Une audience pour trouver une date d'audience (le 6 octobre prochain). À l'extérieur, famille et soutiens sont rassemblé.e.s pour quelques prises de parole et montrer qu'on n'oublie pas, on pardonne pas !
Audiotranscription des prises de parole
Comité Justice pour Sourour
“Bonjour à toustes, je prends la parole ce matin au nom du Comité Justice pour Sourour. Un grand merci d’être là, de prendre part à la lutte contre les violences policières. Par votre présence ce matin, alors que la famille de Sourour Abouda est convoquée pour une énième audience au palais de justice. Oui, on peut dire énième audience, c’est déjà la troisième depuis le début de l’année 2026.
Et malgré cela, aucun procès n’est encore ouvert pour rendre justice à Sourour Abouda. Elle est décédée au contact de la police dans le commissariat dit le RAC à Bruxelles en janvier 2023. Aujourd’hui, nous prenons la parole avec toute la fatigue et l’immense colère partagée avec les proches de Sourour Abouda et tous ceux et celles qui luttent pour que cesse l’impunité des policiers et d’institutions policières.
Toutes les semaines, l’actualité belge crie le racisme, le classisme, l’homophobie, le sexisme, en bref, la violence policière est partout. Que ce soit dans le non-lieu prononcé fin mai pour les deux policiers inculpés dans la mort d’Imad alors qu’ils lui ont tiré une balle dans la tête, une autre dans le cœur. Que ce soit face aux jeunes qui, avec leurs professeurs, se battent pour leurs droits dans la rue et subissent racisme, violence physique et arrestation.
Il y a aussi l’histoire de Ouassim et de Sabrina, ou encore dans le meurtre de Fabienne, 11 ans, survenu il y a tout juste un an. Et encore dans les récits de tous celleux qui subissent le harcèlement et la violence des policiers dans l’espace public, au quotidien, en marge de manifestations politiques. La mort de Sourour Abouda résonne avec toutes ces injustices et nous n’en voulons plus une de plus.
Notre colère est immense. Nous voulons que chaque policier qui a participé directement ou indirectement à ces violences soit tenu responsable de ses actes. Et nous voulons que l’institution policière prenne ses responsabilités dans les violences commises.
Nous croyons fermement que la lutte collective contre l’impunité policière peut renverser l’ordre. Et il faut se le redire, chaque rassemblement fait bouger la manière dont sont traitées les affaires de violences policières. Dans le cas de Sourour Abouda, le procureur du roi a établi récemment un réquisitoire qui demande le renvoi devant le tribunal non seulement de la zone police Bruxelles-Capitale-Ixelles, ce qui est une première en Belgique, mais aussi de huit policiers individuels. Les deux qui ont embarqué Sourour et les six en charge de la surveillance la nuit de sa mort. Cela signifie que le procureur du roi considère que les éléments de l’enquête sont suffisamment importants pour que chacun de ces huit policiers et l’institution policière ait à répondre de leur acte dans la mort de Sourour Abouda. Alors maintenant, nous réclamons que le procès s’ouvre et que la justice soit faite.
Encore une fois, on ne cessera pas de le dire, c’est grâce au soutien, à l’entraide, à la mobilisation militante et citoyenne que les familles sont moins seules dans la lutte. C’est essentiel qu’on soit là, comme ce matin, pour entourer et soutenir la famille de Sourour Abouda à chacune de ces épreuves traumatisantes qui mêlent le deuil d’un être cher et la recherche d’une justice. Votre présence donne une force immense et de l’espoir.
On se sait plein à savoir être concerné.e par cette injustice, pas isolé.e, et c’est un socle essentiel à la lutte. Alors merci encore une fois d’être là avec nous. Ni oubli, ni pardon.
Justice pour Sourour, justice pour Imad, justice pour Fabian, justice pour Ouassim, justice pour Sabrina, justice pour toustes ! On ne pardonne pas, on n’oublie pas”!
Selma Benkhelifa, conseil de la famille
“Alors, aujourd’hui c’était une date relais, pour nous donner une prochaine date relais. C’est sérieux. Comme on vous l’a dit, c’est déjà la troisième fois qu’on vient cette année,j’ai même plus compté le nombre de fois où on est déjà venu.e.s.
Alors, cette fois-ci, c’était pour être sûr que tous les policiers individuels qui étaient concernés par le dossier, aient aussi un avocat et une défense. Ils nous ont donné une prochaine date relais, le 6 octobre, pour que toutes les parties puissent déposer des conclusions. Et à la date relais du 6 octobre, ils nous donneront la date où on pourra plaider le dossier.
Donc le 6 octobre, c’est pas la date où on va plaider, c’est la date relais. On pourra plaider le dossier, pour savoir si, et seulement si, le dossier mérite un procès. Parce qu’à cette date de plaidoirie, il sera décidé s’il y a un non-lieu, c’est-à-dire il n’y a pas lieu à un procès, ou s’il faut renvoyer la zone de police et des policiers individuels devant un tribunal.
Alors, on rappelle que Sourour est décédée au RAC, et qu‘en l’espace de deux ans, c’est la troisième personne décédée au RAC. Avant elle, il y a eu Mohamed Amine Berkane, et Ilyes Abedou, qui comme ils n’ont pas de papier, tout le monde s’en fout. Pour eux qui sont morts avant Sourour, il n’y a aussi toujours pas de procès.
Et il n’y en aura vraisemblablement pas si on ne se mobilise pas. La question est, en fait c’est assez dingue de penser qu’on se pose la question de savoir s’il faut un procès alors que trois personnes sont mortes dans un commissariat de police en l’espace de deux ans. On veut savoir ce qu’il se passe dans ce commissariat de police, au niveau de la justice, mais aussi au niveau politique.
Parce qu’il y a eu des demandes, qu’il y ait un audit de ce commissariat, un audit de la zone de Bruxelles 1000, la zone de M. Close, qui est prévu pour devenir le chef de la zone générale de tout Bruxelles, alors qu’il est pour commencer une zone qui dysfonctionne complètement, et que cet audit a été refusé. Alors je suis désolée, mais quand on refuse un audit, c’est qu’on a quelque chose à cacher. Quand des personnes se plaignent de violences policières systématiques, quand des personnes se plaignent d’avoir été abandonnées dans une cellule, d’avoir appelé des dizaines de fois (parce que ces cellules sont munies de sonnettes pour pouvoir appeler à l’aide) que des personnes ont appelé des dizaines de fois à l’aide et que personne n’est venu, t que trois personnes sont décédées alors qu’elles demandaient de l’aide, sans en avoir reçu, et bien à tout le moins il faut un audit, à tout le moins il faut un procès.
Merci d’être là et d’être toujours là. Le combat continue. Merci.“
Une orateurice anonyme
“Vous sauvez des personnes racisées, vous sauvez des personnes sans papiers, merci à vous pour ce combat. Moi je voulais juste dire que c’est important qu’on rappelle à nos copaines qui sont pas là aujourd’hui, qu’on a besoin d’elleux, qu’il faut qu’on soit beaucoup pour montrer qu’on n’oublie pas et qu’on pardonne pas, pour pas laisser les familles toutes seules. C’est important qu’on se mobilise, qu’on se lève le matin, qu’on lutte tout le temps, qu’on filme la police lorsqu’elle est violente, qu’on intervienne, qu’on protège nos copaines qui sont privées de papiers avec la nouvelle police Frontex.
C’est important qu’on prévienne ce qui est en train de se passer partout, à Matongué, à Clémenceau. C’est important qu’on agisse maintenant et toujours, en fait tous les jours. Il n’y a pas de vacances pour les familles victimes de violences policières alors il n’y en aura pas non plus pour nous.
Du coup, à moins que quelqu’un ait envie de dire quelque chose, le micro est ouvert pour prendre la parole, ça sera sûrement le moment de fin de ce rassemblement. Encore une fois, venez au prochain, même si ce ne sont que des prochains, de prochains, de prochains. Plus on va être là, plus ça va être emmerdant pour eux et plus ça va être important pour nous.
C’est que le début de la lutte, même si c’est déjà super long, et c’est important qu’on soit là encore une fois. Justice pour Sourour ! Justice pour Sourour !
On a juste quelques dates à vous communiquer de prochains rassemblements, où on vous invite tous et toutes à venir et à inviter tout le monde autour de vous.
- Le premier, c’est ce samedi, le 27, pour honorer la mémoire de Fabian et se réunir pour autre chose que des audiences (2:18) et essayer de faire des activités avec les familles, les enfants et mettre un peu de joie dans la lutte aussi. C’est à partir de 14:00 au Parc Elisabeth, avec le Comité Justice pour Fabian.
- Le 26 août à midi pour la prochaine audience à Nivelles dans l’affaire du meurtre de Sabrina et Ouassim.
- Et évidemment, on vous demande à tous et toutes qui étaient là aujourd’hui, mais aussi à tous vos potes, de venir ici le 6 octobre, parce que c’est le prochain rassemblement ici, devant le Palais de Justice.
Merci beaucoup d’être venu.e.s, et merci à toustes celleux qui ont participé aux banderoles, qui sont magnifiques !“
- ObsPol








































