Comme hélas après quasiment chaque manifestation de contestation, que ce soit en faveur de la Palestine, que ce soit pour le climat, que ce soit pour mettre en cause l’Arizona ou encore contre les violences policières et bien sûr récemment pour exprimer les revendications touchant aux jeunes et à l’enseignement, ObsPol reçoit énormément de témoignages de personnes ayant été outrées, exaspérées ou encore affolées de ce qu’elles ont été obligées de subir ou ce qu’elles ont été contraintes de constater de la part des forces de l’ordre « encadrant » les manifestations.
Ainsi les récentes manifestations à Bruxelles ou à Liège ont offert l’opportunité aux forces de l’ordre caparaçonnées dans leurs tenues de combat de laisser libre cours à leurs assauts.
La plupart des commentaires à lire dans la presse ou entendus lors de pseudo débats sont affligeants.
En effet, le rideau occluant offert par les « casseurs », actions dont les origines sont peu analysées, permet de moins, ou pas du tout, mettre en question la « gestion de l’ordre public » telle que pratiquée par les autorités et leurs sbires.
Le déchaînement des hordes policières tapant allègrement sur tout corps, bras, jambes, poitrines, dos et bien sûr crânes permet de fausser l’image générale d’une manifestation qui somme toutes ne sert qu’à tenter de clamer des revendications. Il n’en reste à l’issue, qu’une représentation tronquée des événements se déroulant dans nos rues.
Il y a lieu de ne pas perdre de vue que les mesures et la démesure, les actions et les violations commises par les forces de l’ordre ne peuvent avoir lieu telles qu’elles le sont, qu’avec l’assentiment des dirigeants. Les mesures coercitives à l’encontre des manifestant.es y compris des élèves, des enfants, sur lesquels sont aspergés à bout portant les gaz lacrymogènes, sur lesquels sont utilisés matraques et insultes, ne peuvent avoir lieu que lorsque les ordres « d’en haut » le permettent, voire l’ordonnent.
Lorsque l’on voit une douzaine de policier.ères se ruer vers des manifestant.es jeunes ou moins jeunes, protégé.es de la vue par leurs collègues, et qu’iels frappent au crâne sans retenue cela devrait scandaliser tout le monde. N’oublions jamais qu’on nous dit que la mission des forces de l’ordre n’est pas de taper, blesser, humilier, insulter ou arrêter, mais de protéger de manière proportionnelle les citoyen.es.
On ne peut passer sous silence qu’en France les autorités ont fait état de 1 949 arrestations ou interpellations liées aux manifestations, mais où trouver la « proportionnalité » dans cette réponse de l’État ? L’usage de la force physique à l’encontre des lycéen.nes et étudiant.es a été décuplé. “Trop jeunes pour voter, assez grands pour se faire gazer”, les calicots dénonçant les violences policières étaient presque aussi nombreux que ceux demandant plus de moyens pour l’éducation !
Il est absolument nécessaire ici de rapporter que à Tours, un lycéen de 16 ans a perdu l’usage d’un œil lors d’un blocage et un autre de 14 ans a eu la mâchoire cassée à Saint-Ouen-l’Aumône par un tir de grenade lacrymogène et également qu’un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade à Lens.
Il faut veiller à ce que cela ne détourne l’attention des politiques qui alimentent la colère du public et ne justifie un renforcement des pouvoirs de la police.
La loi interdit de se masquer en rue et on doit être identifiable, qu’en est-il des policiers-policières dont l’identification est quasi impossible en cas de problème ?
Pressenza 21.10.2026
Moustique 07.10.2026

