée, en équipement complet : casque blanc avec visière, matraques, protections en plastique sur tout le corps.

Ils sont restés quelques minutes face à nous dans cette position, en s’échangeant des informations entre eux, probablement sur la manière dont ils allaient procéder. Ils ne nous ont pas adressé la parole, pas sommé de quitter les lieux. Ensuite tout est allé très vite, ils nous ont foncé dessus en un coup, tenant leurs boucliers devant eux, et nous nous sommes toustes avancé.es pour soutenir les camarades à l’avant du bloc. Etant plus à l’arrière du groupe j’ai pu observer les coups de matraque fondre sur les personnes à l’avant, à la tête, sur les bras, le torse, et sur les jambes, provenant d’au moins 5 policiers différents.

Les policiers tiraient sur la banderole, essayant de nous l’arracher. Un premier coup d’autopompe a été tiré par la gauche, nous obligeant à nous retourner et à nous recroqueviller. Du gaz lacrymo a également été propulsé sur notre groupe, l’air devenant vite irrespirable. Je dirais qu’au bout d’un certain moment, nous étions moins de personnes, et il n’y avait plus de banderole, et les policiers nous ont complètement encerclés, et ont commencé à nous pousser contre le mur directement avec leurs boucliers, en criant « en avant, en avant » ou bien « on pousse » je ne me rappelle plus exactement.

Ça a été le moment le plus paniquant. Le gaz continuait d’être propulsé et une fille dans notre groupe tentait de se frayer un chemin à l’arrière pour quitter ce qui était devenu une nasse, car elle ne voyait plus rien à cause du gaz. On a dû l’aider à monter sur un rebord du mur du bâtiment car la pression exercée par la police ne nous permettait même plus de lui laisser un passage. Devant moi, en première ligne, un homme avait le crâne ouvert, je le voyais, et il avait du sang qui coulait le long de son cou. Il touchait son crâne avec sa main et elle était aussi pleine de sang, alors il l’a montrée aux policiers devant lui en demandant « vous voyez ce que vous avez fait, vous trouvez ça normal ? ». Aucune réaction des policiers qui le regardaient pourtant.

J’ai ensuite senti une deuxième grande dose de gaz lacrymo être propulsée sur nous, et là je n’arrivais plus à trouver de l’air frais. Je n’arrivais plus à bouger non plus, étant donné que les policiers nous poussaient contre le mur. Plusieurs personnes ont crié autour de moi « laissez-nous sortir, laissez-nous passer ». Quand je n’ai plus réussi à respirer correctement j’ai aussi crié « laissez-nous passer », et j’ai été prise d’une grande panique car rien ne bougeait. J’ai réussi à atteindre l’épaule d’un policier qui était en diagonale de moi, je l’ai poussée et je lui ai crié « laissez-nous sortir », il m’a regardée mais n’a rien fait, donc il savait très bien ce qu’ils faisaient en nous nassant de la sorte.

À un moment donné une personne devant moi a su se frayer un passage entre les policiers et avec trois ou quatre autres personnes nous nous sommes faufilés, recroquevillés, en courant, hors de la nasse. J’étais complètement choquée. J’ai ensuite observé de loin comment une personne par-ci, une personne par-là, sortait de la nasse : soit trainée par des policiers, dont une par le col de sa veste, littéralement jetée plus loin par un policier, soit en se frayant un passage entre la ligne de policier, en courant, et trébuchant pour plusieurs, dont un homme qui avait le crâne et une partie du visage en sang, qu’on peut apercevoir sur une vidéo que j’ai prise que je vous attache à ce mail.

Le groupe pris dans la nasse diminuait, et la police avançait vers une porte d’entrée du bâtiment à laquelle au moins deux personnes s’étaient armlockées. J’ai aussi pu observer une femme qui ne semblait plus pouvoir voir du tout à cause du gaz lacrymo, être « escortée » par un policier hors de la zone maintenue vide par des policiers autour de la nasse. J’ai déjà lu plusieurs médias le mentionner et c’est vrai qu’un policier lui tenait le bras et l’éloignait de la zone, mais il ne l’a fait qu’après qu’elle se soit retrouvée assise, seule, le visage dans les mains, juste derrière la ligne de policiers qui encadraient la nasse, comme on le voit sur une autre vidéo que je vous attache à ce mail. J’ai ensuite essayé de passer la ligne de policiers qui s’était formée, coupant le square en deux, pour rejoindre des camarades qui étaient de l’autre côté de la R20, mais un policier m’a repoussée avec son bouclier, nous empêchant de circuler librement.”

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Grève des enseignants – Action en Front commun, Bruxelles
A.F. : “j’ai été victime de violences le 14 octobre bien après la fin de la manifestation en me dirigeant vers mon tram. Je ne voulais plus vivre ça”

“Rassemblement qui rassemblait majoritairement des enseignants et collectifs d’étudiants. Environ 700 personnes ont pris la rue sous forme de cortège lent de manière pacifiste sous le regard de policiers dont certains géraient même la circulation de manière à ce que tout se passe en sécurité.

Nous attendions les permanents de syndicats reçus par la ministre et la police anti-émeute s’est placée devant le bâtiment. Le bruit a couru que la police allait “agir”. Le rassemblement a alors commencé à se dissoudre.

J’ai pris mon vélo, embrassé les camarades et alors que nous nous quittions, les policiers ont violemment chargé, nous poussant contre les barrières surplombant la petite ceinture. Nous n’étions plus très nombreux et ne bloquions plus la circulation depuis un bon moment. Une partie d’entre nous ont été bousculés et pris en nasse. Certaines personnes ont reçu des coups de boucliers et de matraques.

J’ai crié fortement que j’allais manger avec une amie pour sortir de cette nasse. Il faut dire que j’ai été victime de violences le 14 octobre bien après la fin de la manifestation en me dirigeant vers mon tram. Je ne voulais plus vivre ça.

Un policier m’a laissé partir avec mon amie. Les autres personnes ont été bloquées là un long moment avant d’être dirigées de façon musclée vers des fourgons plus loin où notre visibilité était rendue difficile. Des policiers ont violenté un cycliste qui filmait et tentait de prendre des nouvelles de son amie prise au piège également. Les personnes interpellées ont été mises à l’écart sans communication sur le motif de leur arrestation autre que le fait qu’il était 11:30 au lieu des 11h annoncées pour la fin du rassemblement.

Nous restions bloqués par une ligne de policiers jouant avec leur matraque de manière intimidante. Les autres personnes bloquées près des fourgons ont été prises en photo avec leur carte d’identité. La police justifie dans les médias son intervention par le fait que la circulation ait été bloquée sans autorisation et par le fait que nous n’ayons pas quitté les lieux à 11h. Je me demande pourquoi la police ne nous a rien dit pendant notre petit cortège et n’a pas agi à ce moment pour attendre le moment où on se dit au revoir et que nous ne sommes plus qu’une poignée ? Nous n’avons pas désobéi ! Pour moi, il s’agit d’une répression inutile et très choquante à nouveau.”

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ANALYSE

Les chiffres ci-dessous seront actualisés régulièrement au fil des nouveaux témoignages que l’on recevra et des réponses obtenues de nos répondant.e.s.

Ces chiffres sont loin de refléter l’entièreté du drame qui s’est déroulé le 17 octobre dernier :

Si vous connaissez des gentes qui ont été battues ou qui en ont vu d’autres se faire battre, demandez-leur de témoigner ici : https://voices.obspol.org/esolu/victim.php

Répression du 17 octobre 2025 : les profils

Profil des victimes des brutalités policières du 17 octobre contre les occupant.e.s et les soutiens du collectif Zone Neutre au moment de leur seconde tentative d'expulsion du square de l'Aviation à Anderlecht
Genre
Femme2
LGBTQ+1
Homme3
Tranche d’âge
14-15 ans
16-17 ans
18-30 ans5
31-50 ans1
51-70 ans
70+ ans
Exposition
militant.e associatif.ve1
militant.e politique4
militant.e syndical.e
militant.e religieux.se
aucun engagement particulier2
Presse

Répression du 17 octobre 2025 : les violences physiques

Typologie des violences physiques policières du 17 octobre contre les occupant.e.s et les soutiens du collectif Zone Neutre au moment de leur seconde tentative d'expulsion du square de l'Aviation à Anderlecht
Arrestation
Détention
Bousculade / projection5
Plaquage ventral mise à plat-ventre / décubitus ventral1
“Pliage” (maintien d’une personne en position assise, la tête appuyée sur les genoux)
Clés aux bras douloureuses
Coups de pieds, coups de poings, gifles4
Pied/genou sur la nuque, le thorax ou le visage
Coups à terre ou alors que la victime est maîtrisé.e2
Coups sur les oreilles
Étranglement
Doigts retournés
Arrosage7
Morsures de chien
Tirage par les cheveux
Serrage douloureux des colsons ou des menottes
Tirage par les colsons ou des menottes
Sévices sexuels1
“Tamponnage » / “Parechocage“ (percussion par un véhicule de police)
Usage de gants
Usage d’arme à feu
Usage de "Bean bags" (un sac de coton contenant de minuscules billes de plomb)
Usage de FlashBall
Usage de grenade assourdissante
Usage de grenade de désencerclement
Usage de grenade lacrymogène
Usage de LBD40
Usage de matraques7
Usage de spray lacrymogène7
Usage de Taser
Usage de tranquillisants
Expulsion
Disparition
Serrage du visage
Marcher sur les jambes

Répression du 17 octobre 2025 : les violences psychologiques

Typologie des violences psychologiques policières du 17 octobre contre les occupant.e.s et les soutiens du collectif Zone Neutre au moment de leur seconde tentative d'expulsion du square de l'Aviation à Anderlecht
Accusation de trouble à l'ordre public
Accusation d’entrave à la circulation
Accusation de rébellion
Accusation de coups à agent
Accusation de manque de respect
Accusation de menace à agent
Accusation d'injure à agent
Accusation de manque de respect
Accusation de refus d'obtempérer
Agressivité, manque de respect, insultes5
Intimidation, chantage, menaces5
Contrôle d’identité à titre vexatoire ou d’intimidation
Intimidation ou arrestation des témoins
Obstacle à la prise d’images1
Appels à faire cesser les souffrances restés sans effet2
Position inconfortable prolongée
Non-assistance à personne en danger2
Prise de photos, empreintes, ADN
Menace avec une arme de poing
Tir dans le dos
Charge sans avertissement4
Nassage (enfermement de manifestants dans une souricière)2
Course-poursuite
Propos sexistes1
Propos homophobes
Propos racistes
Intervention dans un lieu privé1
Problèmes de santé mentale
Harcèlement
Fouille
Perquisition
Violences de la part de collègues policiers
Passivité des collègues policiers1
Défaut ou refus d’identification des policiers5
Refus de prévenir ou de téléphoner
Refus d’administrer un éthylotest
Refus de serrer la ceinture pendant le transport
Refus d’acter une plainte
Refus de soins ou de médicaments
Mensonges, dissimulations, disparition de preuves1
Déshabillage devant témoins de l’autre sexe
Flexions à nu devant témoins
Insuffisance ou absence de surveillance pendant la détention
Absence de signature du Registre des effets personnels lors de la détention
Privations pendant la détention (eau, nourriture)
Conditions sanitaires inappropriées pendant la détention (température, hygiène, lumière)
Confiscation, détérioration, destruction des effets personnels1
Pression pour signer des documents
Absence de procès-verbal1
Complaisance des médecins

Répression du 17 octobre 2025 : les suites

Les conséquences des violences exercées lors des charges policières du 17 octobre contre les occupant.e.s et les soutiens du collectif Zone Neutre au moment de leur seconde tentative d'expulsion du square de l'Aviation à Anderlecht
Incapacité 1-3 jours
Incapacité 4-7 jours4
Incapacité 8-14 jours
Incapacité 15-21 jours
Incapacité > 22 jours
Plaies à la tête ou au visage3
Plaies aux membres2
Trauma crânien / commotion cérébrale
Contusions aux membres4
Contusions au dos1
Contusions au torse
Suivi psychologique

Vidéo : Belga – MAX LOHEST

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Action

14.10.2025 – Blocages et grève nationale : le fil d’info de Secours Rouge

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TÉMIGNAGES REÇUS
Manif Grève nationale du 14 octobre – Bruxelles
T. : “Ses collègues veulent m’attraper, me giflent au visage et me crient dessus”

“Nous marchions tranquillement en nous éloignant des policiers car nous ne pouvions pas passer par la rue bloquée par ces derniers lorsqu’un policier en civil avec un bandeau rouge sprinte sur mon ami, je m’en rend compte lorsque le policier est à 2 mètres de lui c’est évidemment trop tard, il l’attrape et le plaque violemment au sol avant de le restreindre ventre et face contre sol avec un genou sur le dos. Ses collègues veulent m’attraper, me giflent au visage et me crient dessus mais je leur échappe.

Nous sommes 8 heures après l’événement toujours sans nouvelles de notre ami..”

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Manif Grève nationale du 14 octobre – Bruxelles
S. : “Ils m’ont ensuite frappé à la tête une fois et poussé à terre et donné 12 coups de matraque”

“Nous marchions pour rentrer vers la gare centrale de Bruxelles quand la police est arrivée en courant pour nous pousser, un ami s’est fait frapper sans aucune raison et je l’ai défendu, ils m’ont ensuite frappé à la tête une fois et poussé à terre et donné 12 coups de matraque jusqu’à ce que deux de mes collègues m’aident à me relever pour m’enfuir car ils ne comptaient pas s’arrêter là.

Mon ami et collègue a une grosse commotion cérébrale et un de mes collègues a pris des coups dans les jambes en m’aidant à me relever. J’ai de multiples hématomes, une légère commotion et peut-être un doigt cassé.

J’ai déjà fait constater mes blessures par mon médecin. Nous ne voulions en aucun cas casser ou provoquer, nous étions là en paix avec mes collègues et tout se passait bien pour nous jusqu’à ce que la police arrive et nous gaze au début pour nous frapper à la fin alors que ne faisions que partir.

Nous avons des photos de nos blessures et des témoins qui nous ont aider après l’altercation.”

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Manif Grève nationale du 14 octobre – Bruxelles
D. :”Some people we were screaming from the balcony and two policemen threatened me twice”

“I opened the windows on my balcony and it was the apocalypse. Helicopter flying on the area. Policemen in riot gear blocking the square, there is also a water-cannon van. Policemen in disguise arresting people indiscriminately (what was the crime? Being in a square?). Intense violent scenes when the police charges, both riot police and the ones in disguise. Not a single ID number on policemen. After 30 minutes still full of police, with some people we were screaming from the balcony and two policemen threatened me twice.

On the square there was the blood of a protester they hit super hard multiple times and then arrested. We screamed from balconies (all the neighbours!) to call the paramedics but they didn’t.

Protesters were peaceful, they attacked with no reason. After charging a couple of times they left, a big group of protesters left to dance and play drums on the other side of the square.”

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Manif Grève nationale du 14 octobre – Bruxelles
L. : “Ils m’ont signalé mon arrestation administrative après plusieurs heures de détention.”

“Ce mardi 14 décembre, en ramenant un ami gare du midi, je vis un gamin, ayant la tête entre le pavé et le genou d’un agent en civil. Ceux-ci n’étaient pas porteurs d’identification, pourtant requise par la « Loi du 4 Avril 2014 modifiant l’article 41 de la loi sur la fonction de police du 5 août 1992, en vue de garantir l’identification des fonctionnaires de police et agents de police tout en améliorant la protection de leur vie privée ». Après leur avoir vigoureusement signalé ce fait, l’agent en civil s’est écrié « Qu’est-ce tu m’as dit, connard ? » suivi de « On le choppe l’enculé ».

La suite est documentée sur l’extrait video ci-jointe. Malgré ma coopération et mon petit gabarit, ils se sont mis à deux pour me maîtriser. Ma tête fut frappée contre le sol par le genou de l’agent en civil. Ils ont utilisé des liens en plastique, me coupant la circulation sanguine.

Je rejoins la jeune personne au sol. Vint ensuite un homme, la face couverte de sang, le crâne ouvert par un coup de matraque. Nous fûmes rejoints par une personne au visage tuméfié. Plusieurs personnes m’ont rapporté s’être faites violenter par les policiers.

L’un d’eux me confiait que la police lui appliquait directement le CS dans les yeux, en poussant leurs doigts dans les globes oculaires. Ils n’ont donne aucune information à ma femme ni à mes camarades. Ils nous ont laissés en cellule pendant douze heures. J’ai eu droit a UN gobelet d’eau à moitié plein. Ils m’ont signalé mon arrestation administrative après plusieurs heures de détention.”

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Manif Grève nationale du 14 octobre – Bruxelles
L. : “Sur le trajet l’un me dit qu’il aime tabasser ‘Les fils de putes dans mon genre'”

“j’ai été victime de violence policière à la manif du 14/10 à la Porte de Hall vers 15:00. Un groupe de policiers en civil avec brassard mais masqués rôdait sur la chaussée, au niveau de l’Avenue Henri Jaspar 115. Je les filmais de loin depuis le parc (au niveau du petit terrain de foot). Ils m’ont vu et ont commencé à se rapprocher. J’ai donc circulé sur le boulevard de Waterloo vers la gare du midi, avec un policier (en civil, masqué) dans mon dos qui me suivait de manière agressive, donc je me mets à filmer tout en continuant de marcher vers la Porte de Hal; je filmz celui derrière moi et les autres qui arrivent de devant pour m’encercler.

À ce moment celui dans mon dos m’attrape violemment par la nuque, me dit “Avec ton téléphone de merde là !” et me met 2-3 coups à la tête. Je me protège la tête et me mets à courir, mais me fais encercler par le reste du groupe de policiers en civil (masqués).

Au croisement avec la rue Héger Bordet, je me fais balayer par un agent et mettre au sol collé aux buissons du parc de la Porte de Hal. Une fois au sol, un des agents me met un coup de poing au visage (j’ai un bleu au nez et un morceau de dent cassé) et me dit “Tu te souviens de moi à la Bourse”, par apport aux rassemblements quotidiens à la Bourse de Bruxelles en soutien au peuple palestinien auxquels je participe souvent. Évidemment je ne le reconnais pas mais lui, si. Lui ou un autre m’arrache mon téléphone des mains et me le vole.

Au sol, on me fait une clé de bras et on me menace de me faire mal si je bouge. Pendant qu’on m’attache les mains avec des colsons et qu’on place un genou sur ma tête, d’autres manifestants se rapprochent pour filmer mais une ligne de policiers avec boucliers arrive les repousser vers la porte de Hal.

À partir de ce moment, 2 policiers (en civil, masqués) me prennent et me traînent à pied jusqu’à l’avenue de la Toison d’Or 87; sur le trajet l’un me dit qu’il aime tabasser “Les fils de putes dans mon genre”. Je demande qui est le policier qui m’a volé mon téléphone, ils me répondent qu’ils ne savent pas.

J’ai été embarqué dans un fourgon, et puis mis en garde à vue au commissariat de X. jusqu’à tard dans la nuit. Nous étions une vingtaine en cellules, tous arrêtés en proximité de la manifestation, tous ayant subi des violences policières.”

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Manif Grève nationale du 14 octobre – Bruxelles
P. : “Vous êtes tous les mêmes. Vous ne travaillez pas. Vous ne vous lavez pas. Même mon chien sent meilleur que vous.”

“À la manifestation nationale du 14 octobre 2025, devant l’Office des Étrangers à Bruxelles, j’ai reçu des coups de matraques à la main droite et sur le crâne, et d’autres coups, avant d’être violemment arrêté et emmené dans un parking où j’ai été victime et témoin de violences, de menaces et d’humiliations. Après un passage en cellule, j’ai été emmené à l’hôpital d’où je suis ressorti avec un plâtre – double fracture à la main droite.

Devant l’Office des Étrangers, je tenais une banderole. J’ai aperçu une ligne de policier·es en armures, une vingtaine de mètres plus loin. Des lacrymogènes se sont répandus. Il était difficile de garder les yeux ouverts, ça piquait. La panique s’est emparée des gens autour de moi. J’ai suivi un petit groupe qui s’est réfugié entre deux véhicules.

J’ai vu les policier·es qui arrivaient vers nous en brandissant leurs matraques. À côté de moi, une dame en vert, sans doute une syndicaliste de la CSC, avait l’air terrorisée. J’ai essayé de la protéger en me mettant entre elle et la police, et j’ai mis mes main en parapluie au dessus de sa tête. J’ai reçu un violent coup de matraque à la main droite. Les policier·es ont reculé, puis sont revenus pour frapper à nouveau. J’ai reçu plusieurs coups de matraque sur le crâne.

Je suis tombé assis sur le sol, sonné. Ma main droite me faisait très mal. Un homme avait le crâne ouvert et beaucoup de sang sur son visage. Plusieurs policier.es m’ont donné des coups de pied aux tibias, puis m’ont traîné par terre sur plusieurs mètres en tirant sur la capuche de mon pull, qui s’est déchirée.

Les policiers m’ont plaqué au sol en me tordant les jambes, ce qui faisait très mal, tout en me criant dans les oreilles. « Alors comme ça on s’attaque à la police ? On envoie des mortiers sur la police ? » Ils m’ont tordu les bras dans mon dos et ont attaché mes poignets avec un coleçon. Ils m’ont tiré par les bras pour me mettre debout dans une position qui m’empêchait de voir devant moi. Tête vers le sol, les bras en l’air, ils m’ont poussé dans une direction. J’ai entendu quelqu’un dire « Où est-ce que vous l’emmenez ? » J’ai eu un sentiment de terreur car j’ai pensé qu’ils allaient continuer à me tabasser à l’abri des regards.

Ils m’ont poussé à l’intérieur d’un parking, puis m’ont forcé à m’asseoir dans la position de « la chenille » derrière cinq-six personnes qui avaient été arrêtées. Une personne avait le visage en sang et une autre qui semblait perdre connaissance. D’autres personnes ont été assises derrières moi, dont une qui hurlait de douleur et demandait de l’eau. La policière qui nous surveillait a refusé de lui en donner. Plusieurs militant·es ont réclamé un médecin pour s’occuper des blessé·es. Un policier s’est appliqué à resserrer les coleçons aux poignets de chaque personne, malgré les protestations et les cris de douleur. Nous recevions des quolibets, des moqueries et des insultes, et celleux qui osaient répondre étaient giflé·es. Nous sommes resté·es plusieurs heures dans la position de la chenille et j’ai perdu la notions du temps.

Un policier a essayé de nous intimider : « Vous allez tous aller directement au tribunal. Nous savons tout ce que vous avez fait, car parmi vous il y a des nôtres, qui filment tout. »

Des ambulanciers sont arrivés et ont demandé à chaque personne si elle avait mal quelque part. J’ai dit que j’avais mal à la main, et l’ambulancier a répondu que ce n’était qu’une égratignure. Plusieurs personnes ont été emmenées par les ambulanciers pour être soignées, y compris celle qui était juste devant moi dans la chenille, qui avait mal aux côtes.

Pendant ces longues heures passées dans le parking, certaines personnes ont été relâchées ou emmenées par des ambulanciers, tandis que de nouvelles arrestations avaient lieu et que de nouvelles personnes affluaient. Ma main blessée à commencé à gonfler.

Une femme avec des cheveux roses a été giflée à l’instant où elle a été poussée à l’intérieur. L’homme qui était assis devant moi a été giflé lui aussi car il s’insurgeait contre le coup qui venait d’être porté. Une personne (elle avait l’apparence d’un homme, mais j’ai appris plus tard qu’on se referait à elle par le pronom elle) avait le visage ensanglanté. La policière lui a dit « Tu as pleuré comme une pétasse ».

Un policier m’a dit : « Vous vous conduisez comme des animaux, alors on vous traite comme des animaux. » et puis encore « Vous êtes tous les mêmes. Vous ne travaillez pas. Vous ne vous lavez pas. Même mon chien sent meilleur que vous. »

Les militant·es qui avaient leur carte d’identité étaient progressivement relâchées. Je n’avais pas ma carte d’identité. J’ai entendu un autre policier dire à un autre : « On fait quoi de ceux qui n’ont pas leur carte d’identité ? On les balance dans le canal ? »

Nous n’avons pas été balancé·es dans le canal mais dans un bus où nous avons été fouillé·es. J’ai poussé un cri de douleur lorsqu’un policier a tiré sur le coleçon qui serrait mes poignets. Il a demandé ce que j’avais. J’ai dit que j’étais blessé à la main, suite à un coup de matraque. Il m’a répondu que je n’avais qu’à pas mettre ma main sous une matraque.

Nous avons été emmenés à la caserne d’Etterbeek où j’ai été enregistré sous une fausse identité (Benjamin Netanyahu). Une fois en cellule, un militant a demandé un médecin pour son bras et je me suis joint à sa requête. Nous avons été emmenés tous les deux en ambulance et relâchés.

A l’hôpital, on a procédé à une radiographie de ma main droite qui a montré des fractures au niveau des mes troisième et cinquième os métacarpiens. On m’a posé une attelle plâtrée et des amis sont venus me chercher. Des policiers sont apparus dans la salle d’attente des urgences et nous avons soupçonné qu’ils soient venus se renseigner de nos identités auprès des urgentistes.

J’ai actuellement la main droite plâtrée, maintenue par une écharpe de bras, des douleurs lancinantes et l’impossibilité de travailler. Je suis droitier et ma main est mon instrument de travail.

J’ai des crises de tristesse récurrentes, je suis pris par des sanglots incontrôlés. Je suis déprimé et impuissant. Je me sens diminué.”

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Manif Grève nationale du 14 octobre – Bruxelles
C. : “Il avait la gueule cassée, en cellule, la joue gonflée, les bras écorchés, l’œil au beurre noir”

“J’étais le 14 dans la manifestation. Aux alentours de 15 heures, à la gare du midi, des policiers en civils se sont montrés très violents envers des manifestants, mais aussi de simples passants. Les chiens ont été lâchés sur plusieurs personnes, elles ont été mordues. En cellule, il y avait de nombreux camarades avec des blessures commises par la police. Voici les histoires :

Il passait juste dans ma rue, près du parvis de Saint-Gilles, a été intercepté sans raison, étranglé, poing dans la figure, insulté, et lorsque la camionnette cachait la scène, ré-étranglé après avoir entendu “Tiens, regarde ça”. On a failli lui casser le bras.

Il menait un cortège, encourageait la foule à continuer à manifester, et s’est fait alors mettre à terre, par trois policiers, il a reçu des coups de genoux dans la tête et des coups de matraques/poings. Il avait la gueule cassée, en cellule, la joue gonflée, les bras écorchés, l’œil au beurre noir.

Deux camarades ont reçu 5 points de suture au crâne après avoir été frappés sans aucune raison à la tête avec des matraques.

Ce ne sont que trois exemples parmi les nombreux vus et entendus au cours de cette journée sanglante.”

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Manif Grève nationale du 14 octobre – Bruxelles
J. : “Je vais ensuite attendre deux heures pour recevoir six points de suture au niveau de la tête et un autre au niveau du tibia”

“Mon interpellation a été filmée par X. ; on me voit être frappé par 4 policiers en civil alors que je suis à terre !!

J’étais présent lors de la manifestation du 14 octobre à l’arrière du bloc antifa.

A 11h, le cortège s’élance ; nous avançons très lentement, à tel point que nous n’arrivons à parcourir qu’une centaine de mètres en une heure. Arrivés à un croisement, nous empruntons les marches qui nous mènent au boulevard Pacheco, plus précisément à l’Office des Étrangers.

Là, je vois plusieurs manifestants casser les vitres de l’Office. Curieux, je m’approche pour mieux voir ce qu’il se passe, sans savoir que je me dirige droit vers un piège.

J’arrive au niveau de la rue qui borde l’Office des étrangers. Une grenade lacrymogène explose pas très loin de moi, signe que la police s’apprête à investir les lieux. Je m’écarte du nuage de lacrymogène qui attaque déjà mes voies respiratoires et tente de fuir les lieux. En vain. Une nasse est en train de se former et l’étau est déjà refermé sur le groupe de manifestants dont je fais partie.

Ce même groupe va s’entasser entre deux camionnettes pour fuir le nuage de gaz qui se répand petit à petit. Je manque de m’étouffer dans cette grande bousculade. Il me vient une idée : la nasse est toujours en train de se former, ce qui veut dire qu’il existe encore des points de fuite.

Ainsi, je quitte le groupe de manifestants entassés entre les deux camionnettes. Je cours, cherchant une issue que je crois trouver au bout de la rue. Je cours vers cette échappatoire. Malheureusement, une poignée de policiers en civil se pointe, brassards au bras, sans matricule, armés de matraques. Ils me poursuivent en criant.

Je fais machine arrière pour tenter de rejoindre le groupe de manifestants. Je n’y arrive pas. Je suis rattrapé par 4 policiers en civil qui me plaquent par terre, me donnent des coups de matraques, de pieds et poings partout sur le corps, en particulier la tête qu’ils visent avec insistance.

Je suis tabassé pendant une poignée de secondes où je vais être insulté de “fils de pute” avant d’être mis sur le ventre. Je reçois encore quelques coups. Les policiers me mettent ensuite les mains derrière le dos, me relèvent pour m’emmener vers un parking.

Nous entrons. Je suis courbé en deux, je ne peux donc pas voir les personnes présentes dans le parking. J’entends par contre des cris – de douleur, à en juger l’intonation.

On me jette par terre. Je suis face contre sol. Mon arcade sourcilière droite est pétée et j’ai une entaille de cinq centimètres au niveau du crâne. Ainsi, je saigne abondamment sur le béton.

Je crois un instant que la violence est finie, que le pire est passé. Je comprends l’inverse quand l’un des policiers me met son pied sur la nuque. Son collègue va ensuite me tabasser le visage à coups de pieds. À ce moment-là, je me rends compte qu’il y a d’autres manifestants également en train d’être passés à tabac par des flics en civil – les plus violents de tous. J’ai alors une réflexion, peut-être disproportionnée, mais légitime : ils nous ont trainé à un endroit à l’abri des regards pour nous tabasser à mort, je vais mourir.

Mais là, on me passe les menottes et je suis placé dans une rangée de manifestants. Je réalise l’ampleur des dégâts : le mec derrière moi s’effondre quelques fois sur le béton, en pleine commotion cérébrale ; un autre a la moitié du visage en sang, manque de s’évanouir ; d’autres ne parlent même plus, traumatisés par l’expérience qu’ils viennent de vivre.

Nous allons attendre une heure et demie dans ce parking avant d’être menés aux urgences.

Une heure et demie à se faire menacer par les flics qui nous disent qu’on va en garde-à-vue judiciaire, qui nous reprochent d’avoir violenté un enfant – qui, en réalité, a été gazé par des flics. Nous ne recevons que très rarement de l’eau, au bon vouloir des flics qui ne se préoccupent pas de notre état.

Heureusement, des urgentistes sont venus pour assigner certains blessés aux urgences. Je vais en faire partie.

Après une heure et demie donc, nous sortons du parking pour être mis dans un van de police. Il nous emmène ensuite vers l’hôpital. Nous sommes pris en charge l’un à la suite de l’autre, lentement. Je vais sortir du van après une heure pour enfin être pris en charge par les urgentistes qui vont m’appliquer un bandage et me donner un antidouleur.

Je vais ensuite attendre deux heures pour recevoir six points de suture au niveau de la tête et un autre au niveau du tibia.

Depuis, j’ai un suivi psychologique et souffre d’un état de stress post-traumatique.”

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Manif Grève nationale du 14 octobre – Bruxelles
A.F. : “Visage et yeux en feu, en pleine crise d’angoisse, entre les frissons et les vomissements, je n’étais pas capable de me lever pour fuir les lieux”

“Je suis enseignante et ce mardi, j’ai manifesté à Bruxelles au côté de milliers de personnes. J’étais d’abord accompagnée de collègues puis j’ai rejoint des travailleurs et militants d’un mouvement sociopédagogique. La marche de Rogier à la gare du Midi s’est déroulée dans la bonne humeur. J’ai bien remarqué que ça chauffait un peu devant l’Office des étrangers Boulevard Pachéco mais nous ne nous sommes pas arrêtés et avons poursuivi notre route.

Arrivés à la gare du Midi, nous avons décidé de nous poser en terrasse pour partager un verre avant de nous quitter. Vers 16:00, on se dit au revoir. Certains partent en direction de leur train. Nous sommes encore 5. L’une de nous va prendre un vélo partagé et nous l’accompagnons voir s’il y a en a un disponible. Non.

Nous apercevons alors quelques policiers en tenue d’intervention (casque, bouclier, matraque). Je ne comprends pas pourquoi ils sont là à marcher vers la gare. Je me dis qu’ils s’assurent sans doute que tout le monde parte. Je prends une photo et me retourne pour aller prendre mon tram et puis là, tout a été très vite.

J’ai juste le temps de voir un policier au sol en train de recevoir des coups de plusieurs personnes. Je suis projetée au sol par un coup de matraque reçu dans mon dos. Mon téléphone se retrouve quelques mètres plus loin. Il est ramassé par un jeune gars masqué que j’interpelle. Il me le rend. Puis comme un tourbillon… Je ne comprends pas ce qui m’arrive. Je me retrouve les yeux et le visage en feu, couchée à l’entrée de la gare.

On peut voir sur une vidéo des gens passer et des policiers (matraque à la main) sans rien faire. Heureusement le collègue de mon amie m’a vu et est venu à mon secours. Les personnes avec qui j’étais ont pris soin de moi pendant 1 heure environ.

Visage et yeux en feu, en pleine crise d’angoisse, entre les frissons et les vomissements, je n’étais pas capable de me lever pour fuir les lieux. Deux soignants sont ensuite venus. Une jeune fille masquée est restée à mes côtés pendant un certain temps. Elle a dit que j’avais reçu plusieurs coups de matraque et gazée par un policier.”

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Manif Grève nationale du 14 octobre – Bruxelles
R. : “Un autre me rentra dedans, ce qui me fit tomber en arrière, la tête la première sur une barrière”

“Le 14 octobre dernier, j’ai participé à la manifestation nationale de Bruxelles, accompagnée de mes amis. Au début de l’après-midi, je me suis retrouvée bloquée avec d’autres manifestants dans une rue. Une ligne de policiers avançait vers nous avec un canon à eau et des bombes lacrymogènes. Cela nous a contraints à avancer dans le sens opposé.

Tout à coup, certains policiers se mirent à courir après nous et attrapèrent un ami qui m’accompagnait. Ils le jetèrent violemment au sol, et il se retrouva rapidement entouré de cinq policiers. J’accourus, apeurée, vers mon ami que je vis allongé sur le dos, se protégeant avec ses bras des coups de matraques télescopiques portés par les policiers. Mon ami avait les bras en sang et ne se défendait pas ; cela n’empêchait pas les policiers de continuer à le rouer de coups violents, au visage, aux jambes, au torse et à divers autres endroits.

Rongée d’inquiétude et de peur, je suppliais qu’ils arrêtent, que mon ami n’était pas violent. C’est à ce moment-là que je me fis pousser par deux policiers qui me criaient « Dégage ! » à maintes reprises. Puis je fus projetée au sol ; là, je me fis encercler à mon tour et huer de « Dépêche-toi ! », « Avance ! », sans pouvoir me lever car ils m’en empêchaient. Ensuite, deux policiers me tenaient par les bras et me traînaient plus loin. Je fus à nouveau projetée au sol.

J’essayai alors de me relever et demandai au policier d’arrêter de me pousser afin que je puisse m’éloigner sans tomber. Un autre vint alors me bousculer à nouveau, puis un autre me rentra dedans, ce qui me fit tomber en arrière, la tête la première sur une barrière. Je finis en pleurs, incapable de me lever, continuant désespérément d’expliquer, avec le plus de calme possible, mes intentions, qui étaient de comprendre pourquoi mon ami avait été pris pour cible et frappé.

Des personnes ayant vu la scène essayaient de m’aider à me relever, mais à peine s’étaient-elles approchées de moi qu’elles furent aspergées de bombes lacrymogènes par les mêmes policiers, qui continuaient de me hurler dessus. Je pus alors enfin m’éloigner, marquée de coups sur les jambes. Je n’ai eu de nouvelles de mon ami qu’aux alentours de 6 heures du matin, complètement amoché au visage et sur tout le corps.”

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Manif Grève nationale du 14 octobre – Bruxelles
F. : “Plus tard près de la gare centrale un policier en uniforme classique s’inquiétait d’une jeune fille inconsciente au sol. C’est le seul que j’ai vu s’inquiéter pour nous manifestants

“J’étais prise dans la nasse devant l’office des étrangers. Avec deux copains je suivais le cortège de la manif comme d’habitude jusqu’au virage devant le ministère où j’ai entendu crier « Attention gaz ! » et vu tout le monde s’enfuir sans comprendre ce qu’il se passait car je n’avais jamais été confrontée à une telle situation.

J’ai réalisé quand mes yeux et ma gorge se sont mis à brûler, alors aveuglée, je me suis accrochée au sac d’un mec devant moi qui m’a demandé si j’allais bien. C’était un Antifa adorable et prévenant, moi complètement aveuglée il m’a dit que tout allait bien, qu’il ne me lâchait pas et qu’on devait se mettre à l’abri.

J’ai alors ouvert les yeux et vu la colonne de flic nous charger en courant, j’ai à peine eu le temps de me protéger la tête par réflexe que j’ai senti le spray au poivre et les coups de matraque sur ma tête et mon dos tout en étant coincée contre le bus en première ligne. Piégés par les flics je réalise qu’autour de moi les gens sont en état de choc le regard vide et le crâne dégoulinant de sang, mais aussi une immense solidarité, tout le monde s’inquiète pour son voisin, j’entends qu’on se passe des daphalgan, des bandages, du sérum phy, de l’eau. On se rassure les uns les autres et on essaye de se calmer.

Les policiers créent un cordon d’isolement, aucun n’est identifiable par un badge ou autre. Je vois une arrestation musclée devant nous, ils plaquent un gars au sol à 3 policiers, l’écrasent, le menottent, tandis ce qu’un policier relève le gars, un policier en combinaison de combat lu chotte dans le dos pour se défouler.

En face du tunnel, une grande solidarité de la foule qui reste pour nous soutenir et observer et les agissements de la police. Ils font sortir quelques personnes choquées dont un petit garçon pris au piège avec nous. Au pied des flic une jeune fille le crâne ouvert est restée 45 minutes avant qu’ils ne la fassent sortir.

Mon pote veut téléphoner et un des flics lui crient de ranger son téléphone, qu’il n’a pas le droit, qu’il n’a plus aucun droit. À un moment j’ai vu 3-4 personnes de la CSC se placer entre nous et les flics et discuter mais sans plus. Après une heure environ ils nous déplacent de l’autre côté du bus à l’abri des regards de la foule en nous gazant allègrement tout en nous écrasant contre le bus (on était une bonne cinquantaine).

Après 15-20 minutes un camion à eau est passé devant pour disperser le cortège de la manifestation. Ils nous ont gardés coincés de 12:20 à 13:47 et nous ont laissés partir quand le cortège était passé. J’ai tout en images si ça peut aider. Plus tard près de la gare centrale un policier en uniforme classique s’inquiétait d’une jeune fille inconsciente au sol. C’est le seul que j’ai vu s’inquiéter pour nous manifestants.”

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Manif Grève nationale du 14 octobre – Bruxelles
A. : “Un policier a dit à l’autre ‘Assied-le ici’ puis m’a donné un violent coup sur la tempe en ajoutant : ‘C’est pour lui, sa p’tite gueule de merde'”

“Je me suis fait arrêter près de l’office des étrangers à Pacheco ce 14 octobre dans le cadre de la manifestation nationale. Nous nous sommes fait nassés vers 12:30. J’étais habillé en noir. A peine ai-je vu la ligne policière se former devant moi que j’ai senti des coups de matraque dans mon dos. Dans la précipitation, je n’ai pas pu identifier si c’était des robocops, je sentais juste des coups se perdre ici et là, de façon désordonnée (à part leur plaisir de se défouler, je ne comprend pas à quoi servaient ces coups, nous étions déjà nassés, ils ne pouvaient pas ne pas le savoir). J’ai senti le gaz lacrymogène me piquer les yeux. Nous étions entre 2 voitures. J’ai entendu une personne d’un certain âge dire aux policiers : “Monsieur, il y a des enfants !

J’ai senti un policier tenter de me tirer en arrière. Je me suis accroché aux gens autour de moi. Ils m’ont relâché une première fois. J’ai entendu l’un d’eux dire : “On les sors un par un”. Me sentant pris au piège, j’ai sauté dans le tunnel et tenté de traverser. Des policiers m’ont rattrapé alors que j’essayais de m’enfuir. Ils ont crié “Arrestation” en me plaquant au sol. Ils m’ont tordu les bras puis m’ont amené (je pense) derrière leur ligne de policiers. Un policier me maintenait au sol puis le deuxième est revenu et ils m’ont emmené dans un parking (le parking pacheco). Là, j’ai vu une file de personnes assises devant moi (on a été une dizaine de personnes en tout car des personnes sont arrivées après moi) jambes tendues mais je ne connais pas le nombre exact. Ils m’ont fait asseoir et un policier a dit à l’autre “Assied-le ici” puis m’a donné un violent coup sur la tempe en ajoutant : “C’est pour lui, sa p’tite gueule de merde”.

Je prend une ligne pour préciser qu’à partir de ce moment-là, tous les policiers vont tenter de décrédibiliser nos plaintes, considérer implicitement ou explicitement qu’on l’a “bien cherché”, qu’on a été violents avec des gens “juste parce qu’ils sont policiers” et qu’on n’a pas à se plaindre, chialeur.euses que nous sommes qui hurlent “comme des salopes” dés qu’on nous rend la monnaie de notre pièce.

Quand on repliait nos jambes, ils nous forçaient à les garder tendues. À un moment, j’ai laissé la personne devant moi s’appuyer légèrement sur ma jambe pour que ce ne soit pas trop inconfortable. C’est un processus de délégitimisation pour nous décourager de porter plainte ou juste de revenir en manifestation. Je ne vais pas me laisser faire mais je réalise qu’il m’est douloureux de raconter tout ça, notamment parce que j’ai encore en tête leur rhétorique humiliante, déshumanisante et leurs ricanements. Durant un bon moment, les policiers vont frapper quiconque dit quelque chose. Je ne voulais rien répondre parce que je savais que quoique je réponde j’allais me prendre un coup.

Je précise que ces policiers n’avaient rien trouvé contre nous, à part le fait de nous avoir trouvé en noir. Nous avons été laissés seuls avec une policière femme (on repassera pour le sexisme policier mais bon c’est gros quand même, les femmes font “garderie”, les hommes retournent au combat). Quand elle était là, elle nous a aussi humiliés plusieurs fois mais elle ne nous donnait pas de coups quand nous parlions ( je me rend compte que j’en suis presque surpris).

Derrière moi, une personne a dit “Je vais tourner de l’oeil, j’ai besoin d’eau”, la policière a répondu “Il fallait y penser avant”. La personne a dit “J’ai besoin d’eau, vraiment”, la policière a répondu qu’elle n’était pas médecin.

Je lui ai alors poliment fait remarquer qu’elle aurait des problèmes s’il arrivait quelque chose de grave à la personne qui demandait de l’eau ce à quoi elle a finalement répondu qu’elle n’avait pas d’eau. Une personne a indiqué qu’elle en avait et la policière est allé en prendre dans son sac. Elle lui a donné de l’eau.

Régulièrement, des policiers revenaient dans le parking chaque fois en cognant très fort la porte. À un moment, un policier est revenu et nous dit : “Vous êtes en judiciaire, vous êtes dans la merde, il y a des gens chez vous qui travaillent pour nous, notre procureur n’a aucune tolérance et vous allez être jugés tout de suite.

Nous sommes restés en silence, conscients sans doute que la police retiendra tout contre nous. Je suis en mesure d’identifier ce policier. Je sais que c’est illégal mais ce processus de “fake news” met en doute dans l’esprit, on se demande “est-ce qu’ils vont suivre la loi”, “ est-ce qu’ils la connaissent même ?”. Parfois, ils étaient plusieurs à passer par le parking. À un moment, j’ai entendu l’un des policiers appeler l’autre Françis”, Le deuxième a répondu : “Ici, c’est René”. Ils se donnent des faux noms pour ne pas qu’on les retrouve, parce qu’ils savent bien que c’est illégal de nous frapper ainsi. Je peux aussi identifier ce policier-là.

Les ambulanciers sont arrivés et ont regardé ce que nous avions. Plusieurs personnes ont indiqué ressentir des malaises, des baisses de tensions etc. (au moins l’une d’entre elles avait le visage complètement en sang). Les ambulances ont pris énormément de temps à passer. La policière qui nous gardait depuis le début a glissé à l’un des ambulanciers : “Je ne suis pas médecin mais comme par hasard, tout le monde a mal quand vous arrivez”.

Par la suite, j’ai appris que non seulement près de LA MOITIÉ des personnes retenues étaient hospitalisées mais en plus, les ambulanciers n’avaient même pas emmené la personne qui était derrière moi alors qu’elle avait la main cassée. Plus tard, l’une des personnes qui étaient devant moi s’est pris une gifle pour avoir contesté une de leurs décisions. Derrière moi, deux personnes sont arrivées dont l’une avait le visage transformé par les bosses. Comme il leur répondait des choses comme “et quoi, vous allez encore me frapper ?” les policiers l’ont frappé une nouvelle fois. Cela s’est encore produit lorsqu’ils l’ont fouillé parce qu’il ne levait pas les bras ou pas assez vite…

La deuxième personne a été amenée, je dirais à peu près au même moment et elle hurlait aussi dès qu’elle se prenait des coups. Là aussi, comme nous lorsque nous nous étions fait arrêter un peu plus tôt, elle se faisait frapper dès qu’elle causait avant qu’il ne se calme (un peu). Lorsque l’une des personnes qui avait le visage en sang est partie (sans doute pour aller vers l’ambulance, la policière a déclaré : “Toi, t’as crié comme une salope tout à l’heure, t’as jeté des pétard sur un enfant, on dit que la police est violente mais j’ai pas vu ça aujourd’hui”. La fille arrêtée a dit : “T’as vu les gifles aussi ?” et elle a répondu : “non”.

Nous avons été finalement relâchés une heure et demie plus tard. J’ai donné ma carte d’identité et mon nom. J’ai trouvé des personnes inconnues à la sortie qui m’ont indiqué que la police avait frappé tout le monde. J’ai vu l’un des policiers tortionnaires (qui demandait qu’on ne l’appelle pas par son nom) et lui ai dit “C’est quoi votre matricule ?”, il m’a répondu “C’est pas de vous que je me suis occupé, je n’ai pas à vous le donner”.

Je pense quand même avoir vu un peu de peur dans ses yeux, je ne me fais pas d’illusions sur le comité P mais j’aimerais déjà leur faire un peu peur (ils ne viennent quand même pas sans matricule pour rien je me dis). Le nombre de plaintes (pourtant déjà conséquent) est diminué par la lassitude de savoir qu’il y a très peu de chances qu’elles aboutissent. N’hésitez pas à me recontacter si vous désirez que quelqu’un témoigne (dans le cas d’une plainte collective par exemple), à voir dans quelles conditions bien sûr.”

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Manif Grève nationale du 14 octobre – Bruxelles
A. : “À ce moment-là j’ai reçu plusieurs coups de matraque par derrière dont un au somment du crâne”

“Lors de la manifestation du 14 octobre contre le gouvernement Arizona, les forces de police ont foncés dans le tas sans distinction.

Moi, ainsi que d’autres manifestants (dont des enfants et des personnes âgées) nous sommes retrouvés acculés contre un muret, lacrymogenés et nassés. À ce moment-là j’ai reçu plusieurs coups de matraque par derrière dont un au somment du crâne.

Alors que nous sommes immobilisés et blessés pour certains, d’autres policiers viennent de l’autre coté nous envoyer du gaz lacrymo dans le visage et les yeux. Un policier continue à frapper de manière répétée un manifestant au sol et sans défense.

Nous sommes au moins 3 personnes à avoir le crâne ouvert et la tête en sang, mais les policiers en face de nous refusent de nous laisser sortir de la nasse pour avoir accès à des soins. D’autres plus haut finissent par accepter.

Je me retrouve seule, perdue et en état de choc sans aucune prise en charge ou accompagnement à un poste de secours. Des manifestants me guident jusqu’aux urgences. Là-bas je me retrouve en compagnie de nombreuses personnes qui comme moi ont été victimes de violences policières.”

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Manif Grève nationale du 14 octobre – Bruxelles
A. : “Je ne peux plus bouger et me fais frapper plusieurs fois sans comprendre, je perd connaissance”

“Avec un groupe de manifestants nous sommes rentrés dans le hall de l’hôtel Hilton dans le but de faire du bruit et prendre de la place la journée du 14 octobre 2025. Lorsque nous entrons, (en chantant et faisant du bruit) je marche un peu, essaye de soulever une table qui est trop lourde alors je la laisse au sol. Plus loin je vois des petites lampes posées sur des tables (tables pour manger), des lampes qui ne sont pas fragiles, que je prends (une dans chaque main) pour les brandir puis tente de les frapper l’une contre l’autre deux fois afin de faire du bruit mais elles n’en font pas (les gestes ne sont pas violents). Je les repose sur ce que je pense être un bar ou une réception (je ne me souviens plus exactement) et après ça je me tiens dans le fond de la pièce, face à l’entrée.

Là, voyant un pot de plantes devant moi je prends une poignée de faux gravas (des petites boules rondes) que j’éparpille sur le sol, elles roulent autour. Avançant encore un peu, je vois une petite bouteille d’huile d’olive sur une des tables pour manger, la prends, enlève le bouchon et la pose à l’horizontale sur le sol afin qu’elle se vide sur le petit tapis en dessous de la table (aucun geste brusque encore). Après ça je pars en continuant à marcher vers l’entrée, mais à ce moment là, des policiers arrivent et gazent très fort l’entrée du lieu, nous enfermant à l’intérieur: les gens courent dans tous les sens et moi je tente d’aller me cacher également dans le couloir (qui se trouvait alors sur ma droite).

En courant pour partir je trébuche sur un présentoir en plastique tombé sur le sol. Au sol, je me rattrape mais je ne peux plus bouger et me fais frapper plusieurs fois sans comprendre, je perd connaissance et lorsque je reprend mes esprits, le son me revient et je sens que je suis blessée à la tête, je me retourne et voit un policier partir en courant. Je me relève et oublie mon sac à l’intérieur, je me faufile par l’entrée qui à ce moment est dégagée. Ayant pu sortir je me fais récupérer par un groupe de manifestants qui m’aident à retrouver des amis à l’extérieur et aller à l’hôpital. Mon sac a été confié à un commissariat de police après cela, mais je ne le savais pas puisque je me faisais recoudre le front à l’hôpital.

Le soir, j’ai retrouvé mon sac (un ami avait été le chercher) avec dedans mes airpods volés et la boîte laissée vide et cassée, mon téléphone volontairement cassé (trois coups visibles sur l’écran), mes lunettes de soleil cassées. Je n’accuse pas la police pour tous les objets cassés dans mon sac je ne fais que citer l’état de mes effets personnels après l’agression.”

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Manif Grève nationale du 14 octobre – Bruxelles
L. : “Je me sens clairement humilié, de par les coups qui m’ont été donné, et de par les accusations à mon encontre que je contredis formellement.”

“J’ai été à la manifestation hier. En premier lieu vers 12:00, nassé par les policiers devant les affaires étrangères, qui réagissaient à l’action du bloc (dont je ne fais pas partie), j’ai bien cru qu’on allait y passer vu comment les civils ont passé à tabac beaucoup d’entre nous, finalement après une fouille de sac et au corps et prise d’ identité ils m’ont laissé repartir dans le sens de la manifestation.

J’ai continué à manifester en groupe jusqu’au parvis de Saint-Gilles. Une autre faction de policiers est arrivée à ce moment-là pour nous disperser. Je me suis retrouvé au carré de Moscou, il y a eu beaucoup d’affrontements entre manifestants et civils très violents. J’étais là en soutien jusqu’à ce que ces derniers se mettent à charger sans sommation.

Un policier armé d’une matraque m’a poursuivi en m’insultant de “Fils de pute”, j’ai couru vers le parvis ou en face de moi d’autres policiers en uniforme m’ont bloqué au bouclier et m’ont propulsé sur une table de terrasse. Là, le civil qui me poursuivait m’a assené un coup de matraque au crâne par derrière en me traitant de fils de pute à nouveau. J’ai été mis au sol et ils ont continué à me frapper au niveau du ventre et des épaules.

J’ai été embarqué dans un combi, colsonné. Je perdais beaucoup de sang. J’étais à deux doigts d’une perte de connaissance dans la camionnette. J’ai été amené a X., les ambulanciers ont constaté la blessure, ont appliqué un bandage et m’ont dit que je devais partir à l’hôpital pour protocole commotion. J’ai été amené menotté au poing à l’hôpital. J’ai 4 agrafes dans le crâne et après scanner, les urgentistes m’ont dit que je pouvais repartir un cellule mais que je devais poursuivre les analyses du médecin plus tard par risque de commotion.

Toujours à l’hôpital ils m’ont fait faire des prises de sang car les policiers étaient en contact avec mon sang. Pendant l’attente, les policiers qui m’accompagnaient aux urgences ont eu un appel disant que je devais être transféré directement au “SER” : services d’enquête et recherche, car deux faits de rébellion ont été retenus contre moi. Je suis sorti des urgences sans certificat médical par rapport à la blessure.

Une fois au SER, vers 22:30 j’ai été auditionné par un officier qui m’a expliqué les faits qui me sont reprochés : “À deux reprises dans la journée, l’individu a frappé par deux fois un officier en fonction avec un grand bâton, au visage et au ventre, l’aurait insulté, le policier l’aurait alors reconnu au carré de Moscou et aurait fait usage de la force”. Ce qui est totalement faux. Je n’ai pas été violent une seule fois avec un officier durant la manifestation. Le SER ma bien accueilli, mais m’a dit que je devais aller en cellule pour la nuit car j’étais mis à disposition en attendant de voir le magistrat le lendemain. À leur grande surprise et à la mienne, c’est le SER qui m’a annoncé que j’étais en situation de privation de liberté. Cela faisait depuis 17:30 que j’avais été arrêté.

J’ai été mis en cellule collective à nouveau a X., où j’ai passé la nuit. Ce matin vers 09:30 j’ai été transféré aux cellules du palais de justice pour comparaître devant le magistrat. J’ai maintenu mes propos disant que je n’ai en aucun cas fait usage de violence et que le PV du policier ne concordait pas avec le mien.

Le magistrat m’a relaxé et m’a annoncé qu’il procéderait à une analyse de caméras de surveillance pour me dire coupable ou non des faits qui me sont reprochés. Incarcération possible s’il constate une violence de ma part durant la manifestation. Je suis sorti des cellules en fin de matinée.

Je me sens clairement humilié, de par les coups qui m’ont été donné, et de par les accusations à mon encontre que je contredis formellement.”

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ANALYSE

Les chiffres ci-dessous seront actualisés régulièrement au fil des nouveaux témoignages que l’on recevra et des réponses obtenues de nos répondant.e.s.

Ces chiffres sont loin de refléter l’entièreté du drame qui s’est déroulé le 14 octobre dernier :

Si vous connaissez des gentes qui ont été battues ou qui en ont vu d’autres se faire battre, demandez-leur de témoigner ici : https://voices.obspol.org/esolu/victim.php

Répression du 14 octobre 2025 : les profils

Profil des victimes des charges policières du 14 octobre, jour de grève nationale
Genre
Femme7
LGBTQ+
Homme12
Tranche d’âge
14-15 ans
16-17 ans
18-30 ans9
31-50 ans9
51-70 ans
70+ ans
Lieu
Rogier
Pacheco / Office des étrangers9
Midi5
Gare centrale / Hilton2
Carré de Moscou / Parvis8
Rue de Rome
Exposition
militant.e associatif.ve2
militant.e politique7
militant.e syndical.e
militant.e religieux.se
aucun engagement particulier10
Presse

Répression du 14 octobre 2025 : les violences physiques

Typologie des violences physiques recensées lors des charges policières du 14 octobre, jour de grève nationale
Arrestation40+
Détention11
Bousculade / projection13
Plaquage ventral mise à plat-ventre / décubitus ventral13
“Pliage” (maintien d’une personne en position assise, la tête appuyée sur les genoux)
Clés aux bras douloureuses4
Coups de pieds, coups de poings, gifles14
Pied/genou sur la nuque, le thorax ou le visage9
Coups à terre ou alors que la victime est maîtrisé.e15
Coups sur les oreilles2
Étranglement5
Doigts retournés
Arrosage3
Morsures de chien3
Tirage par les cheveux2
Serrage douloureux des colsons ou des menottes8
Tirage par les colsons ou des menottes4
Sévices sexuels
“Tamponnage » / “Parechocage“ (percussion par un véhicule de police)1
Usage de gants1
Usage d’arme à feu
Usage de "Bean bags" (un sac de coton contenant de minuscules billes de plomb)
Usage de FlashBall
Usage de grenade assourdissante
Usage de grenade de désencerclement
Usage de grenade lacrymogène6
Usage de LBD40
Usage de matraques21
Usage de spray lacrymogène13
Usage de Taser
Usage de tranquillisants
Expulsion
Disparition
Serrage du visage
Marcher sur les jambes

Répression du 14 octobre 2025 : les violences psychologiques

Typologie des violences psychologiques recensées lors des charges policières du 14 octobre, jour de grève nationale
Accusation de trouble à l'ordre public7
Accusation d’entrave à la circulation
Accusation de rébellion4
Accusation de coups à agent5
Accusation de manque de respect
Accusation de menace à agent
Accusation d'injure à agent
Accusation de manque de respect
Accusation de refus d'obtempérer
Agressivité, manque de respect, insultes17
Intimidation, chantage, menaces14
Contrôle d’identité à titre vexatoire ou d’intimidation1
Intimidation ou arrestation des témoins1
Obstacle à la prise d’images4
Appels à faire cesser les souffrances restés sans effet7
Position inconfortable prolongée6
Non-assistance à personne en danger5
Prise de photos, empreintes, ADN1
Menace avec une arme de poing2
Tir dans le dos2
Charge sans avertissement10
Nassage (enfermement de manifestants dans une souricière)10
Course-poursuite3
Propos sexistes4
Propos homophobes3
Propos racistes2
Intervention dans un lieu privé
Problèmes de santé mentale
Harcèlement1
Fouille6
Perquisition
Violences de la part de collègues policiers
Passivité des collègues policiers10
Défaut ou refus d’identification des policiers9
Refus de prévenir ou de téléphoner2
Refus d’administrer un éthylotest
Refus de serrer la ceinture pendant le transport
Refus d’acter une plainte1
Refus de soins ou de médicaments2
Mensonges, dissimulations, disparition de preuves3
Déshabillage devant témoins de l’autre sexe
Flexions à nu devant témoins1
Insuffisance ou absence de surveillance pendant la détention
Absence de signature du Registre des effets personnels lors de la détention
Privations pendant la détention (eau, nourriture)3
Conditions sanitaires inappropriées pendant la détention (température, hygiène, lumière)3
Confiscation, détérioration, destruction des effets personnels5
Pression pour signer des documents1
Absence de PV11
Complaisance des médecins3

Répression du 14 octobre 2025 2025 : les suites

Les conséquences des violences exercées lors des charges policières du 14 octobre, jour de grève nationale
Incapacité 1-3 jours4
Incapacité 4-7 jours1
Incapacité 8-14 jours2
Incapacité 15-21 jours1
Incapacité > 22 jours2
Plaies à la tête ou au visage14
Plaies aux membres4
Trauma crânien / commotion5
Contusions aux membres4
Contusions au dos
Contusions au torse
Suivi psychologique1

[Source : SudInfo]

[Source : La Libre]

[Source : RTL Info]

[Source : FB]

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