CONTRE LA RÉPRESSION, le NEST* est la preuve qu’une vraie réponse est possible : l’auto-organisation populaire, la solidarité concrète et l’entraide face à la violence d’État.
lire
sources
lire
Le NEST est un espace d’accueil, de repos et de soin destiné aux victimes de violence répressive, mis en place ces dernières semaines.
Depuis le jeudi 4 juin 2026, face à l’explosion des violences policières observées lors des mobilisations contre les réformes de l’enseignement, un ensemble de militant·e·s, parent·e·s, activistes, professeur·e·s, soignant·e·s et psys ont mis en place le NEST : un espace d’accueil, de repos et de soin destiné aux jeunes victimes de violences répressives ainsi qu’à toute personne ayant besoin d’un lieu de calme lors des mobilisations. Le Nest est la preuve qu’une auto-organisation populaire est possible. Au-delà des appartenances militantes, syndicales ou politiques, des personnes d’horizons différents ont choisi de se rassembler pour répondre ensemble à une urgence commune. Sur le terrain, la solidarité s’est imposée comme une nécessité. Les ressources matérielles sont mises à disposition des manifestant·e·s de manière indépendante, financées directement par les personnes impliquées, et alimentées par des dons au fur et à mesure des journées. Le Nest n’est pas un collectif, mais un dispositif de soin et soutien spontané et ouvert.
En l’espace de quelques mois, la répression des mouvements sociaux en Belgique a pris un tournant toujours plus violent. Face à la violence organisée par l’Etat et à des dérives de plus en plus autoritaires, une réponse collective qui dépasse la réaction et la condamnation de posture est primordiale. C’est dans ce contexte de nécessité et d’urgence que nous avons organisé à plusieurs reprises des lieux permettant d’offrir une aide concrète : premiers soins, soutien psychologique, accompagnement juridique, nourriture, eau, matériel de soin, espace de repos et de convivialité.
Nous refusons les récits qui opposent artificiellement les “casseurs” aux enfants. Tout comme nous rappelons que leurs mobilisations et leurs moyens d’actions sont une réponse légitime à toute la violence institutionnelle, raciste et fasciste à laquelle iels sont confronté·e·s, et qu’il n’est en aucun cas le rôle des adultes mobilisé·e·s d’empêcher leurs moyens d’actions, ou d’y apposer un discours paternaliste. Les enfants ont une voix et des revendications qu’il est indispensable d’écouter. Nous rappelons que manifester est un droit constitutionnel, et qu’il s’applique de la même manière aux adultes qu’aux mineur·e·s, les principales et principaux concerné·e·s par les conséquences du décret programme. La répression touche de manière disproportionnée et illégale les enfants, jeunes, les personnes racisées, les classes populaires, les garçons.
Nous resterons profondément indigné·e·s devant les nombreux exemples d’utilisation disproportionnée et illégale de la force policière : refus d’appeler les parent·e·s lors d’arrestations de mineur·e·s, arrestations abusives, menottages illégaux, y compris en cellule, gaz lacrymogènes à bout portant, nasses d’enfants, insultes racistes et transphobes, violences sexuelles, profilage racial, refus de porter les numéros d’identification, matraquages ultra-violents y compris à la tête, utilisation de plaquages ventraux avec les genoux sur la nuque, qui présentent des risques létaux, parfois jusqu’à trois ou quatre agents sur un enfant à terre, étranglements, violences sur des personnes en béquilles ou visiblement déjà blessées, menaces et intimidations, refus d’accès à l’eau et aux sanitaires, etc. Tout ceci n’est pas nouveau, nous le savons et d’autres que nous le vivent et le documentent depuis bien plus longtemps, d’autres que nous en parlent depuis bien plus longtemps, et ce sont toujours les mêmes qui ne les écoutent pas.
Nous tenons à souligner le courage de ces jeunes qui se soulèvent contre une réforme profondément injuste et dont les corps sont exposés à la répression.
C’est pourquoi nous appelons à soutenir et à pérenniser les initiatives comme le Nest, de manière autonome et indépendante, lors des mobilisations à venir, mais aussi à se rappeler que ce travail n’est pas nouveau, et qu’il se nourrit de nombreuses années de luttes anti-racistes et abolitionnistes, et de nombreux travaux qui nous ont précédés.
“UN GOUVERNEMENT QUI MATRAQUE SES ENFANTS EST UN GOUVERNEMENT QUI DOIT TOMBER.”
sources
- NEST

